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Vingt-trois ans après le soulèvement populaire, quels bilans et perspectives pour la révolution togolaise trahie ? (Parti des Travailleurs du Togo)

par le Parti des travailleurs du Togo 10 Novembre 2013, 14:17 Togo Dictature Faure Eyadéma Gnassingbé Eyadéma Françafrique

 Vingt-trois ans après le soulèvement populaire, quels bilans et perspectives pour la révolution togolaise trahie ? (Parti des Travailleurs du Togo)

23 ans après le soulèvement populaire,
Quels bilans et perspectives pour la révolution togolaise tr
ahie ?
Parti des Travailleurs du Togo, 5 octobre 1990 5 octobre 2013

Il y a 23 ans, le 5 octobre 1990, le peuple togolais se soulevait à partir de sa jeunesse, à l’occasion du verdict d’une parodie de procès contre des jeunes accusés de distribution de tracts hostiles au régime et exigea la démission du dictateur entré avec fracas dans l’histoire du Togo le 13 janvier 1963 où, sous le non d’Etienne EYADEMA (qu’il ne changea en GNASSINGBE qu’en 1974), il revendiqua publiquement l’assassinat du premier président démocratiquement élu du Togo, Sylvanus OLYMPIO.
Parti de la capitale Lomé, ce mouvement impétueux, tel du feu sur une trainée de poudre, se généralisait avec une extraordinaire rapidité à tout le Togo : la révolution togolaise s’ouvrait !
Résultat d’un mécontentement populaire accumulé de longue date et nourrie par la dégradation constante des conditions de vie de la population, cette explosion soudaine, qui s’inscrivait dans le mouvement international contre les régimes de l’arbitraire ouvert par la chute du mur de Berlin, commença à faire vaciller tout l’édifice vermoulu du régime de parti unique – parti Etat édifié par EYADEMA depuis qu’il a pris le pouvoir le 14 avril 1967, dans la foulée du coup d’Etat du 13 janvier 1967.
Par cette révolution, le peuple togolais voulait qu’une nouvelle ère de liberté et de démocratie mette fin à 23 années d’assassinats, d’oppression, de corruption, de gabegie, de vol, de misère, de famine, de pillage et de ruine du régime RPT.


Quel bilan ?
23 ans après l’irruption de cette explosion révolutionnaire, la nécessité d’un bilan sans complaisance s’impose pour comprendre comment un mouvement si plein de promesses a pu être conduit à la terrible impasse dans laquelle le peuple togolais se débat aujourd’hui sans qu’on puisse apparemment trouver la voie d’une issue conforme à ses véritables aspirations.
C’est le lieu d’identifier les trois facteurs qui permettent de comprendre comment, profondément déstabilisée par cette insurrection populaire, la dictature d’Etienne EYADEMA, qui survit jusqu’aujourd’hui à travers la succession monarchique organisée, près de 15 ans après, au profit de son fils Faure Essozimna EYADEMA (son réel patronyme), entreprit de désamorcer la lame de fond qui menaçait de l’emporter sans jamais arriver à l’annihiler jusqu’à ce jour :
— 1°) Il y eut d’une part la terrible tentative de décapitation du mouvement par la sanglante répression restée totalement impunie jusqu’à ce jour qui a occasionné des milliers de morts, de disparus, de handicapés et de blessés. Les temps forts en ont été : la répression sanglante de la marche des femmes, les 15 et 16 mars 1991 ; les massacres de la Lagune de Bè, le 10 avril 1991 ; les massacres de la première grève générale illimitée de juin 1991 ; les massacres lors du coup de force de novembre – décembre 1991 contre la Primature ; les assassinats de Soudou, le 5 mai 1992 ; l’assassinat de Tavio AMORIN, en juillet 1992 ; les massacres de Fréau Jardin et de Bè, les 25 et 30/31 janvier 1993 qui poussa à l’exode plus de 600 000 Togolais dans les pays voisins du Bénin et du Ghana ; les massacres lors de la mascarade d’élection présidentielle d’août 1993 ; les massacres lors de l’élection présidentielle du 21 juin 1998 où nombre de victimes innocentes ont notamment été enlevées et jetées en haute mer du haut d’hélicoptères des FAT ; les massacres organisées de février à mai 2005 pour installer Faure Essozimna dans le fauteuil présidentiel laissé vacant par le décès de son père EYADEMA.
— 2°) Il y eut d’autre part, la récupération, par le régime dictatorial, des dirigeants de l’opposition institutionnelle qui, s’étant accaparés de la direction de la lutte du peuple togolais, l’ont dévoyée vers la satisfaction de leurs intérêts personnels en se soumettant au maintien en place du régime dictatorial imposé par les grandes puissances.
Entraînés par des « leaders » ayant appartenu au régime du parti unique – parti Etat RPT, suivis par d’autres opportunistes pour qui la lutte du peuple togolais n’a jamais qu’un fond de commerce, ces dirigeants se sont toujours montrés prompts à trahir le mouvement du peuple pour sauver le régime RPT menacé d’effondrement en lui servant de béquille. Collaborant en toute connaissance de cause aux « négociations », « accords », « dialogues » sans issue et autres processus électoraux notoirement truqués d’avance comme on vient encore de le voir avec la mascarade de législatives du 25 juillet dernier, ils sacrifient les intérêts du peuple togolais sur l’autel de leurs intérêts personnels en se faisant octroyer des portefeuilles de premier ministre, ministres dans les formules contre nature successives de gouvernements « d’union nationale » (GUNT), « de cogestion », « à base élargie »., des postes de députés, de dirigeants d’institutions ou sociétés d’Etat, etc.
Responsables de la ruine de la lutte du peuple par leur acceptation des solutions de partage du pouvoir avec le régime RPT, ils portent, avec ce dernier, l’entière responsabilité de l’impasse à laquelle ce soulèvement révolutionnaire a été conduit.
— 3°) Mais, il n’en demeure cependant pas moins enfin que, malgré les terribles coups qui lui ont été portés, malgré sa honteuse trahison des dirigeants qui ont accaparé la direction du mouvement initié le 5 octobre 1990 pour mieux l’étouffer, malgré les lourds sacrifices qu’il n’a cessé de consentir, le peuple togolais n’a jamais cessé de manifester une farouche volonté de combat à travers une mobilisation qui n’a jamais désarmé tout au long de ces 23 ans !
C’est pourquoi, à l’heure du bilan, il importe de retenir qu’en dépit de tout, l’octobre 1990 vit toujours dans la conscience du peuple togolais comme en témoignent les multiples tentatives faites ces dernières années, surtout depuis le nord du Togo, pour le rééditer : insurrection des étudiants de Kara qui ont réussi à prendre le contrôle de la ville trois jours durant (décembre 2011 – janvier 2012) ; multiples insurrections cette année 2013 à Dapaong, Kantè, Niamtougou, Blitta, etc.

