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En Israël, l’Italie se prépare à la guerre aérienne (Il Manifesto)

par Manlio Dinucci 8 Novembre 2013, 09:06 Italie Israël OTAN Guerre

En Israël, l’Italie se prépare à la guerre aérienne (Il Manifesto)

En Israël, l’Italie se prépare à la guerre aérienne

par Manlio Dinucci (Il Manifesto) traduit par Marie-AngePatrizio


Israël ne fait pas partie de l’Alliance atlantique qui développe un partenarait pour la paix avec presque tous les Etats arabes. Cependant, les membres de l’Otan organisent des manoeuvres conjointes avec l’Etat hébreu pour expérimenter leur inter-opérabilité. De facto, la colonie juive de Palestine bénéficie donc du soutien de l’Alliance mais pas de sa garantie d’intervention en vertu de l’article 5 du Traité. C’est à vrai dire sans importance, puisque les Etats-Unis sont en mesure d’imposer une mobilisation générale.

Les chasseurs-bombardiers italiens Tornado, Eurofighter 2000, F-16 Falcon et autres, qui en 2011 bombardèrent la Libye en participant à 1 182 missions dans l’opération OTAN Unified protector (Protecteur unifié), sont de nouveau prêts au décollage. Pas pour une nouvelle guerre en Libye, désormais désintégrée et dans le chaos (même le terminal du gazoduc pour l’Italie est sous attaque), mais pour préparer d’autres guerres. Ils participeront en novembre à la plus grande manœuvre de guerre aérienne jamais faite en Israël.

La manœuvre, dénommée Blue Flag (Drapeau bleu) sur le modèle de celle de la U.S. Air Force, se déroulera dans deux semaines dans le désert du Néguev. Peu nombreuses et sélectionnées les forces aériennes invitées : celles des États-Unis, de l’Italie et de la Grèce [1]. Dans l’ensemble, participeront à Blue Flag plus de 100 avions et 1 000 militaires. Ce sera une manœuvre à feu, avec emploi de bombes et missiles à guidage de précision. Le scénario simulera une attaque en profondeur dans un territoire ennemi doté de fortes défenses aériennes (comme par exemple l’Iran) : après les avoir neutralisées, les chasseurs-bombardiers frapperont les objectifs terrestres représentés par des cibles disséminées dans le désert. Dans les duels aériens, l’aviation ennemie sera personnifiée par l’ Aggressor squadron des forces aériennes israéliennes, dont les pilotes sont entraînés à simuler diverses tactiques de combat, « en particulier celles des forces aériennes arabes ».

Israël attribue une grande importance à Blue Flag. Les forces aériennes israéliennes, a déclaré le général Amikam Norkin, sont en train d’expérimenter de nouvelles procédures « pour abréger la durée des guerres futures » en potentialisant sa propre capacité destructive : cela permettra d’ « accroître de dix fois le nombre d’objectifs qui sont individualisés et détruits ». C’est maintenant le moment d’expérimenter cette capacité dans un exercice conjoint avec des forces aériennes avancées, comme celles étasuniennes et italiennes. Pour preuve des capacités atteintes, le général Norkin a souligné, dans une entrevue à Defense News (21 octobre), que pendant les 8 jours de l’opération Pilier de défense effectuée à Gaza en novembre 2012, l’aviation israélienne a attaqué 1 500 objectifs, le double de ceux attaqués pendant les 34 jours de la guerre au Liban en 2006. Les pilotes italiens aussi pourront donc apprendre beaucoup en participant à la manœuvre de guerre aérienne en Israël.

La Blue Flag sert en même temps à intégrer les forces aériennes israéliennes dans celles de l’Otan. Jusqu’à présent elles avaient effectué des manœuvres conjointes seulement avec les pays individuels de l’Alliance, comme celle de Decimomannu avec l’aéronautique italienne. De sorte qu’Israël, même s’il n’est pas officiellement membre de l’Otan, se trouve opérationnellement faire partie de sa stratégie et de ses opérations militaires. Ceci entre dans le « Programme de coopération individuelle » avec Israël, ratifié par l’Otan le 2 décembre 2008, environ trois semaines avant l’opération israélienne « Plomb durci » contre Gaza. Il comprend une vaste gamme de secteurs dans lesquels « Otan et Israël coopèrent pleinement » : échange d’informations entre les services de renseignement ; connexion d’Israël au système électronique de l’Otan ; coopération dans le secteur des armements ; augmentation des manœuvres militaires conjointes ; élargissement de la coopération contre la prolifération nucléaire (en ignorant qu’Israël, unique puissance nucléaire de la région, refuse de signer le Traité de non-prolifération et a rejeté la proposition de l’Onu d’une conférence pour la dénucléarisation du Proche-Orient).

L’Italie participera à cette opération avec ses chasseurs-bombardiers. Ils décolleront au-dessus des plus de 6 millions d’Italiens sans travail ou presque : on ne sait pas sur quelle ligne budgétaire de l’État sera débité la dépense pour transférer en Israël avions et personnel militaire et pour les faire participer à cette manœuvre, mais on sait que ce sera autant d’argent public soustrait aux dépense sociales.

Les chasseurs-bombardiers décolleront au-dessus d’un parlement dont la quasi-totalité des élus n’a probablement pas été informée de la participation italienne à cette manœuvre aérienne en Israël et se trouve ainsi ignorer (ou ne pas se soucier de) ses implications politiques, militaires et économiques. Justement au moment où au Palazzo Montecitorio (siège de la Chambre des députés, NdT) on discute des missions militaires, présentées par la majorité comme indispensables pour la paix internationale, surtout au Proche-Orient. Si quelque député présente une question sur la participation italienne à Blue Flag, le ministre Mauro répondra qu’il s’agit, oui, d’une manœuvre de guerre aérienne, mais « humanitaire ».

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