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Iran. Le Congrès des Etats-Unis ne doit pas céder son pouvoir décisionnel d'entrer en guerre à Israël

par Sam La Touch 28 Décembre 2013, 07:38 Articles de Sam La Touch Iran USA Israël Guerre Nucléaire

Iran. Le Congrès des Etats-Unis ne doit pas céder son pouvoir décisionnel d'entrer en guerre à Israël
Iran. Le Congrès ne doit pas céder son pouvoir décisionnel d'entrer en guerre à Israël

Par Sheldon Richman

Article originel :  Congress Must Not Cede Its War Power to Israel

Traduction SLT

Le peuple étatsunien doit savoir qu'un projet de loi bipartisan au Congrès va être soumis afin de permettre aux États-Unis d'entrer en guerre contre l'Iran si Israël attaque la République islamique. "Le projet de loi confie toute décision sur le recours à une action militaire US au gouvernement d'Israël" a écrit l'expert Gary Sick à l'Université de Columbia Iran au sénateur Chuck Schumer (D-NY) - l'un des principaux sponsors du projet de loi- en signe de protestation.

On croit rêver à l'idée que le Congrès laisse un gouvernement étranger décider de l'entrée en guerre des USA. Voici un extrait du texte ( PDF ) :

Si le gouvernement d'Israël est obligé de prendre des mesures militaires en légitime défense contre le programme d'armement nucléaire de l'Iran, le gouvernement des États-Unis devrait soutenir Israël et fournir, conformément à la loi aux États-Unis et à la responsabilité constitutionnelle du Congrès autorisant l'utilisation de la force militaire, un soutien diplomatique, militaire et économique au gouvernement d'Israël dans sa défense de son territoire, de son peuple et de son existence.

Cette section est juridiquement non contraignante, mais étant donné le poids du principal soutien du projet de loi en dehors du Congrès - le Comité des affaires publiques étatsuno- israélien (AIPAC [PDF]), leader du lobby pro-israélien aux USA - ce sera une simple formalité. Depuis l'AIPAC veut que ce projet de loi soit adopté comme le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'oppose à des négociations étatsuniennes avec l'Iran et a menacé à plusieurs reprises d'attaquer la République islamique. Contre toute évidence, Netanyahu allègue que le but du programme nucléaire de l'Iran est de construire une arme pour attaquer Israël. L'Iran affirme que ses installations, qui sont régulièrement inspectées, le sont à des fins pacifiques et civiles : la production d'électricité et la production d'isotopes médicaux.


Le projet de loi, dont les autres principaux sponsors sont le sénateur Robert Menendez (D- NJ) et le sénateur Mark Kirk (R-IL), dispose d'un total de 26 co-parrains au Sénat. Si ce projet passe, lorsque le Sénat reprendra ses travaux en Janvier, cela pourrait provoquer un conflit historique entre le Congrès et le président Obama, dont l'administration est engagée dans des négociations avec l'Iran en ce moment. En dehors de déclarer que le gouvernement étatsunien devrait aider Israël s'il attaque l'Iran, le projet de loi imposerait aussi de nouvelles sanctions économiques sur le peuple iranien.


Obama a demandé au Sénat de ne pas imposer des sanctions supplémentaires tandis que son administration et cinq autres gouvernements négocient avec l'Iran sur un règlement permanent de la question nucléaire. Un accord intérimaire de six mois est maintenant en vigueur, une disposition qui interdit de nouvelles sanctions à l'Iran. "Le projet de loi [Menendez-Schumer-Kirk] permet à Obama de renoncer à de nouvelles sanctions au cours des négociations actuelles en certifiant tous les 30 jours que l'Iran se conforme à l'accord de Genève et de négocier de bonne foi sur un accord final" écrit Ali Gharib dans le magazine Foreign Poicy. Ce serait effectivement donner au Congrès le pouvoir de saper les négociations. En tant que ministre des Affaires étrangères iranien, Javad Zarif, a déclaré au magazine Time, si le Congrès impose de nouvelles sanctions, même si elles sont retardées de six mois, " La transaction entière sera nulle et non avenue. Nous n'aimons pas négocier sous la contrainte".

De toute évidence, le projet de loi est conçu pour détruire les négociations avec l'Iran, qui est pieds et mains liés par la nécessité de démontrer que son programme nucléaire n'a pas de finalités militaires. Les partisans étatsuniens de Netanyahu et d'Israël au sein et en dehors du Congrès détestent la perspective d'un rapprochement étatsuno-iranien, après 34 ans de guerre étatsuno-israélienne clandestine et par procuration contre l'Iran, dont la révolution islamique de 1979 a suivi un quart de siècle de brutalité de la part d'un des monarques soutenus par les États-Unis. Le gouvernement israélien, l'AIPAC, et les républicains et les démocrates qui font leur quatre volontés au Congrès sont officiellement opposés à tout accord qui laisserait intacte la capacité de l'Iran à enrichir de l'uranium, même à de faibles niveaux à des fins civiles pacifiques. Mais insister pour que l'Iran cesse tout enrichissement d'uranium équivaut à effacer toute chance d'un règlement pacifique avec l'Iran et faire en sorte que la guerre soit l'issue la plus probable. C'est ce que ce projet de loi tente de mettre en place.

Les citoyens US devraient refuser de laisser le Congrès donner à Israël le pouvoir d'entraîner les États-Unis dans la guerre. Les services de renseignement US et israéliens ont déclaré à plusieurs reprises que l'Iran n'avait pas de programme d'armes nucléaires. Bien que l'Iran soutient les Palestiniens, qui vivent sous l'occupation israélienne, il n'a pas menacé Israël, qui, rappelez-vous, est une puissance nucléaire.

Mais même si l'Iran était une menace pour Israël, cela ne justifierait pas de laisser un gouvernement étranger nous dicter quand nous devons entrer en guerre.

Sheldon Richman est vice-président de la Future of Freedom Fondation (FFF) et rédacteur en chef de la revue mensuelle de la FFF, Future of Freedom.

Traduction SLT

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