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Rififi à Conakry : Beny Steinmetz, Mahmoud Thiam et le capitaine Dadis Camara (JAI)

par François Soudan 18 Octobre 2013, 08:16 Guinée Alpha Condé Benny Steinmetz

Rififi à Conakry : Beny Steinmetz, Mahmoud Thiam et le capitaine Dadis Camara (JAI)

Rien ne va plus entre le président guinéen Alpha Condé et le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz, accusé d'avoir acquis frauduleusement des permis miniers au mont Simandou. Dans l'histoire de ce conflit aux allures de roman policier, la fin de l'année 2008 est décisive, car elle sonne l'arrivée au pouvoir d'un certain Dadis Camara.

Mamadie Touré avait tout prévu. À peine son époux a-t-il rendu l’âme qu’elle quitte Conakry. Destination : Jacksonville, en Floride, où elle fait l’acquisition d’une coquette villa et de trois autres propriétés plus modestes. Surtout, elle se dit que BSGR lui doit encore de l’argent, et elle a emporté avec elle des documents qui, selon elle, le prouvent.

À Conakry, les collaborateurs de Steinmetz l’ont déjà oubliée. Ils ont d’autres chats à fouetter : le capitaine Dadis Camara, qui vient de s’emparer du pouvoir, parle de faire rendre gorge aux opérateurs miniers qui ont, dit-il, "pillé la Guinée". Or BSGR n’a pas eu le temps de faire reconnaître définitivement ses droits sur les gisements de fer. Il y a donc urgence à dénicher un partenaire qui aura l’oreille du fantasque capitaine. Beny et ses hommes ne vont pas tarder à trouver le successeur de Mamadie. En mieux.

Mahmoud Thiam, qui va devenir l’homme de Beny Steinmetz à Conakry jusqu’à la fin de 2010, est un cadre brillant de la diaspora guinéenne. Fils d’un banquier assassiné sous la dictature de Sékou Touré, ce quadragénaire a fait ses études à l’université Cornell, aux États-Unis, avant d’entrer chez Merrill Lynch, puis chez UBS. Citoyen américain, il regagne le pays de son enfance début 2009 et est aussitôt nommé au poste de ministre des Mines et de la Géologie. Une aubaine pour BSGR, dont Thiam défend aussitôt avec fougue les intérêts : c’est lui qui, en décembre 2009, permet l’octroi définitif de la convention de base sur Zogota au groupe Steinmetz, lui aussi qui avalisera quatre mois plus tard l’accord de coentreprise entre BSGR et les brésiliens de Vale – en d’autres termes, la revente des blocs 1 et 2 de Simandou pour quinze fois leur prix d’achat...

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Les protagonistes du conflits. Cliquez pour agrandir l'image. © Jeune Afrique

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