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Selon Mbeki : Tony Blair a envisagé d'intervenir militairement pour destituer Robert Mugabe

par David Smith 28 Novembre 2013, 20:31 Zimbabwe Grande-Bretagne Thabo Mbeki Tony Blair Articles de Sam La Touch

Selon Mbeki : Tony Blair a envisagé d'intervenir militairement pour destituer Robert Mugabe
Selon Mbeki : Tony Blair a envisagé d'intervenir militairement pour destituer Robert Mugabe

par David Smith
Mail and Guardian

"L'ancien président d'Afrique du Sud a affirmé que son pays a été invité à aider la Grande-Bretagne à renverser Robert Mugabe."

Une polémique a éclaté ce mercredi entre Tony Blair et l'ancien président sud-africain.Ce dernier a déclaré que la Grande-Bretagne avait envisagé d'utiliser la force militaire pour renverser le président du Zimbabwe : Robert Mugabe .

Mbeki a allégué que l'ancien Premier ministre britannique avait exercé des pressions pour adhérer à "un système de changement de régime" au Zimbabwe, pays qui fut dans les années 2000 plongé dans une crise politique et économique. Mais l'allégation a été fermement démentie par le bureau de Tony Blair .


Le Royaume-Uni en tant qu'ancienne puissance coloniale, et l'Afrique du Sud, son voisin le plus puissant, ont longtemps joué un rôle intime dans les affaires du Zimbabwe. Mais leurs dirigeants ont été divisés sur la façon d'agir quand le pays est entré dans une période chaotique à la suite des violentes crises concernant les fermes appartenant à des Blancs. Blair, qui avait fait une intervention militaire triomphante au Sierra Leone, était persuadé que Mugabe devait démissionner alors que Mbeki était prêt à le recevoir.

"Le problème était, que nous parlions de positions différentes", a déclaré Mbeki dans une interview sur Al-Jazeera. « Il y avait des personnes qui disaient "oui en effet il y a des problèmes politiques ainsi que des problèmes économiques et la meilleure façon de les résoudre est d'effectuer un changement de régime. Donc, Mugabe doit partir". C'était là notre désaccord. Eux ils ont dit " Mugabe doit partir" tandis que nous considérions que Mugabe faisait partie de la solution à ce problème".

Mbeki a fait référence à un général britannique à la retraite, censé être Lord Guthrie, qui était le chef des forces armées au cours du premier gouvernement Blair. Dans une interview en 2007, Guthrie a rappelé que "les gens essayaient toujours de m'influencer " pour renverser Mugabe par la force, bien qu'il n'ait pas mentionné que l'ordre venait de Tony Blair.



Le sentiment anti - colonial
Mbeki, qui a succédé à Nelson Mandela en 1999 et a perdu le pouvoir en 2008, a déclaré: " Il y avait un chef à la retraite des forces armées britanniques qui a dit qu'il fallait résister à la pression du premier ministre d'alors du Royaume-Uni Tony Blair ... qui aurait conseillé au chef des forces armées britanniques : de "travailler sur un plan militaire afin que nous puissions destituer militairement Robert Mugabe".

«Nous savions que parce que nous étions soumis à la même pression que nous avions besoin de coopérer et de résister. Ils voulaient changer le régime, au point même d'utiliser la force militaire, ce que nous refusions."

La solidarité et le sentiment anti-colonial restent forts parmi les dirigeants du mouvement de libération de l'Afrique. Mbeki a condamné la manière dont la Grande-Bretagne voulait encore se mêler des affaires du Zimbabwe. "Vous venez de Londres , vous n'aimez pas Robert Mugabe pour des raisons qui vous appartiennent - les gens à Londres ne l'aiment pas - et vous vous voulez que nous le renversions et que nous mettions quelqu'un d'autre à sa place ? "

" Pourquoi cela relèverait de la responsabilité britannique de décider qui dirige le peuple du Zimbabwe ? Alors nous disons :« Non, nous voulons que les Zimbabwéens s'assoient à la table des négociations, laissez-les s'accorder sur ce qu'ils font avec leur pays. "

Plus tard, Mbeki a aidé à négocier un accord de partage du pouvoir entre le parti Zanu-PF de Mugabe et le Mouvement pour le changement démocratique ( MDC ) à la suite des élections violentes de 2008 ayant coûté la vie à au moins 200 personnes. Mais il fut vivement critiqué par le MDC pour s'être rangé du côté de Mugabe et pour avoir organisé un prétendu «complot» pour diviser et affaiblir l'opposition.

