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Guerre de succession déjà commencée chez les NGuesso (Congo-Liberty)

par Rigobert Ossebi 16 Novembre 2013, 09:49 Congo-Brazzaville Sassou Nguesso

Guerre de succession déjà commencée chez les NGuesso (Congo-Liberty)

Il est « omnipotent », « omniprésent » et « omniscient ». Si vous avez reçu une éducation chrétienne, vous penserez immédiatement à Dieu. En fait, il ne s’agit que de son égal au Congo, Jean-Jacques Bouya, le ministre à la Présidence de la République chargé de l’Aménagement du territoire et de la Délégation générale aux grands travaux.

De l’un comme l’autre, sans blasphème, dépend l’avenir du Congo.

En novembre 1997, lorsqu’il a été nommé Conseiller aux Transports auprès de son oncle général-instituteur-putschiste, il était un peu timide et réservé. Depuis, il faut bien reconnaître que le neveu cinquantenaire a pris du poids dans tous les sens du terme au point de devenir incontournable, sans mauvais jeu de mots, sur l’étroite scène politique congolaise.

Rien ne le destinait aux immenses responsabilités qui depuis lui incombent. Un vague diplôme « peut-être par correspondance » de l’aéronautique civile ; pilote, technicien ? Nul ne le sait précisément. Un ingénieur diplômé des plus grandes écoles aurait refusé de porter, seul, cette charge immense. L’ancien pêcheur à la sagaie des environs de Mouembé n’a pas reculé. Le développement futur du pays, ses infrastructures, ses équipements et ses orientations industrielles relèvent de sa seule décision, peut-être partagée avec le dictateur à l’unique formation d’instituteur….

Alors on ne compte plus les erreurs commises, le doublement de la piste de Maya-Maya à Brazzaville ; les mauvais choix, le barrage d’Imboulou sans les lignes à haute tension ; les chantiers inachevés par centaines, en particulier ceux de la municipalisation accélérée etc., etc..

Paradoxalement, plutôt que de l’affaiblir, ces échecs l’ont renforcé car pour le système, et ses homologues ministres, ils n’étaient que la preuve de son pouvoir et de son invulnérabilité. S’attaquer à lui, c’était s’en prendre à son oncle autocrate. Par manque de courage nombreux ont été écrasés par le bulldozer politique à l’appétit démesuré. Dernier à avoir été laminé, le ministre des transports Rodolphe Adada, sans lequel Denis Sassou NGuesso, de dépression en dépression, aurait terminé ses jours, dans l’exil, avenue Rapp à Paris ; la nomination du frère Serge Bouya, à la co-direction du Port de Pointe Noire, réaffirmait la mainmise des ineptes et des inaptes sur le paysage politique congolais… !

On a beau être un dictateur, la décision est parfois difficile. C’est le cas de sa succession qui est ouverte et pour laquelle le choix n’a pas été arrêté entre le fils Kiki et un neveu.

Indiscutablement, Jean Jacques Bouya est le seul neveu qui reste en compétition. Edgard, qui a perdu dans la disparition d’Edith Bongo un soutien inconditionnel, est maintenant hors course ; comme Jean Dominique Okemba empêtré dans l’affaire du 4 mars 2012 et ses fétiches qui ne fonctionnent plus, auxquels il faut ajouter la chute aux enfers de son ami et ancien vice président français Claude Gueant.

L’omnipotent Bouya, qui est fort de ses très juteuses relations avec la Chine, a fait le tour des capitales dont le soutien est essentiel pour asseoir son image de présidentiable. Récemment, il est allé saluer le nouveau roi du Qatar, le Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, puis il fit une visite, à Rabat, au gouvernement marocain avec une grosse commande de construction de logements au Congo en forme de présent. A chaque fois, il était porteur d’une recommandation de son oncle et parrain. Il se rendit également à Moscou, pour se rappeler au bon souvenir du Kremlin, il passa commande d’un gazoduc entre Pointe Noire et Oyo à Stroytransgaz ; une petite broutille à un milliard de dollars (500 milliards de FCFA). Encore une fois, il s’est fait remarqué à Moscou par son appétit hors-normes de pétrodollars.

A MPila, la tentation était grande de faire une ouverture gouvernementale : un grand coup de balai pour faire dégager les anciens et faire place à des jeunes et à des gens nouveaux. Histoire également de soulager les tensions intérieures qui pèsent actuellement sur ce pouvoir usé jusqu’à la corde. Denis Christel, en bon héritier de son père, occuperait un poste important (Finances, Défense ?) afin de bien contrôler les élections, le moment venu… Certains membres de la diaspora politique congolaise,de l’Afrique du sud à Paris parmi lesquels des candidats déclarés aux présidentielles de 2016, avaient même fait le déplacement à Londres pour négocier des postes ministériels avec COCO et KIKI Sassou Nguesso…malheureusement pour eux, ils ne furent reçus que par un simple conseiller des rejetons du dictateur de Brazzaville ! Depuis, ils ont repris leur posture d’opposants de Sassou.

Finalement, l’omniprésent Bouya s’y est opposé. Certains diront qu’il a imposé, de tout son poids, un veto… Pas question pour lui d’ouvrir la porte, ni de favoriser Kiki !

Kiki, roi du pétrole congolais, n’est pas malheureux pour autant. Il augmente chaque jour ses réserves financières avec l’appui inconditionnel de son géniteur. Chaque mois des centaines de millions de dollars tombent dans son escarcelle. Trésor de guerre à usage politique ou magot pour un exil doré, voire « platinium » ?

Difficile à dire…

Toujours est-il que les déjeuners à la table du père-président se déroulent toujours dans une ambiance pesante. Les clans enfants et les clans neveux ne communiquent pas entre eux. Chacun sait que l’autre, le moment venu – c’est-à-dire celui de la relève du père d’une manière ou d’une autre- ne lui fera pas de cadeau. L’hostilité se ressent chaque fois un peu plus.

Denis Sassou NGuesso devrait étudier d’un peu plus près les conditions dans lesquelles la succession de Soliman le Magnifique s’était effectuée au 16ème siècle dans l’Empire Ottoman. Chacun de sa nombreuse progéniture rêvait de lui succéder et les intrigues de palais, et de harem, firent que frères et demi-frères s’entre tuèrent. Quatre périrent. L’un d’eux, étranglé dans sa prison, eut son enfant tué dans son berceau au prétexte du proverbe « qu’un mauvais arbre ne peut porter que de mauvais fruit. Sélim II, fils de l’esclave russe Roxelane, lui succéda. A la fin de son règne, son fils ainé Mourad monta sur le trône et il fit immédiatement périr ses cinq frères.

Se pourrait-il qu’au bord de l’Alima, dans la très nombreuse progéniture du dictateur, certains ambitieux s’en inspirent ? Beaucoup en sont persuadés…

Totalement imprégné des traditions mbochis, Denis Sassou NGuesso ne se résigne toutefois pas à trancher en faveur du neveu Bouya. La première bataille qui se livrera au Congo sera au sein de sa propre famille. La succession ne résistera pas à la victoire d’un « Selim » ou d’un « Mourad ».

Il est temps, après une trentaine d’années d’un pouvoir excessif et absolu, que cette famille de prédateurs et de pyromanes soit recadrée.

Avec ou sans l’approbation et le concours de Denis Sassou NGuesso…

Par Rigobert OSSEBI

Congo-Liberty

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