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Le dictateur togolais se rendra chez le "chef de guerre" François Hollande à la mi-novembre

par Sam La Touch 12 Novembre 2013, 19:10 Togo Françafrique France François Hollande Faure Gnassinbé Eyadéma Articles de Sam La Touch

Le dictateur togolais se rendra chez le "chef de guerre" François Hollande à la mi-novembre

Le dictateur togolais Faure Gnassingbé doit se rendre à Paris, du 13 au 15 novembre. Il sera reçu à l'Elysée par le "chef de guerre" François Hollande. Faure Gnassingbé, fils de son dictateur de père qui fut installé par la République française après avoir assassiné le président démocratiquement élu Sylvanius Olympio, devrait être remercié pour ses bons et loyaux services françafricains.

Allié fidèle, le warlord socialiste pourrait se montrer chaleureux avec le fils du dictateur made in France, "d’autant que ces derniers mois, le Togo s’est illustré en fidèle allié de la France. Paris a notamment apprécié le soutien diplomatique de Lomé lors de la crise malienne et le renfort d’un contingent de soldat de l’armée togolaise lors de la reconquête du nord du Mali". JAI Togo - France : Faure Gnassingbé en visite à Paris à la mi-novembre

Source :
JAI Togo - France : Faure Gnassingbé en visite à Paris à la mi-novembre
Lire chez SLT aussi :
Le dictateur Faure Eyadéma chez Hollande en décembre 

commentaires

ZorroDelWeb 10/11/2013 14:59

Parti des Travailleurs du Togo

5 octobre 1990 5 octobre 2013
23 ans après le soulèvement populaire,
Quels bilan et perspectives pour la révolution togolaise trahie ?

Il y a 23 ans, le 5 octobre 1990, le peuple togolais se soulevait à partir de sa jeunesse, à l’occasion du verdict d’une parodie de procès contre des jeunes accusés de distribution de tracts hostiles au régime et exigea la démission du dictateur entré avec fracas dans l’histoire du Togo le 13 janvier 1963 où, sous le non d’Etienne EYADEMA (qu’il ne changea en GNASSINGBE qu’en 1974), il revendiqua publiquement l’assassinat du premier président démocratiquement élu du Togo, Sylvanus OLYMPIO.
Parti de la capitale Lomé, ce mouvement impétueux, tel du feu sur une trainée de poudre, se généralisait avec une extraordinaire rapidité à tout le Togo : la révolution togolaise s’ouvrait !
Résultat d’un mécontentement populaire accumulé de longue date et nourrie par la dégradation constante des conditions de vie de la population, cette explosion soudaine, qui s’inscrivait dans le mouvement international contre les régimes de l’arbitraire ouvert par la chute du mur de Berlin, commença à faire vaciller tout l’édifice vermoulu du régime de parti unique – parti Etat édifié par EYADEMA depuis qu’il a pris le pouvoir le 14 avril 1967, dans la foulée du coup d’Etat du 13 janvier 1967.
Par cette révolution, le peuple togolais voulait qu’une nouvelle ère de liberté et de démocratie mette fin à 23 années d’assassinats, d’oppression, de corruption, de gabegie, de vol, de misère, de famine, de pillage et de ruine du régime RPT.

Quel bilan ?