Rhétorique anti-britannique de Mugabe
Mugabe reste le seul dirigeant que le Zimbabwe ait connu depuis qu'il ait obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1980. Il continue à utiliser la rhétorique anti-britannique pour fédérer derrière son parti et s'est distingué pour des critiques particulièrement virulentes à l'égard de Blair, il a notamment déclaré lors d'un sommet des dirigeants du monde : "Alors, Blair , gardez votre Angleterre et laissez-moi garder mon Zimbabwe. "

Plus tôt cette année, il a déclaré à l'assemblée générale de l'ONU : "Honte, honte, honte aux États-Unis d'Amérique. Honte, honte, honte sur la Grande-Bretagne et ses alliés. Le Zimbabwe est pour les Zimbabwéens, il en va de même pour ses ressources. S'il vous plaît supprimer vos sales et illégales sanctions que vous avez imposé à mon pays pacifique".

Le dirigeant âgé de 89 ans a souvent accusé la Grande-Bretagne d'utiliser les sanctions et de soutenir le parti de l'opposition (MDC), en vue d'effectuer un changement de régime. Il a affirmé que la Grande-Bretagne avait envoyé des escadrons de la mort pour tuer des membres de son gouvernement. En 2000, la télévision d'Etat du Zimbabwe avait indiqué qu'une force d'invasion britannique avait été déployée au Botswana voisin, faisant des allégations peu probables selon lesquelles une flottille navale était présente dans le delta de l'Okavango.

Tendai Biti, un politicien vétéran du MDC qui est devenu ministre des Finances dans le gouvernement d'union nationale, a déclaré qu'il n'avait jamais entendu parler de la revendication d'une possible intervention militaire britannique avant. " C'est une grave allégation et je pense qu'elle ne devrait pas être faite sans preuves", a-t-il déclaré.

Malgré les années de persécution par le régime de Mugabe, le MDC n'aurait pas accueilli favorablement une intervention militaire extérieure, a insisté Biti. "Cela n'aurait pas marché. Le peuple du Zimbabwe et le MDC ne croient pas à la violence et ne croient pas qu'il puisse y avoir une autre solution que celle d'un processus démocratique durable. Si vous regardez l' histoire de l'Afrique, elle est jonchée de guerres civiles et de coups et la violence y est cyclique".

Il a ajouté : " Les Britanniques auraient envahi le Zimbabwe pour quelles raisons ? Certainement pas pour [ le leader du MDC ] Morgan Tsvangirai qui aurait refusé de prendre le pouvoir dans ces conditions antidémocratiques.».



"Cela serait mieux sans Robert Mugabe"
Après avoir quitté ses fonctions de premier ministre, Tony Blair a mis en place l'Initiative de la gouvernance en Afrique, qui a actuellement du personnel travaillant au Rwanda, en Sierra Leone, au Libéria, en Guinée, au Malawi et au Soudan du Sud. La semaine dernière, Blair a prononcé un discours lors de la Conférence d'investissement de Guinée à Abu Dhabi.

Le mercredi, il a nié l'allégation de Mbeki. Son porte-parole a déclaré: "Tony Blair a longtemps cru que le Zimbabwe serait beaucoup mieux sans Robert Mugabe et a toujours plaidé en faveur d'une position plus ferme contre lui, mais il n'a jamais demandé à personne de planifier ou de prendre part à une telle intervention militaire. "

Mbeki a toutefois campé sur ses positions. Son porte-parole Mukoni Ratshitanga a déclaré : "L'ancien président Thabo Mbeki maintient ce qu'il a déclaré à al- Jazeera comme un compte rendu factuel et précis de ce qui s'est passé."

Traduction SLT

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