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Un rapport du FMI relève un renforcement des tendances à la récession dans l'économie mondiale (WSWS)

par Nick Beams 15 Octobre 2013, 08:36 Crise économique FMI

Un rapport du FMI relève un renforcement des tendances à la récession dans l'économie mondiale par Nick Beams

Cinq ans après le déclenchement de la crise financière mondiale de septembre 2008, le dernier rapport sur les Perspectives de l'économie mondiale (PEM) du Fonds monétaire international montre clairement que la perspective d'un retour à la croissance économique d'avant la crise est plus éloignée que jamais.

Ce rapport a été préparé pour la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale qui aura lieu ce week-end. Le risque d'un défaut de paiement américain sera probablement au cœur des discussions, ainsi que des mises en garde sur le risque qu'un tel événement pourrait déclencher une crise financière mondiale encore plus profonde que celle qui a suivi la faillite de Lehman Brothers, plongeant l'économie américaine et mondiale dans la récession.

Même si le défaut de paiement est évité, le rapport du FMI montre que l'économie mondiale continue à de désagréger. Il prévient que la croissance mondiale est faible, que les risques sont toujours présents, que les marchés émergents sont confrontés à des risques financiers en cas d'augmentation des taux d'intérêts américains, et que l'économie mondiale dans son ensemble pourrait se retrouver sur ce qu'il qualifie par euphémisme de « trajectoire de croissance languissante à moyen terme. »

En effet, le fait que ce rapport affirme que « l'impulsion donnée à la croissance mondiale devrait provenir principalement des États-Unis, » témoigne de l'état de l'économie mondiale. La croissance aux États-Unis ne devrait être que de 1,9 pour cent en 2013, une baisse de 0,2 pour cent comparé aux estimations précédentes du FMI, puis elle devrait monter à 2,7 pour cent en 2014. C'est inférieur aux 3 pour cent généralement considérés comme nécessaires pour empêcher le chômage d'augmenter.

La caractéristique la plus significative de l'analyse du FMI est le ralentissement marqué des prédictions de croissance pour les marchés dits émergents, qui ont représenté à eux seuls les trois quarts de la croissance totale de l'économie mondiale au cours des cinq dernières années.

Ceci avait débouché sur des affirmations selon lesquelles ces régions seraient capables de fournir une nouvelle base de soutien à l'économie mondiale. Ce rapport met ce genre d'affirmations définitivement au rebut. Le FMI a prévu que la croissance dans les marchés émergents et les économies en développement serait de 4,5 pour cent cette année et de 5,1 en 2014, soit une révision à la baisse de 0,5 et 0,4 pour cent respectivement, par rapport aux prévisions faites il y a tout juste trois mois.

Un rapport publié le mois dernier par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) mentionne les facteurs sous-jacents qui sont à l'œuvre sur le long terme. Les économies émergentes ont été dépendantes de l'expansion des exportations pour alimenter leur croissance. Mais d'après ce rapport de la CNUCED, le commerce international n'a toujours pas retrouvé les taux de croissance atteints avant 2008 et la croissance va probablement être très faible pour les années à venir.

Il prévient que la croissance rapide des exportations avant la crise « reposait sur une évolution non durable de la demande mondiale et des modes de financement, » et qu'il y a maintenant une « réorientation structurelle de l’économie mondiale, » qui invalide les options choisies par le passé.

La nature de cette réorientation structurelle est indiquée par les tendances à long terme du commerce mondial. Durant toute la période d'après-guerre, la croissance du commerce mondial était près du double de celle du PIB mondial. Depuis 2008, cependant, le commerce mondial s'est développé à un taux un peu plus bas que le PIB, indiquant les difficultés auxquelles sont confrontées les tentatives des économies émergentes de se développer par les exportations.

Ces tendances sont soulignées dans les prévisions de croissance du FMI. La croissance des économies avancées devrait être de seulement 1,2 pour cent cette année et de 2 pour cent en 2014. La zone euro devrait croître de seulement 1 pour cent en 2014, après s'être contractée de 0,4 pour cent cette année.

Le FMI a prévu que la croissance mondiale serait de 2,9 pour cent en 2013, son plus bas niveau depuis 4 ans.

C'est dû en grande partie à la baisse de 3 points de pourcentage du taux de croissance des marchés émergents et des économies en développement par rapport à 2010, la Chine, l'Inde et le Brésil représentant près des deux tiers du déclin. Ces économies devraient d'après les prédictions être de 8 à 14 pour cent plus basses en 2016 que ce à quoi l'on s'attendait il y a encore deux ans.

Si l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, déclare qu'il y a des « raisons d'être optimiste », le fait que le FMI a, à nouveau, révisé à la baisse ses prévisions mondiales, dans la continuité de sa pratique des dernières années, met en évidence l'approfondissement des tendances à la récession dans l'économie mondiale.

Comme l'admet le rapport du FMI, « la croissance mondiale reste faible, » un « scénario de dégradation plausible » pourrait comporter les événements suivants : des investissements toujours faibles en Europe ; un déclin supplémentaire de la croissance dans les marchés émergents et en Chine ; l'échec des politiques monétaires du gouvernement Abe à fournir un avantage à long terme à l'économie chinoise ; et un durcissement des conditions financières aux États-Unis si le conseil d'administration de la Fed décide de réduire ses achats d'actifs.

Les conséquences possibles d'une décision de la Fed américaine de « réduire » ses achats d'obligations du trésor étaient le sujet d'un article du FMI publié lundi. Sous le programme d'« assouplissement quantitatif, » les spéculateurs financiers ont utilisé des fonds obtenus à bas prix aux États-Unis pour investir sur les marchés émergents, afin de se garantir un rendement plus élevé qu'aux États-Unis. Mais la « réduction » va faire monter les taux d'intérêt aux États-Unis et pourrait entraîner une fuite de ces capitaux. « Une réévaluation du risque pourrait induire une ruée des investisseurs qui détiennent des positions spéculatives, en particulier si celles-ci ont un fort taux de levier utilisant des financements à court terme, » prévient cet article.

En retour, cela pourrait entraîner un reflux important de capitaux et une crise financière qui se propagerait rapidement dans tous les pays.

Le rapport PEM mentionne des « chaînes de réactions négatives », en particulier dans les économies qui dépendaient fortement des financements extérieurs pour alimenter leur croissance par le crédit. Suite aux déclarations du président de la Fed Ben Bernanke en mai et juin selon lesquelles la banque centrale réfléchissait à cette réduction, l'Indonésie a subi une augmentation de 4,3 points de ses taux d'intérêt, la Turquie de 2,2 et le Brésil de 1,2. Des statistiques de ce genre soulignent le fait qu'au lieu de fournir une base pour la stabilité de l'économie mondiale, l'essentiel de la croissance des marchés émergents a fortement détendu des flux instables d'argent provenant des marchés financiers mondiaux.

Ce rapport démontre le fait que les élites dirigeantes et leurs équipes d'experts financiers, de banquiers centraux ainsi que leur myriade de conseillers économiques n'ont aucune solution économique à proposer à l'effondrement continuel du système capitaliste de profit.

Ils n'ont qu'un seul programme, appliqué avec de plus en plus de brutalité dans le monde entier : un assaut toujours plus important contre les emplois et les conditions de vie – bref, une contre-révolution sociale.

La classe ouvrière internationale doit réagir avec sa propre stratégie – la lutte pour le socialisme international, à commencer par l'expropriation des banques et des grandes entreprises afin de commencer la reconstruction de l'économie mondiale pour répondre aux besoins humains.

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