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Allemagne : nouvelles preuves incriminant la police dans la mort d'un réfugié africain

par Sam La Touch 20 Novembre 2013, 23:40 Allemagne Homicide Oury Jalloh Articles de Sam La Touch

Allemagne : nouvelles preuves incriminant la police dans la mort d'un réfugié africain
Du nouveau dans l'affaire Oury Jalloh

DW


Les résultats de l'expertise indépendante sont tombés dans l'affaire de ce jeune, d'origine sierra-léonaise, mort en 2005, dans une cellule d'un poste de police en Allemagne. La thèse officielle est infirmée.

Le procès Oury Jalloh pourrait connaitre un nouveau rebondissement

C'est une vidéo comportant des images choc que l'initiative en mémoire d'Oury Jalloh a présentée ce mardi à Berlin. On y voit un corps calciné, la cheville droite attachée au matelas. Des images tirées de l'enquête mais aussi d'une reconstitution des faits financée par des dons recueillis par l'association.

L'initiative entend ainsi réfuter les jugements rendus en 2007 et en 2008 à Dessau, puis lors d'un second procès à Magdebourg. Tous affirment qu'Oury Jalloh a mis lui-même le feu à la cellule. Komi Edzro, membre de l'initiative : « Le procès de Dessau, le procès de Magdebourg, ça n'a rien amené. C'est les gens qui se connaissent très bien qui parlent entre eux. Il s'agit de la police et l'Etat ! »

L'Initiative en mémoire d'Oury Jalloh a donc demandé à l'expert Maksim Smirnou de procéder à une reconstitution des faits en Irlande. Komi Edzro : « Nous avons passé la commande d'un matelas depuis l'Allemagne et il a fait le boulot. Il a essayé de faire beaucoup de choses. Quelquefois sans le liquide inflammable et avec. »

Et le résultat montre que l'incendie a été déclenché avec un produit inflammable, de l'essence dont on a recouvert le corps d'Oury Jalloh. Un élément qui vient s'ajouter à toutes les contradictions relevées précédemment et qu'énumère Nadine Saeed de l'Initiative :

« Oury Jalloh n'avait pas de noradrénaline dans le sang, une hormone déclenchée par le stress, ce qui implique qu'il était inconscient au moment où le feu a été allumé. Les résultats d'une deuxième autopsie demandée par notre initiative, rélèvent une fracture de l'os nasal. Quant au briquet qui a soi disant été retrouvé sous le corps d'Oury Jalloh, l'autopsie a montré qu'il n'y avait sur cet objet aucune trace de son ADN, ni des restes du matelas ou de ses vêtements. »

Forte de toutes ces nouvelles preuves, l'Initiative en mémoire d'Oury Jalloh a porté plainte auprès du procureur de la République à Karlsruhe contre des policiers inconnus pour homicide volontaire ou meurtre.

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Allemagne : nouvelles preuves incriminant la police dans la mort de réfugiés africains
Par Martin Kreickenbaum
20 Novembre 2013


Neuf ans après la mort d'Oury Jalloh, un nouveau rapport publié par un expert en incendie a réfuté les allégations de la police allemande et des autorités judiciaires selon lesquels le demandeur d' asile africain se serait lui-même accidentellement brûlé à mort.
Maksim Smirnou, un enquêteur irlandais, écrit dans son rapport final que l'incendie du poste de police de Dessau ne pouvait avoir été causé que par l'utilisation de matériau inflammable et non par une vaste manipulation avec un matelas ignifuge. Le rapport conclut que Oury Jalloh a du être assassiné.

Malgré deux audiences sur la mort d'Oury Jalloh, un citoyen de la Sierra Leone, aucune clarification du cours réel des événements n'a été donnée jusqu'à présent. Dans la première affaire, les policiers accusés d'homicide involontaire ont été acquittés. En appel, l'unité de police du chef Andreas S. a été condamné à une amende de € 10 800, car il a ignoré l'alarme incendie pendant plusieurs minutes et a fermé un interphone, qui relayait clairement le bruit de crépitement du feu .

Les agents du poste de police, n'ont pas réussi à se rappeler quoi que ce soit concernant cette affaire judiciaire, et ont préétabli et fait des déclarations pratiquement identiques. En ce qui concerne le ministère public et les juges ils n'ont pas jugé nécessaire de pénétrer ce mur de silence et ont délibérémment joué avec la ruse, en adhérant seulement à l'hypothèse selon laquelle Oury Jalloh aurait lui-même mis le feu. Les questions concernant la disparition de preuves, et concernant le travail d'enquête de mauvaise qualité ainsi que sur les déclarations contradictoires des témoins ont été systématiquement et délibérément rejetées. Le soupçon selon lequel les policiers eux-mêmes auraient pu avoir été responsable de la mort du demandeur d'asile n'a jamais été examiné...

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Traduction SLT

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