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RDC : Les USA imposent la paix contre des élections en 2016

par Le Potentiel 4 Novembre 2013, 10:00 RDC M23 Paix USA Obama

RDC : Les USA imposent la paix contre des élections en 2016
Le Potentiel Les USA imposent la paix contre des élections en 2016


Stabilisation de l’Est

L’avancée fulgurante des FARDC et la débandade du M23 privé de tout soutien de Kigali portent la marque des Etats-Unis. L’Envoyé spécial du président Obama, Russell Feingold, le fait remarquer en des termes sans équivoque : « Nous avons hâte qu’une élection présidentielle plus crédible soit organisée en RDC en 2016 ». Plus direct, le sénateur Russell décoche avec un calendrier électoral contraignant en main. De là à décrypter le deal passé avec les USA pour le retour à la paix dans l’Est de la RDC, il n’y a qu’un pas ! Vite franchi d’ailleurs.

Dans les relations entre Etats, on ne se fait pas de cadeaux. Tout passe par le jeu des intérêts. Et souvent, dans ce type de rapports, la main qui donne dicte aussi le comportement à tenir. La RDC ne l’expérimente-t-elle pas déjà ? Là, est toute la question.

Les Etats-Unis sont accusés, à tort ou à raison, d’apporter un soutien déterminant au Rwanda et à l’Ouganda dans la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Plusieurs évidences ont poussé le pays d’Obama à devenir plus regardant dans ses rapports militaires et diplomatiques avec le pays de Paul Kagame.

Les différents rapports d’experts onusiens ont enlevé tout doute sur le soutien de Kigali au M23, classé pourtant force négative. Kigali a effectivement violé l’embargo sur les armes décidé par le Conseil de sécurité des Nations Unies sur l’Est de la RDC. Pris la main dans le sac, le pouvoir en place à Kigali a multiplié subterfuges contre rappel du génocide de 1994 en vue de toucher à la corde sensible des dirigeants américains.

En bon élève, qui a bien compris le modus operandi américain, Paul Kagame a toujours usé des mots justes, ainsi que le rapporte le sénateur Russell Feingold: « Le gouvernement rwandais et le président Kagame disent que le M23 n’est pas leur mouvement. Nous leur avons fait part de notre préoccupation. Nous leur avons dit que nous pensons que le M23 bénéficie de soutiens. Ils disent qu’ils sont en faveur du démantèlement du M23, c’est exactement ce que le président Kagame a dit à notre groupe d’envoyés spéciaux, et il me l’a aussi dit personnellement.

Parce que c’est ce que prévoit l’accord cadre, et le Rwanda a signé cet accord cadre. En fait, lorsque les cinq envoyés spéciaux ont rencontré Paul Kagame, il y a quelques jours, celui-ci a fait une déclaration forte dans laquelle il a demandé que l’accord soit finalisé le soir même. Ce n’est pas ce qui s’est produit, mais il ne fait aucun doute que l’accord réclame le démantèlement du M23, et non une implication dans une guerre qui vise à soutenir le M23 ».

Ce baratin n’a pas suffi. Les USA sont montés d’un cran, en privant le Rwanda de l’assistance militaire. Pire, les USA vont faire peser de lourdes sanctions contre des dirigeants qui ont soutenu le recrutement d’enfants-soldats et favorisé la commission des crimes les plus odieux comme le viol des femmes. Cette perspective sombre pour certains dirigeants rwandais a suffi pour que tout soutien cesse au bénéfice du M23.

Comme un château de cartes, le M23 subit un démantèlement rapide au point que les FARDC ont récupéré plus de 70 km à la ronde les territoires encore sous contrôle du M23, il y a seulement 4 jours. Des pressions, Kigali en a subies : « C’est une affaire grave et par conséquent nous avons décidé de retirer une partie de notre aide militaire en raison des preuves dont nous disposons. J’ignore quel a été l’impact de ces sanctions.

Mais je sais que les Etats-Unis n’ont pas d’autre choix que signifier que ce genre de pratique s’est bien produit. Je sais que le gouvernement a à cœur d’éviter le recrutement d’enfants soldats, nous nous sentons suffisamment à l’aise pour rappeler que ces pratiques ne peuvent pas être tolérées, même de façon indirecte », a fait savoir le sénateur Russell.

« Avec le Rwanda, notre objectif est d’avoir une relation positive et continue. C’est un pays ami des Etats-Unis, nous sommes admiratifs devant les progrès enregistrés par ce pays, d’autant plus qu’il a dû traverser une énorme tragédie, il y a vingt ans à peine. Nos préoccupations quant au soutien vis-à-vis du M23 nuisent à une relation qui est par ailleurs excellente.

Donc nous aimerions beaucoup travailler avec le Rwanda pour permettre aux pourparlers de Kampala d’aboutir, pour voir le M23 démantelé, et pour avoir une relation dans laquelle on n’aurait pas besoin de parler de sanctions ou de choses de ce type », a déclaré Russell Feingold. L’administration Obama ne l’a pas fait sans contrepartie.

LA PAIX CONTRE LES ELECTIONS EN 2016 ?

S’il est exigé à Kigali d’adopter des pratiques plus démocratiques, à Kinshasa les USA imposent quasiment un calendrier électoral pouvant rassurer tout le monde. Dans un langage sans ambages, l’Envoyé spécial des Etats-Unis fait une déclaration qui donne toute la mesure des concessions que la RDC est contrainte d’accepter contre la paix. D’ailleurs, en temps normal, cela n’aurait pas dû être considéré comme contrainte d’autant plus la Constitution de la République prévoit tous les cas de figure dans le choix des animateurs des institutions de la RDC.

Russell Feingold traduit l’état d’esprit qui prévaut au sein de l’administration Obama en rapport avec la question de la démocratisation en RDC. A l’aide d’un échéancier, Russell Feingold déclare : « Nous encourageons de façon pressante la tenue d’élections locales et provinciales au cours des deux prochaines années, nous souhaitons que la Ceni, l’agence qui est en charge de ces élections, reçoive un soutien financier transparent, nous avons hâte qu’une élection présidentielle plus crédible soit organisée en RDC en 2016, contrairement à ce que nous avons vu en 2011, alors que l’élection de 2006 s’était relativement bien passée ».

Il est clair que les USA attendent de la RDC l’organisation des élections en 2016, en vue de consolider les cycles électoraux entamés en 2006. Les concertations nationales ayant évité la question de l’échéance 2016 alors que, techniquement et matériellement, des problèmes pourraient se poser avec une particulière acuité.

L’assignation faite à la RDC serait donc l’un des engagements que la RDC est obligé de respecter.

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