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République centrafricaine, les enjeux pétroliers d’un conflit (L'Humanité)

par Rosa Moussaoui 13 Décembre 2013, 16:21 France Centrafrique Françafrique Pétrole Sangaris Armée française

République centrafricaine, les enjeux pétroliers d’un conflit (L'Humanité)
République centrafricaine, les enjeux pétroliers d’un conflit

L'Humanité

Le pays compte des gisements de cuivre, d’or, de diamant, d’uranium. Mais ce sont surtout ses potentialités pétrolières qui ont attisé les convoitises ces dernières années. Les facteurs de déstabilisation ne manquent pas en Centrafrique, pays enclavé subissant les répliques des conflits chez ses voisins, ex-colonie ruinée par des décennies de gabegie, de pillage et de violence politique. Dans cette équation, les ressources naturelles déjà exploitées ou potentielles aiguisent les appétits. Le pays compte des gisements de cuivre et d’or, le diamant dominant les industries extractives, avec 323 575 carats officiellement exportés en 2011. Officiellement, car plus de la moitié de la production diamantifère échappe au contrôle de l’État, alimentant la contrebande. L’uranium, en revanche, n’est pas encore exploité. À l’automne 2011, le géant nucléaire français Areva annonçait le report « d’un à deux ans » de la mise en exploitation de la mine de Bakouma, dans le Sud-Est, acquise en 2007 à la faveur du rachat de la société canadienne Uramin. Mais ce sont surtout les potentialités pétrolières du pays qui ont attisé les convoitises ces dernières années. Si les premiers forages, réalisés par le géant américain Conoco, remontent à 1979, c’est seulement sous le régime d’Ange-Félix Patassé qu’un permis d’exploration couvrant le nord-ouest du territoire a été signé avec la compagnie américaine Grynberg, sans suites jusqu’à ce que le régime de François Bozizé proclame l’expiration de ce permis. Le président aujourd’hui déchu s’est tourné, en 2011, vers Pékin, en confiant à la China National Petroleum Corporation (CNPC) l’exploration pétrolière à Gordil et Boromata, dans la région de la Vakaga, frontalière du Tchad et du Soudan, berceau de la rébellion Séléka.

Jamais le peuple centrafricain n’a profité des richesses de son sous-sol. Le calvaire qu’il endure aujourd’hui n’est sans doute pas sans lien avec la guerre économique pour le contrôle des ressources sur le continent.

Rosa Moussaoui

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