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Le Qatar veut faire la paix avec la Syrie ; mais pas le "chef de guerre" Hollande (RIA)

par RIA Novosti 22 Octobre 2013, 19:51 Qatar Syrie

Le Qatar veut faire la paix avec la Syrie ; mais pas le "chef de guerre" Hollande (RIA)

Le Qatar veut faire la paix avec la Syrie


RIA NOVOSTI

Doha propose à Damas de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays. Le régime d'Assad ne s'empresse pas de répondre : depuis le début du conflit le Qatar verse d'immenses sommes d'argent aux forces d'opposition en Syrie. L'émir al-Thani, à l’inverse, y aurait un grand intérêt, écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La proposition de paix du Qatar a été annoncée par la chaîne libanaise Al Mayadeen. L'information a été confirmée par une source au Moyen-Orient, selon laquelle la lettre de Doha avait été envoyée à Damas via Beyrouth. Des contacts auraient eu lieu à ce sujet samedi durant l'échange de pèlerins libanais - capturés par des rebelles syriens en début d'année dernière - contre deux pilotes turcs capturés par les Libanais quelques semaines plus tôt. Hormis la Turquie et le Liban, le Qatar a également participé aux négociations en tant qu'acteur ayant une influence directe sur les rebelles syriens. Les autorités de Damas ont donc reçu une lettre avec les otages.

C’est une surprise. Premièrement parce que le Qatar a apporté avec l’Arabie saoudite la plus grande contribution à l'escalade de la violence en Syrie. Deuxièmement, parce que depuis deux ans le Qatar fait preuve d'une rare intransigeance sur sa stratégie et sa tactique à l'égard de la Syrie.

Le Qatar est connu comme étant le sponsor le plus actif des rebelles. Contrairement à Riyad, qui soutient Al-Qaïda, Doha finance aussi bien l'Armée syrienne libre – la branche armée de l'opposition syrienne - que les terroristes d'Al-Qaïda et des groupes de rebelles que personne ne contrôle.

Cette escalade de violence est soutenue médiatiquement par la chaîne qatarie Al Jazeera et la chaîne saoudienne Al Arabiya.

Cet été l'activité du Qatar sur les différents fronts syriens avait cessé de satisfaire les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, après les échecs essuyés par les forces rebelles face à l'armée d'Assad et l'élection de l'islamiste Ghassan Hitto à la tête de la Coalition nationale syrienne, appréciée ni par l'Occident ni par la dynastie saoudienne à cause de sa proximité avec les Frères musulmans.

De plus, l'émir du Qatar Hamad Khalifa al-Thani a prôné obstinément et publiquement la solution militaire en Syrie sans tenir compte du point de vue de ses alliés. C’est pour ça que les USA ont finalement soutenu le fait que Riyad prenne la tête des rebelles.

Une série de négociations à huis clos s'est finalement soldée par la démission de l'émir qatari et la passation du pouvoir à son fils : depuis le 25 juin 2013 le pays est dirigé par Tamim ben Hamad al-Thani. Riyad espérait que le jeune émir serait plus conciliant - en vain. Même si Doha semble s'être légèrement calmé dans sa rhétorique belliqueuse et que l'émir a décidé de ne pas être le plus intransigeant envers Assad, notamment en public. En coulisses le soutien aux divers camps de rebelles s'est maintenu.

Pour l'instant il n'existe aucune explication rationnelle et claire à cette nouvelle initiative du Qatar. Il se pourrait qu'après avoir examiné la situation sur le champ de bataille syrien l’émir ait décidé de renoncer à la confrontation pour des tentatives de réconciliation. En effet, il devient indécent de soutenir publiquement les organisations terroristes qui combattent Assad d'un côté et l'Armée syrienne libre d'opposition de l'autre. Il était donc logique de profiter de l'échange d'otages, où le Qatar a été médiateur, pour commencer à redorer son image.

Selon les experts, la dynastie dirigeante au Qatar construit sa politique étrangère en pensant uniquement aux profits que pourrait en retirer son commerce d'hydrocarbures. En voyant la fin proche du conflit et l'impossibilité de renverser Assad, al-Thani ne voudrait probablement pas perdre la Syrie comme pays de transit. Mais il se pourrait également que l'initiative actuelle de Doha ne soit qu'une ruse. Dans ce cas, il est impossible pour l'instant de deviner le but de la manœuvre.

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