23 ans après l’irruption de cette explosion révolutionnaire, la nécessité d’un bilan sans complaisance s’impose pour comprendre comment un mouvement si plein de promesses a pu être conduit à la terrible impasse dans laquelle le peuple togolais se débat aujourd’hui sans qu’on puisse apparemment trouver la voie d’une issue conforme à ses véritables aspirations.
C’est le lieu d’identifier les trois facteurs qui permettent de comprendre comment, profondément déstabilisée par cette insurrection populaire, la dictature d’Etienne EYADEMA, qui survit jusqu’aujourd’hui à travers la succession monarchique organisée, près de 15 ans après, au profit de son fils Faure Essozimna EYADEMA (son réel patronyme), entreprit de désamorcer la lame de fond qui menaçait de l’emporter sans jamais arriver à l’annihiler jusqu’à ce jour :
— 1°) Il y eut d’une part la terrible tentative de décapitation du mouvement par la sanglante répression restée totalement impunie jusqu’à ce jour qui a occasionné des milliers de morts, de disparus, de handicapés et de blessés. Les temps forts en ont été : la répression sanglante de la marche des femmes, les 15 et 16 mars 1991 ; les massacres de la Lagune de Bè, le 10 avril 1991 ; les massacres de la première grève générale illimitée de juin 1991 ; les massacres lors du coup de force de novembre – décembre 1991 contre la Primature ; les assassinats de Soudou, le 5 mai 1992 ; l’assassinat de Tavio AMORIN, en juillet 1992 ; les massacres de Fréau Jardin et de Bè, les 25 et 30/31 janvier 1993 qui poussa à l’exode plus de 600 000 Togolais dans les pays voisins du Bénin et du Ghana ; les massacres lors de la mascarade d’élection présidentielle d’août 1993 ; les massacres lors de l’élection présidentielle du 21 juin 1998 où nombre de victimes innocentes ont notamment été enlevées et jetées en haute mer du haut d’hélicoptères des FAT ; les massacres organisées de février à mai 2005 pour installer Faure Essozimna dans le fauteuil présidentiel laissé vacant par le décès de son père EYADEMA.
— 2°) Il y eut d’autre part, la récupération, par le régime dictatorial, des dirigeants de l’opposition institutionnelle qui, s’étant accaparés de la direction de la lutte du peuple togolais, l’ont dévoyée vers la satisfaction de leurs intérêts personnels en se soumettant au maintien en place du régime dictatorial imposé par les grandes puissances.
Entraînés par des « leaders » ayant appartenu au régime du parti unique – parti Etat RPT, suivis par d’autres opportunistes pour qui la lutte du peuple togolais n’a jamais qu’un fond de commerce, ces dirigeants se sont toujours montrés prompts à trahir le mouvement du peuple pour sauver le régime RPT menacé d’effondrement en lui servant de béquille. Collaborant en toute connaissance de cause aux « négociations », « accords », « dialogues » sans issue et autres processus électoraux notoirement truqués d’avance comme on vient encore de le voir avec la mascarade de législatives du 25 juillet dernier, ils sacrifient les intérêts du peuple togolais sur l’autel de leurs intérêts personnels en se faisant octroyer des portefeuilles de premier ministre, ministres dans les formules contre nature successives de gouvernements « d’union nationale » (GUNT), « de cogestion », « à base élargie »., des postes de députés, de dirigeants d’institutions ou sociétés d’Etat, etc.
Responsables de la ruine de la lutte du peuple par leur acceptation des solutions de partage du pouvoir avec le régime RPT, ils portent, avec ce dernier, l’entière responsabilité de l’impasse à laquelle ce soulèvement révolutionnaire a été conduit.
— 3°) Mais, il n’en demeure cependant pas moins enfin que, malgré les terribles coups qui lui ont été portés, malgré sa honteuse trahison des dirigeants qui ont accaparé la direction du mouvement initié le 5 octobre 1990 pour mieux l’étouffer, malgré les lourds sacrifices qu’il n’a cessé de consentir, le peuple togolais n’a jamais cessé de manifester une farouche volonté de combat à travers une mobilisation qui n’a jamais désarmé tout au long de ces 23 ans !
C’est pourquoi, à l’heure du bilan, il importe de retenir qu’en dépit de tout, l’octobre 1990 vit toujours dans la conscience du peuple togolais comme en témoignent les multiples tentatives faites ces dernières années, surtout depuis le nord du Togo, pour le rééditer : insurrection des étudiants de Kara qui ont réussi à prendre le contrôle de la ville trois jours durant (décembre 2011 – janvier 2012) ; multiples insurrections cette année 2013 à Dapaong, Kantè, Niamtougou, Blitta, etc.

Quelles perspectives ?

Aujourd’hui où ils imposent un faux débat sur la préparation de l’élection présidentielle de l’année 2015, il doit être clair pour tous que la véritable signification de ce « débat » est de maintenir au pouvoir Faure EYADEMA encore 16 mois de plus !
Qui peut accepter que Faure EYADEMA se maintienne au pouvoir jusqu’en 2015 où il aura déjà bouclé 10 ans de règne !
Qui peut accepter que Faure EYADEMA s’attèle, à partir de là, à manœuvrer pour rester au pouvoir à vie comme son père grâce à la complicité d’une « opposition » traîtresse et complaisante ?
Dans ces conditions, faut-il continuer à suivre de tels dirigeants qui ne cessent de trahir les aspirations profondes du peuple togolais en se rendant complices des terribles coups que le régime RPT n’a cessé de lui porter ?
Non ! Le peuple togolais, à partir de sa jeunesse, doit prendre lui-même en main sa destinée en renforçant et en forgeant les instruments de sa propre libération : sections et organisations syndicales, associations, comités d’action, cercles politiques, etc.
Pour sa part, le Parti des travailleurs est prêt à l’aider à tout moment où il décidera de se lever pour réclamer ses droits et imposer la réalisation de ses aspirations les plus profondes.

Le peuple togolais est toujours prêt !
Si, au Togo, rien n’a apparemment changé, le régime UNIR/RPT ayant manœuvré pour maintenir dans les faits le régime parti unique, avec l’aide des dirigeants de l’opposition institutionnelle, les temps changent pourtant ! En témoigne, la situation à cette rentrée scolaire 2013 – 2014 où les syndicats enseignants ont d’ores et déjà déposés un préavis de grève pour la satisfaction de leurs justes revendications.
C’est le constat que, malgré toutes les entreprises de démoralisation qu’on tente de lui infliger en le conduisant à des mascarades électorales sans issue, aux résultats préfabriquées par le régime UNIR/RPT, le peuple togolais est toujours prêt !
Dans cette situation, il n’y a pas de tâche plus urgente que de poursuivre le combat pour obtenir :
• Faure Essozimna EYADEMA dégage : A bas le régime UNIR/RPT – UFC – CPP !
• A bas l’Assemblée croupion issue de la mascarade électorale du 25 juillet 2013 : boycott et démission des « députés » qui prétendent parler au nom du peuple togolais !
• Libération inconditionnelle et immédiate des démocrates arbitrairement emprisonnés !
• Réouverture de toutes les radios arbitrairement fermées : Radio Légende et X Solaire !
• Satisfaction des justes revendications présentées par les organisations syndicales de travailleurs et d’étudiants.
• Assemblée constituante souveraine pour que le peuple togolais puisse élire ses propres représentants !


Lomé, le 3 octobre 2013
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination


Claude AMEGANVI

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