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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Rebonjour la Françafrique ! (Liberté)

par Djamel Bouatta 1 Décembre 2013, 07:06 Centrafrique France Françafrique Afrique Armée française Fabius

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Rebonjour la Françafrique ! (Liberté)

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE Rebonjour la Françafrique !
Par Djamel Bouatta
Liberté

Le renforcement de la présence militaire française en République centrafricaine est critiqué par le quotidien algérien Liberté. Le journal voit dans cette deuxième intervention française dans une ex-colonie une manière de s'imposer sur le continent africain.

Rebonjour la Françafrique! Alors que la guerre au Mali est encore vive dans les esprits, la France s'apprête à ouvrir un nouveau front en République centrafricaine (RCA). Il s'agirait d'une intervention coup de poing pour rétablir l'ordre et permettre une amélioration de la situation humanitaire, tente de rassurer Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense français, en annonçant l'envoi de 1 000 soldats à Bangui où est positionnée une base militaire tricolore avec un demi-millier d'hommes, des éléments de l'aviation et des blindés. Cette base est un reste de la Françafrique, expliquait le président François Hollande lorsqu'il a pris possession des clés de l'Elysée, avec l'engagement solennel d'en finir avec la politique de ses prédécesseurs.

Il n'aura pas fait mieux en bouclant la première année de son quinquennat par l'opération Serval au Mali où il a dépêché [en janvier 2013] une force de plus de 3 000 hommes pour chasser les djihadistes qui avaient investi avec une facilité déconcertante le nord de l'ancienne colonie française en Afrique de l'Ouest. Un scénario identique se déroule en RCA.

Le motif : depuis le renversement, le 24 mars 2013, du régime de François Bozizé par Michel Djotodia, la République centrafricaine est en proie à un chaos qui a consommé depuis quelques mois la fracture entre chrétiens, largement majoritaires, et musulmans. Les exactions à répétition de l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, qui a porté Michel Djotodia au pouvoir en mars, ont généré des tensions, poussant des populations chrétiennes à former des groupes d'autodéfense pour s'en prendre aux musulmans.

Le pays est au bord du génocide

Et c'est le cycle de représailles et de contre-représailles meurtrières entre milices chrétiennes d'autodéfense et ex-rebelles infiltrés par des éléments islamiques qui a provoqué la fuite de dizaines de milliers de villageois chrétiens et musulmans et fait craindre des massacres à grande échelle. La "bombe rwandaise" est prête à exploser. Le pays est au bord du génocide, a alerté l'ONU qui a entendu la mise en garde du président français devant l'Assemblée générale [le 24 septembre] à New York et accepté que la France joue dans ce pays le rôle qu'elle a joué au Mali.

Comme pour le Mali, l'ONU va accompagner l'intervention de la France dans son ex-colonie au cœur de l'Afrique. Le Conseil de sécurité doit en effet voter une résolution la semaine prochaine pour "légitimer" la deuxième équipée française en Afrique en moins d'une année. En RCA, l'Union africaine (UA) jouera également de faire-valoir avec ses forces. Mais, lorsqu'il a été demandé au ministre des Affaires Etrangères français ce que son pays va faire à Bangui, sa réponse est restée floue.

Un deuxième front en Afrique

Paris déclare qu'il faut distinguer les objectifs qui étaient visés au Mali de ceux recherchés en République centrafricaine : dans le premier cas, il s'agissait de libérer l'ex-colonie de l'Afrique de l'Ouest du terrorisme, dans l'ex-colonie de l'Afrique centrale, il s'agit reconstruire un pays. Paris jure que cette fois-ci ses soldats ne feront pas de vieux os, et qu'ils seront rapatriés d'ici à la fin de l'année. L'opération Serval devait prendre fin en juillet. Quelque 2 000 soldats français sont à demeure au Mali et ce n'est pas demain qu'ils plieront bagages – avec la résurgence du terrorisme à Gao, Kidal et Tombouctou, et l'absence de confiance entre Bamako et les Touaregs.

En France, si la guerre au Mali a soudé les rangs derrière François Hollande, l'ouverture d'un deuxième front en Afrique n'est pas du goût de tous. Si Hollande prend soin de souligner que sa nouvelle intervention vient en appui à une force africaine en constitution, elle apparaît en Afrique et ailleurs comme une manœuvre de la France pour s'affirmer sur la scène mondiale.

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