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Les forces israélienne du massacre (Haaretz)

par Gideon Levy 2 Avril 2018, 06:57 Grande marche Gaza Massacre Armée israélienne Palestiniens Israël Colonialisme Apartheid Racisme Articles de Sam La Touch

Les forces israélienne du massacre
Article originel : The Israel Massacre Forces
Par Gideon Levy
Haaretz

 

Traduction SLT

Les forces israélienne du massacre (Haaretz)

La fusillade à la frontière de Gaza montre une fois de plus qu'en Israël le meurtre de Palestiniens est plus facilement accepté que celui de moustiques.

Le compteur de la mort s'est emballé sauvagement. Une mort toutes les 30 minutes. Encore et encore. Un de plus. Israël était occupé à préparer la nuit du Seder. Les chaînes de télévision ont continué à diffuser leurs sornettes.

S'il y avait un problème, c'était parce que les soldats ne pouvaient pas célébrer le Seder. À la tombée de la nuit, il y avait au moins 15 morts, tous sous des tirs à balles réelles, avec plus de 750 blessés. Des chars et des tireurs d'élite contre des civils non armés. Ça s'appelle un massacre. Il n'y a pas d'autre mot pour ça.

Le porte-parole de l'armée a apporté une note comique, lorsqu'il a annoncé dans la soirée : "Une attaque par balles a été déjouée. Deux terroristes se sont approchés de la clôture et ont tiré sur nos soldats." Cela est arrivé après la 12e victime palestinienne et on ne sait combien de blessés.

Les tireurs d'élite ont tiré sur des centaines de civils, mais deux Palestiniens qui ont osé riposter contre les soldats qui les massacrent ont été considérés comme des "terroristes", leurs actions qualifiées d'"attaques terroristes" et leur condamnation fut la mort. Le manque de conscience n'a jamais atteint de telles profondeurs au sein des forces de défense israéliennes.

Comme d'habitude, les médias ont apporté leur soutien épouvantable. Après 15 morts, Or Heller sur Channel 10 News a déclaré que l'incident le plus grave de la journée avait été le tir des deux Palestiniens. Dan Margalit a "salué" l'armée.

Israël a subi un nouveau lavage de cerveau et s'est assis à un repas festif dans un esprit d'autosatisfaction. Et puis les gens récitaient "Répands ta colère sur les nations qui ne te connaissent pas", impressionnés par la propagation de la peste et s'enthousiasmant pour le massacre des bébés (le meurtre des premiers nés égyptiens, la 10e peste).

Le vendredi saint chrétien et la nuit du seder juif sont devenus un jour de sang pour les Palestiniens de Gaza. On ne peut même pas parler de crime de guerre parce qu'il n'y avait pas de guerre là-bas.

Le test par lequel les FDI et l'indifférence pathologique de l'opinion publique devraient être évalués est le suivant : que se passerait-il si les manifestants juifs israéliens, ultra-orthodoxes ou autres, menaçaient d'envahir la Knesset ? Des tirs de chars ou de tireurs d'élite aussi fous seraient-ils compris par le public ? L'assassinat de 15 manifestants juifs serait-il passer sous silence ? Et si plusieurs dizaines de Palestiniens parvenaient à entrer en Israël, cela justifierait-il un massacre ?

L'assassinat de Palestiniens est accepté en Israël plus facilement que celui de moustiques. Il n'y a rien de moins cher en Israël que le sang palestinien. S'il y avait cent ou même mille morts, Israël "saluerait" encore les FDI. Voici l'armée dont le commandant, le bon et modéré Gadi Eisenkot, est reçu avec fierté par les Israéliens. Bien sûr, dans les interviews avec les médias du temps des Fêtes, personne ne lui a posé de questions sur le massacre prévu et personne ne lui posera la question maintenant non plus.

Mais une armée qui s'enorgueillit d'avoir tiré sur un agriculteur sur sa terre, en montrant la vidéo sur son site Web afin d'intimider les Gazaouis ; une armée qui dresse des chars d'assaut contre des civils et se vante d'une centaine de tireurs d'élite qui attendent les manifestants est une armée qui a perdu toute retenue. Comme s'il n'y avait pas d'autres mesures. Comme si les FDI avaient l'autorité ou le droit d'empêcher les manifestations à Gaza, menaçant les chauffeurs de bus de ne pas transporter les manifestants sur un territoire où l'occupation a pris fin depuis longtemps, comme tout le monde le sait.

Des jeunes hommes désespérés se faufilent depuis Gaza, armés d'armes ridicules, marchant sur des dizaines de kilomètres sans blesser personne, n'attendant que d'être pris pour échapper à la pauvreté de Gaza dans une prison israélienne. Cela ne touche la conscience de personne non plus. L'essentiel est que les FDI présentent fièrement leurs prises. Le président palestinien Mahmous Abbas est responsable de la situation à Gaza. Et le Hamas, bien sûr. Et l'Egypte. Et le monde arabe et le monde entier. Mais pas Israël. Il a quitté Gaza et les soldats israéliens ne commettent jamais de massacres.

Les noms ont été publiés dans la soirée. Un homme se levait de ses prières, un autre a été abattu alors qu'il s'enfuyait. Les noms ne toucheront personne. Mohammed al-Najar, Omar Abu Samur, Ahmed Odeh, Sari Odeh, Bader al-Sabag. Cet espace est trop petit, à notre grande horreur, pour énumérer tous leurs noms.

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