Quelles perspectives ?
Aujourd’hui où ils imposent un faux débat sur la préparation de l’élection présidentielle de l’année 2015, il doit être clair pour tous que la véritable signification de ce « débat » est de maintenir au pouvoir Faure EYADEMA encore 16 mois de plus !
Qui peut accepter que Faure EYADEMA se maintienne au pouvoir jusqu’en 2015 où il aura déjà bouclé 10 ans de règne !
Qui peut accepter que Faure EYADEMA s’attèle, à partir de là, à manœuvrer pour rester au pouvoir à vie comme son père grâce à la complicité d’une « opposition » traîtresse et complaisante ?
Dans ces conditions, faut-il continuer à suivre de tels dirigeants qui ne cessent de trahir les aspirations profondes du peuple togolais en se rendant complices des terribles coups que le régime RPT n’a cessé de lui porter ?
Non ! Le peuple togolais, à partir de sa jeunesse, doit prendre lui-même en main sa destinée en renforçant et en forgeant les instruments de sa propre libération : sections et organisations syndicales, associations, comités d’action, cercles politiques, etc.
Pour sa part, le Parti des travailleurs est prêt à l’aider à tout moment où il décidera de se lever pour réclamer ses droits et imposer la réalisation de ses aspirations les plus profondes.

Le peuple togolais est toujours prêt !
Si, au Togo, rien n’a apparemment changé, le régime UNIR/RPT ayant manœuvré pour maintenir dans les faits le régime parti unique, avec l’aide des dirigeants de l’opposition institutionnelle, les temps changent pourtant ! En témoigne, la situation à cette rentrée scolaire 2013 – 2014 où les syndicats enseignants ont d’ores et déjà déposés un préavis de grève pour la satisfaction de leurs justes revendications.
C’est le constat que, malgré toutes les entreprises de démoralisation qu’on tente de lui infliger en le conduisant à des mascarades électorales sans issue, aux résultats préfabriquées par le régime UNIR/RPT, le peuple togolais est toujours prêt !
Dans cette situation, il n’y a pas de tâche plus urgente que de poursuivre le combat pour obtenir :
• Faure Essozimna EYADEMA dégage : A bas le régime UNIR/RPT – UFC – CPP !
• A bas l’Assemblée croupion issue de la mascarade électorale du 25 juillet 2013 : boycott et démission des « députés » qui prétendent parler au nom du peuple togolais !
• Libération inconditionnelle et immédiate des démocrates arbitrairement emprisonnés !
• Réouverture de toutes les radios arbitrairement fermées : Radio Légende et X Solaire !
• Satisfaction des justes revendications présentées par les organisations syndicales de travailleurs et d’étudiants.
• Assemblée constituante souveraine pour que le peuple togolais puisse élire ses propres représentants !


