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Retour sur l'exécution du journaliste Sylvain Gagnetaud à Abidjan en 2011

par Sam La Touch 3 Novembre 2013, 11:52 Sylvain Gagnetaud journalistes Afrique Côte d'Ivoire France Françafrique Articles de Sam La Touch

Retour sur l'exécution du journaliste Sylvain Gagnetaud à Abidjan en 2011

Sylvain Gagnetaud, journaliste qualifié de "pro-Gbagbo" et travaillant pour Radio Yopougon fut assassiné en mai 2011 à Abidjan dans le quartier de Yopougon.


Le Gri-Gri revient sur son assassinat et critique la position de RFI qui ne se serait pas beaucoup mobilisé pour faire connaître le triste sort de ce journaliste ivoirien.
"Le Commandant de zone qui "régnait" alors sur la zone en question se fait surnommer Ben Laden et a été depuis nommé préfet de San Pedro... Justice de vainqueurs que celle qui ne voit poursuivis que des pro-Gbagbo et récompensés les pires hommes de mains utilisés par Ouattara durant son ascension... RFI qui, comme les autres médias dominants occidentaux a résolu sciemment de ne pas considérer le caractère militaire de l'intervention française qu'elle a docilement accompagnée et soutenue durant la crise post-électorale ivoirienne." Profitons de la mort des journalistes de RFI pour évoquer Sylvain Gagnetaud assassiné en mai 2011


La Nouvelle Tribune Abidjan: Sylvain Gagnetaud, un journaliste favorable à Gbagbo assassiné
Côte d'ivoire - Reporter sans frontière (RSF) a annoncé l'exécution de Sylvain Gagnetaud, journaliste à Radio Yopougon, une radio proche du FPI de Laurent Gbagbo. L'organisation a aussi dénoncé la poursuite des règlements de comptes en Côte d'Ivoire. D'après RSF, il aurait été “arrêté lors d’une opération de ratissage des forces pro-Ouattara” à Yopougon “aux environs du 8 mai, et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d’être des miliciens”.
Côte d'Ivoire: le corps d'un journaliste retrouvé dans un charnier
La chasse aux journalistes se poursuit en Côte d'Ivoire, près de trois semaines après l'assermentation du nouveau président Alassane Ouattara. Le Comité ivoirien de protection des journalistes (CIPJ) a appris samedi l'exécution du journaliste Sylvain Gagnetaud de la radio de proximité de Yopougon, à Abidjan.

Son corps criblé de balles a été retrouvé le 8 mai, parmi des dizaines d'autres, dans un charnier de ce quartier densément peuplé particulièrement touché par les affrontements entre les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pro-Ouattara et les miliciens fidèles au président déchu, Laurent Gbagbo. Des journalistes locaux rapportent que Sylvain Gagnetaud a été tué par des éléments des FRCI alors qu'il fuyait Yopougon avec sa famille. D'autres soulignent que sa profession et son origine ethnique – il était Bété comme l'ex-président Gbagbo – sont directement en cause.

Membre du bureau de l’Organisation des journalistes professionnels de Côte d’Ivoire, Sylvain Gagnetaud était rédacteur en chef adjoint et animateur à Radio Yopougon, station qui a été pillée et incendiée par les FRCI début mai. Selon le CIPJ, il était réputé modéré dans son travail et avait collaboré dans le passé à plusieurs publications de divers bords politiques. Pour sa part, Reporters sans frontières (RSF) estime plutôt qu'il était proche du Front Populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo.

«l’heure est aux règlements de compte»

L'organisme souligne que «la capacité des forces de l’ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies» et constate que «l’heure semble plus que jamais aux règlements de compte en Côte d’Ivoire». En effet, outre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud, le CIPJ signale que plusieurs journalistes continuent de recevoir des menaces de mort.

