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Plan de partition de la RDC à Kampala: Kinshasa à l’épreuve de son opinion publique (Le Potentiel)

par Le Potentiel 11 Décembre 2013, 19:27 RDC Ouganda Rwanda ONU

Plan de partition de la RDC à Kampala: Kinshasa à l’épreuve de son opinion publique (Le Potentiel)
Plan de partition de la RDC à Kampala: Kinshasa à l’épreuve de son opinion publique
Le Potentiel

Faire avaler la pilule de la partition subtile de la RDC à une opinion publique hostile à ce plan est le nouveau défi de l’atterrissage des pourparlers de Kampala. Déterminée à arriver à ses fins, la communauté internationale a ressuscité le programme de redéfinition des frontières africaines, endossé par l’UA en 2007. Ce détour passe par l’organisation d’un dialogue global au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Toutes les stratégies (manip., offres, séduction, etc.) sont mises en place pour convaincre l’opinion congolaise d’accepter le plan de balkanisation concocté à Kampala. Connaissant la résistance des Congolais contre le plan de dépeçage du pays, les balkanisateurs de l’ex-colonie belge procèdent désormais par la manipulation en vue d’obtenir l’adhésion des populations, notamment de l’Est. Des projets de développement ronflant accompagnés d’un tapage publicitaire de choc, visent à endormir la population. Mais, l’opinion publique, toujours aux aguets, n’attend pas se laisser faire. Un message que Kinshasa doit prendre à juste titre, alors qu’il s’apprête à reprendre le chemin de Kampala. Le monde occidental accentue son lobby pour obtenir la partition de la République démocratique du Congo. C’est à Kampala où se concluent, probablement avant le 15 de ce mois, les pourparlers engagés entre Kinshasa et le M23 que se négocie finalement l’avenir de la RDC. La communauté internationale qui parraine ce dialogue ne cache plus ses intentions d’obtenir ce qu’elle n’a pas pu avoir par les armes. Le projet d’accord ou déclaration – c’est selon – en discussion a été élaboré et finalisé suivant cet idéal.

Plus prudent et sentant sûrement le danger d’un émiettement du pays, Kinshasa s’était ouvertement opposé, le 11 novembre 2013 à Entebbe (Ouganda), au projet d’accord présenté par la facilitation ougandaise.

Côté cour, Kinshasa a justifié son refus par l’intitulé du document devant sanctionner les négociations menées depuis décembre 2012 avec les ex-rebelles du M23. Par contre, côté jardin, certains observateurs de la région ont évoqué les craintes de Kinshasa d’apposer sa signature sur un document qui compromet, dans sa lettre tout comme dans son esprit, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.

Au fil du temps, l’on en sait un peu plus sur ce qui se passe à Kampala. Les dernières déclarations de l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, Russ Feingold, ponctuées par le projet de redéfinition des frontières africaines de l’Union africaine ont levé finalement le pan de voile sur ce qui se mijote dans la capitale ougandaise.

Tout compte fait, c’est encore et toujours – un peu comme en mars 2009 – Kinshasa qui sera le grand perdant des pourparlers de Kampala. En effet, au niveau de la facilitation ougandaise, tout est mis en place pour garantir une sortie honorable aux ex-rebelles du M23. Pire, dans ses dispositions les plus pertinentes, le projet d’accord élaboré par la facilitation ougandaise tente de reconnaître au M23 la jouissance d’une partie de l’Est de la RDC.

Tentative de soudoyer la Société civile

Selon des sources généralement bien informées, la communauté internationale, qui a juré de parvenir à cette fin, après avoir pesé de tout son poids dans la déchéance du M23, a mobilisé tous ses services. Le but est de préparer l’opinion congolaise à l’éventualité d’un accord taillé sur mesure, en ce qu’il fait la part belle au Rwanda et à l’Ouganda.

Réputée hostile à toute forme de partition et très active sur le terrain, la Société civile de la province du Nord-Kivu est la principale cible de la campagne que préparent les lobbyistes occidentaux. Tout est réglé comme une horloge pour faire adhérer davantage l’opinion congolaise au projet macabre de Kampala. Au-delà des pressions qu’ils ne cessent d’exercer sur Kinshasa pour faire adhérer l’opinion congolaise au plan de partition, les fossoyeurs de la RDC ont mis à contribution des institutions financières internationales pour des projets locaux. But : faire voir aux populations du Nord-Kivu que Kinshasa est loin et qu’ils peuvent s’organiser avec l’aide des partenaires extérieurs pour se développer et chasser le spectre des conflits armés.

Vu sous cet angle, l’urgence s’impose d’éveiller davantage la conscience populaire pour barrer la route à l’imposture qui se met en place dans la capitale ougandaise. Et la Société civile, principalement celle du Nord-Kivu, dont l’engagement dans la défense de la cause nationale n’est plus à démontrer, ne devait pas tomber sous le charme des vendeurs d’illusions, recrutés à différentes échelles internationales, pour faire passer la pilule amère de Kampala.

A dire vrai, Kampala est l’antithèse de la souveraineté de la RDC. C’est le lieu où se concocte, en des termes à peine voilés, la partition de la RDC. L’opinion congolaise est prévenue. Le combat pour la défense des terres congolaises, telles qu’héritées de la colonisation, n’est pas encore fini. Au contraire, il se poursuit ; les tenants de la thèse de la balkanisation de la RDC n’ayant pas encore désarmé.

Eviter le piège

En ce moment précis, que reste-t-il encore à négocier à Kampala ? Apparemment rien du tout. Kinshasa ayant gagné la guerre militairement, il n’y avait aucune raison de continuer à traiter avec un ennemi neutralisé. Ce n’est cependant pas le cas. En effet, tout le monde s’est ligué contre la RDC, la contraignant à conclure bon gré mal gré un accord avec un fantôme, ci-devant le M23.

A Kinshasa, l’on sait pertinemment bien que toute concession à l’ex-rébellion accréditerait la thèse - très répandue d’ailleurs - du double jeu des dirigeants congolais. Une telle démarche confirmerait d’une certaine manière l’existence d’un agenda caché sur l’axe Kinshasa-Kigali-Kampala.

Pendant ce temps, à Kinshasa, des pressions, généralement internationales, s’accentuent. Bouclant son dernier séjour dans l’Est, le président Joseph Kabila a émis le vœu de voir Kampala tirer ses rideaux avant le 15 décembre 2013.

Boucler Kampala, c’est bien – dans l’intérêt de la stabilité de la région des Grands Lacs. Mais, c’est mieux de conclure ce cycle de négociations avec un document qui ne porte pas en lui-même les germes d’un conflit latent. Comme ce fut d’ailleurs le cas avec l’accord du 23 mars 2009 à Goma, d’où est né le M23.

Acculé de toutes parts, Kinshasa n’a de soutien que son opinion publique. Raison de plus pour qu’il redouble d’ardeur et d’effort pour barrer la mise en route de la partition de la RDC qu’on tente de lui imposer. L’exemple immortel de Mandela devait raviver davantage cette fibre patriotique dans le cœur des Congolais. Tout doit être mis en œuvre pour la défense et la sauvegarde de la patrie, véritablement en danger, par le fait de ceux qui, depuis toujours, ont juré de son implosion et de sa balkanisation.

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