Lomé, le 3 octobre 2013
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination


Claude AMEGANVI

 Vingt-trois ans après le soulèvement populaire, quels bilans et perspectives pour la révolution togolaise trahie ? (Parti des Travailleurs du Togo)

commentaires

Zorro Del Web 10/11/2013 16:38

Incendies des marchés au Togo, trois nouvelles inculpations dans les rangs de l’opposition.
Sans surprise aucune la justice togolaise vient d’inculper Claude Améganvi du Parti des Travailleurs, Eric Dupuy et Alexandre Amorin de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dans la ténébreuse affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara. La justice togolaise par ces nouvelles inculpations reste fidèle à sa manie de biaiser le droit et d’être plutôt un instrument de répressions judiciaires et de règlements de comptes politiques en fonction des désirs de l’Exécutif contre de paisibles citoyens.
Le Togo ne manque aucune occasion pour prouver au monde qu’il est un Etat policier. Une simple présentation chez le doyen des juges d’instruction de trois responsables politiques sous forte protection de la police, de la gendarmerie et d’autres unités spéciales avec leur armada habituelle, grenades lacrymogènes, matraques et autres, c’est ça le Togo. Un dispositif juste pour impressionner « les futurs inculpés » qui ne devraient pas s’étonner de l’issue de cette audience malgré son côté non sens. Un dispositif plutôt « sauvage » destiné à intimider les militants de l’opposition qui ont toujours manifesté leur soutien aux responsables inculpés du Collectif Sauvons le Togo (CST).
Une audience de presque trois heures d’horloge pour arriver aux résultats que tout le monde savait ; de la fantaisie judiciaire qui est en réalité une insulte à l’intelligence des togolais.
Sans trop revenir sur les détails de ce dossier, le juge estime que ces trois responsables sont inculpés parce que cités par le principal témoin, Mohamed Loum alias toussaint Tomety. Un témoin qu’il n’est plus besoin de rappeler a soutenu avoir porté ces accusations sous le coup de la torture. Il n’y a qu’au Togo où un juge ne sait pas que quand un inculpé fait de telles déclarations, toute la procédure est mise entre parenthèse pour ouvrir d’abord une enquête sur les allégations de torture avant la reprise de l’instruction.
Dans le cas d’espèce, il est à rappeler que Monsieur Alexandre Amorin n’est pas au Togo quand les marchés ont été incendiés de sources proches de son parti, à moins que nos juges estiment qu’on peut avoir le don d’ubiquité, être ailleurs et commandité des incendies. A supposer que ça soit une éventualité quelles sont les enquêtes que les fameux juges ont mené pour inculper quelqu’un qui n’était pas sur le territoire au moment des faits et qui n’était d’ailleurs à l’audience de ce matin parce que toujours à l’extérieur ?

Deuxième exemple, Monsieur Claude Améganvi comme il a eu à le rappeler dans un communiqué, son parti avait déjà démissionné du Collectif avant les incendies. Comment le juge peut –il justifier cette inculpation totalement fantaisiste ?
Il est quand même extraordinaire que pendant qu’une grande majorité de l’opinion togolaise est convaincue que les auteurs de ces actes criminels sont ailleurs et du côté du pouvoir, la justice ne se donne même pas de la peine d’explorer cette piste en écoutant quelques responsables notamment les ministres de la sécurité, de l’administration territoriale, la directrice du marché ne serait-ce que pour faire semblant.
La justice en refusant de répondre aux interrogations légitimes du commun des togolais prouve qu’elle est en pleine comédie en s’amusant dangereusement avec la vie des citoyens.
Que dit la justice sur les déclarations de la Directrice du marché de Lomé à la veille de l’incendie ?
Comment la justice explique que certains commerçants ont pu sécuriser leurs marchandises ?
Pourquoi la justice ne dit pas aux togolais où est passée la brigade motorisée le soir du drame ?
Que dit la justice sur le fait que les pompiers ghanéens ont été empêchés pendant des heures d’accéder au sol togolais pour éteindre le feu ?
Que dit la justice de l’utilisation du kérosène pour incendier le marché de Lomé ?
Voila une partie des interrogations que les togolais posent sans aucune réponse de la part de ces juges qui soutiennent poursuivre une instruction aussi bancale qu’aberrante.
Cet entêtement de poursuivre une procédure telle l’autruche, la tête enfouie dans le sable, malgré les interpellations de l’opinion nationale et internationale, prouve à suffisance que cette affaire des incendies reste un acte terroriste pensé, planifié et exécuté par des individus assurés d’une totale impunité dans un pays de non droit.
La même justice ne daigne lever le petit doigt pour trouver les assassins de Etienne Yakanou, militant de l’ANC, détenu dans cette affaire et décédé dans des conditions troubles dans les mains de la gendarmerie togolaise. Et pourtant c’est le même dossier.
Un pays sans morale, sans justice, sans vérité reste une jungle où les forts ne sont pas fatigués de bouffer les faibles sans jamais se rassasiés et c’est malheureusement le cas du Togo.
Tel ce scénario sordide est monté avec son lot fantaisistes d’inculpations avec des restrictions totalement insensées du genre « interdiction de sortir du pays sans avis judiciaire » ou encore « interdiction de parler de ce dossier », tel sera le procès si les autorités togolaises daignent en faire un.

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