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France : Foccart au placard, focus sur les nouveaux "conseillers Afrique" (JAI)

par JAI 6 Décembre 2013, 17:12 Hélène Legal Thomas Mélonio Benoît Puga Cédric Lewandowski Conseillers Afrique

France : Foccart au placard, focus sur les nouveaux "conseillers Afrique" (JAI)
France : Foccart au placard, focus sur les nouveaux "conseillers Afrique"

JAI

L'Élysée comme les ministères de l'Intérieur et de la Défense abritent des conseillers spécialistes de l'Afrique. Mais fini le temps des éminences grises et des cabinets de l'ombre. Du moins en théorie...

Hélène Le Gal

Conseillère Afrique à la présidence de la République

Elle est la première femme à occuper ce poste. À 46 ans, elle est aussi plus jeune que ses prédécesseurs. Beaucoup ont donc été surpris, en mai 2012, lorsque François Hollande a nommé Hélène Le Gal "Madame Afrique" (elle préfère le titre de "conseillère") au sein de la cellule diplomatique de l'Élysée, dirigée par Paul Jean-Ortiz. Un poste longtemps occupé par des personnages présumés sulfureux, dont le plus célèbre fut Jacques Foccart (de 1958 à 1974), figure de proue de la Françafrique. Un poste, aussi, que cette diplomate de carrière, discrète et placide, a reçu pour mission de rafraîchir.

C'est en Afrique qu'elle a débuté, comme deuxième secrétaire de l'ambassade de France à Ouagadougou (1988-1990), avant d'être promue conseillère technique du ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie (2000-2002) dans le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, puis sous-directrice Afrique centrale et orientale au Quai d'Orsay (2005-2009).

Hélène Le Gal aurait pu devenir ambassadrice, fin 2011, à Kigali, si une mésentente entre Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, et les autorités rwandaises n'avait fait capoter sa nomination. Six mois et une élection présidentielle plus tard, elle entrait à l'Élysée.

Thomas Mélonio

Conseiller Afrique adjoint à la présidence de la République

Ce trentenaire est l'un des symboles du rajeunissement de la politique africaine de François Hollande. Il présente un profil à la fois plus technique et plus politique qu'Hélène Le Gal, dont il est l'adjoint. Économiste, diplômé de l'École des hautes études commerciales (HEC) et de Sciences-Po, Thomas Mélonio était, jusqu'à sa nomination, chargé d'étude à l'Agence française de développement (AFD). Et en 2006, il a succédé à Guy Labertit comme responsable Afrique du Parti socialiste, mouvement qu'il représente au sein du comité Afrique de l'Internationale socialiste.

Il est aussi l'auteur d'un essai, Quelle politique africaine pour la France en 2012 ?, un plaidoyer pour une rénovation des relations franco-africaines publié en vue de l'élection présidentielle. "La coopération traditionnelle doit laisser place à des formes de partenariats plus modernes et plus lisibles", écrivait-il. Il entrera ensuite dans l'équipe de campagne du candidat Hollande comme chargé des politiques de développement.

Benoît Puga

Chef d'état-major particulier du président de la République

Avec le "démantèlement" de la cellule Afrique de l'Élysée, l'armée a pris du galon. D'abord chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy, le général Benoît Puga a été maintenu dans ses fonctions par François Hollande.

Cet ancien de la Légion étrangère, âgé de 60 ans, jouit d'une excellente réputation, qu'il doit à une très riche expérience du terrain, à un sens aigu de la stratégie et à son entregent. Ex-directeur du renseignement militaire, il a été en première ligne lors de la guerre en Libye. Il l'est resté au Mali, contre les jihadistes du Sahel, et en Centrafrique, où la France renforce son contingent.

Très influent, il a l'oreille du président, mais aussi sa confiance et son estime. Et ce en dépit de divergences idéologiques dont les deux hommes font abstraction.

Père de onze enfants, ce catholique traditionaliste a grandi dans le culte de l'armée, que son père servait comme lieutenant-colonel. Lycéen rebelle - chez les jésuites à Paris -, il s'est discipliné à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Puis a fait ses classes au Zaïre, avant de servir, entre autres, au Gabon, en Centrafrique, à Djibouti et au Tchad.

Cédric Lewandowski

Directeur de cabinet du ministre de la Défense

Il est fin connaisseur des questions de défense, et c'est un civil "militaro-compatible". Deux atouts qui ont convaincu Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, de le placer à la tête de son cabinet.

Énarque passé par Sciences-Po, Cédric Lewandowski, 44 ans, est réputé bosseur et peu bavard. Surtout, il dispose de solides réseaux. D'abord dans les milieux parlementaires, qu'il a fréquentés comme collaborateur du sénateur socialiste Alain Richard (1995-1997) ; ensuite dans les cénacles militaires, pour avoir suivi son mentor quand celui-ci était ministre de la Défense (1997-2000) ; enfin, dans le monde des affaires et la haute fonction publique, puisqu'il a été le bras droit de François Roussely, président d'EDF de 1998 à 2004.

Dès son retour à l'hôtel de Brienne, Cédric Lewandowski a habilement manoeuvré pour rééquilibrer les pouvoirs entre son ministre et l'état-major, qui, depuis un décret de 2009, détient l'essentiel de l'autorité sur l'armée. Si sa stratégie réussit bien à Jean-Yves Le Drian, l'un des ministres les plus en vue du gouvernement, elle n'en irrite pas moins les superétoilés qu'il côtoie tous les jours. Ces derniers vivent toujours difficilement la primauté du civil sur le militaire.

Ibrahima Diawadoh N'Jim

Chargé de mission affaires réservées et diversité au ministère de l'Intérieur

Rien ne prédestinait Ibrahima Diawadoh N'Jim, né il y a près de soixante ans à Kiffa, au milieu du désert mauritanien, à se retrouver sous les lambris de la République française. Et pourtant, il est aujourd'hui l'un des proches conseillers de Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, dont il est un ami de longue date.

À son arrivée en France, à la fin des années 1980, Ibrahima Diawadoh N'Jim s'installe à Évry, en banlieue parisienne. Professeur d'arabe dans le secondaire, le jeune homme, sensible aux idéaux de gauche, milite à la section locale du Parti socialiste. En 2001, il anime la campagne qui mènera Valls à la tête de la mairie. Les deux hommes ne se quitteront plus. Ce musulman, chargé des dossiers liés à l'intégration, à la diversité et au culte, fait preuve d'un tempérament calme et réfléchi, apprécié du patron de la Place Beauvau et de ses collègues.

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