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Centrafrique : Tirs fratricides entre Tchadiens et Burundais au sein de la Misca (AFP)

par AFP 25 Décembre 2013, 12:39 Centrafrique Tchad Burundi Séléka Bangui Misca France Sangaris

Centrafrique : Tirs fratricides entre Tchadiens et Burundais au sein de la Misca (AFP)
Centrafrique : Tirs fratricides entre Tchadiens et Burundais au sein de la Misca

AFP

BUJUMBURA (© 2013 AFP) - Des soldats tchadiens et burundais de la force africaine en Centrafrique (Misca) se sont affrontés à Bangui, suscitant de nouvelles interrogations sur l'attitude du contingent tchadien, alors que les habitants de la capitale se préparaient mardi à un réveillon de Noël sous couvre-feu.

Des éléments tchadiens ont lancé une grenade en direction des Burundais alors que ceux-ci venaient d'intercepter six ex-rebelles Séléka, lundi après-midi dans un quartier nord de Bangui, a révélé mardi matin le chef du contingent burundais, le lieutenant-colonel Pontien Hakizimana.

La grenade a explosé sans faire de dégâts. Les militaires burundais ont "fait preuve de retenue", mais des soldats de l'avant-garde ont tout de même essuyé des coups de feu et répliqué, blessant trois Tchadiens, selon cet officier.

"Les soldats tchadiens sont repartis avec les six ex-Séléka, en tirant dans tous les sens", puis ils "sont revenus en force dans l'après-midi et ont attaqué nos positions, mais nous les avons repoussés sans aucun problème", a-t-il poursuivi.

"Les soldats du contingent burundais sont très disciplinés et aguerris et n'ont aucune responsabilité dans les incidents d'hier", a souligné le lieutenant-colonel Hakizimana, ajoutant : "nous n'avons aucun contentieux avec aucune partie de la population centrafricaine, nous".

L'incident est peu ordinaire: des soldats de la paix qui se tirent dessus entre eux. Il pose une nouvelle fois la question de l'attitude du contingent tchadien de la Misca (850 hommes sur les 3.700 au total), vu par de nombreux Banguissois comme "complice" des ex-Séléka (à dominante musulmane) au pouvoir. Et s'ajoute à d'autres incidents impliquant les troupes de N'Djamena. Lundi matin, une patrouille tchadienne avait brièvement ouvert le feu sur quelques milliers de manifestants rassemblés devant l'aéroport, faisant un mort.

Traditionnellement très influent en République centrafricaine (RCA), le Tchad du président Idriss Déby Itno est le premier partenaire de la France dans ses efforts pour rétablir la paix dans le pays. La défiance croissante des Centrafricains envers le contingent tchadien complique encore un peu plus la tâche des 1.600 militaires français déployés sur place depuis début décembre.

Un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre à Bangui et en province, selon Amnesty international, dans les attaques des milices chrétiennes d'autodéfense "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et dans des représailles de la Séléka contre la population.

Les violences ont repris depuis la fin de semaine dernière dans la capitale, où les tensions intercommunautaires restent très vives et la situation extrêmement volatile.

Des bonnets rouges de père noël

Les patrouilles des soldats français et des troupes africaines ne suffisent pas pour étouffer les haines et éteindre les nombreux incidents qui éclatent quotidiennement au coeur des quartiers de Bangui. Ces violences, dont beaucoup visent des civils musulmans, alimentent en contrecoup l'hostilité de cette minorité envers les soldats français, accusés de favoriser les chrétiens....

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