(paragraphe modifié post-publication) De plus, la directrice des ressources humaines du groupe de presse Cyclone, Nina Bolou, a été arrêtée puis relâchée hier par des hommes des FRCI. Elle est éditrice du quotidien d'opposition Le Temps et des hebdos Le Temps Hebdo et Prestige Mag. Toutes ses publications sont dirigées par Nadi Bamba, deuxième épouse de l’ex-président Gbagbo ; plusieurs journalistes y travaillant sont en exil ou vivent cachés.

Comme RSF, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) appelle le gouvernement ivoirien à respecter ses promesses de restaurer l'État de droit. «Le président Ouattara avait promis de demander des comptes à toutes les personnes sous son autorité qui seraient responsables d’abus. Il doit donc agir immédiatement pour discipliner ses forces et faire respecter la règle de droit», martèle le coordonnateur du plaidoyer pour l'Afrique du CPJ, Mohamed Keita.

«la justice n'est pas au mieux de sa forme»

Cet appel à la justice survient alors même que le nouveau président de la Cour suprême ivoirienne, Mamadou Koné entre en poste. Le magistrat originaire du nord du pays – région contrôlée par les forces pro-Ouattara depuis 2002 – a prêté serment hier. À cette occasion, le président ivoirien a concédé que la justice de son pays n'était pas «au mieux de sa forme» et renouvelé son engagement de garantir les droits et libertés de tous les citoyens.

Pour respecter ses promesses, outre la nomination d'un nouveau président de la Cour suprême, Alassane Ouattara a mis en place une commission «Dialogue, Vérité et Réconciliation» comme l'avaient fait l'Afrique du Sud après l'apartheid et le Rwanda après le génocide. Cette commission sera présidée par l'ancien gouverneur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest et ex-Premier ministre sous Laurent Gbagbo, Charles Konan Banny. Il devra faire la lumière sur les événements dramatiques qui secouent la Côte d'ivoire depuis plus d'une décennie et qui ont pris une tournure particulièrement violente au cours des six derniers mois.

Amnesty International a rendu public aujourd'hui un rapport faisant le bilan des six derniers mois. L'organisme estime que les hommes de Ouattara autant que ceux de Gbagbo ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Il souligne que «le fait qu'Alassane Ouattara n'ait pas condamné ces actes pourrait être perçu par de nombreux membres de ses forces de sécurité et d'autres éléments armés combattant à leur côté comme un feu vert pour continuer de les perpétrer». Le rapport en vidéo (attention ces images peuvent choquer):


 

 

Un journaliste favorable à l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a été "assassiné" début mai à Abidjan, a affirmé mardi Reporters sans frontières (RSF), en déplorant que "les règlements de comptes se poursuivent en Côte d'Ivoire".

Dans un communiqué, l'organisation de défense de la presse se dit "choquée d'apprendre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud", journaliste à Radio Yopougon, du nom du quartier ouest d'Abidjan qui fut, après la chute de l'ex-chef de l'Etat le 11 avril, le théâtre de combats entre miliciens pro-Gbagbo et forces du président Alassane Ouattara.

"Connu pour sa proximité" avec le parti de M. Gbagbo, le journaliste aurait, "selon des sources convergentes", été "arrêté lors d'une opération de ratissage des forces pro-Ouattara" dans ce quartier "aux environs du 8 mai et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d'être des miliciens", poursuit l'ONG.

"Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues", relève RSF. "Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir", ajoute-t-elle.

"Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l'avenir des médias en Côte d'Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l'opposition sont traqués par les bandes armées", juge l'organisation.

"La capacité des forces de l'ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies", juge RSF qui appelle à "mettre un terme à l'impunité".

"Ce mardi 24 mai, Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d'opposition Le Temps, dont la réouverture est prévue dans les jours à venir, a été arrêtée dans les locaux du journal par des hommes armés", rapporte en outre l'ONG.

RSF salue cependant "la nouvelle encourageante du retour de la presse d'opposition".

Notre voie, quotidien du parti de M. Gbagbo, a reparu lundi, premier journal d'opposition disponible dans les kiosques depuis les combats qui ont fait rage du 31 mars au 11 avril dans Abidjan.

Le rapport d'Amnesty International en vidéo (attention ces images peuvent choquer)

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