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SASSOU JOUE DE L’HUMILIATION ET L’INTIMIDATION AVEC NTSOUROU par Benjamin BILOMBOT BITADYS

par Benjamin BILOMBOT BITADYS 21 Décembre 2013, 17:58 Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Dictature Marcel Ntsourou

SASSOU JOUE DE L’HUMILIATION ET L’INTIMIDATION AVEC NTSOUROU par Benjamin BILOMBOT BITADYS
SASSOU JOUE DE L’HUMILIATION ET L’INTIMIDATION AVEC NTSOUROU
Benjamin BILOMBOT BITADYS

L’Histoire politique du Congo-Brazzaville, depuis "l’indépendance", est
marquée du sceau de la violence. Et, dans cette violence qui est allée
crescendo, un homme est toujours en embuscade : Denis Sassou Nguesso.
Plusieurs hommes politiques ont été victimes de cette violence avec en
prime l’ultime humiliation. Kinganga Siroco, Ange Diawara, Ikoko, Pierre
Anga, Marien Ngouabi, Cardinal Emile Biayenda, Alphonse Massamba
Débat... Le dernier à subir les affres de cette violence dont, il a été
l’une des chevilles ouvrières, à un moment donné de l’Histoire du
Congo-Brazzaville, est le colonel téké Marcel Ntsourou.
Ntsourou arrêté,
Ntsourou humilié.


Pour le colonel téké Marcel Ntsourou, le répit aura été de courte durée.
Le 16 décembre 2013 au matin, Denis Sassou Nguesso s’est délesté de son
uniforme d’homme de paix et de négociateur des crises en Afrique
centrale. En plein centre-ville de la capitale du Congo-Brazzaville, une
démonstration de force a été ordonnée par Sassou-Nguesso contre un homme
tombé en disgrâce et qui réclamait à cor et cri le grade de général.
Marcel Ntsourou avait personnifié et personnalisé son différend avec
Sassou Nguesso. Marcel Ntsourou n’avait pas de discours politique
élaboré. Toutes ses interventions sur les médias étaient axées autour de
sa personne, de sa souffrance et de sa marginalisation. Dès lors, les
populations du Congo-Brazzaville ne se sentaient nullement concernées
par le conflit qui l’opposait à ses anciens amis d’armes. En outre, les
populations du Congo-Brazzaville n’ont pas une petite cervelle. Elles ont en
mémoire les massacres de la région du Pool, des pays du Niari et les
Disparus du Beach dont le colonel Marcel Ntsourou a été l’un des plus
ardents artisans. Dès la fin des cérémonies des funérailles de Nelson
Mandela, Denis Sassou NGuesso s’est débarrassé définitivement de son
déguisement, encombrant, de pacifiste qu’il n’a jamais été. Sous son
vrai visage, celui du doublement putschiste, celui du déclencheur de
guerres civiles, d’attentats et assassinats en tous genres, il décida
d’employer la manière forte contre Marcel Ntsourou. Tirs à l’arme
lourde, survol de la capitale du prétendu-futur-pays-émergent par des
hélicoptères de combat pilotés par des ukrainiens, la poudre servie par
des mercenaires rwandais déguisés en soldats de l’armée congolaise ; le
sang congolais pouvait couler en abondance : près d’une centaine de
morts selon des sources qui ont requis l’anonymat, sans compter les blessés
(Congo-liberty.com, 18 décembre 2013).
Com a outrance
Marcel Ntsourou qui a usé et abusé des medias au point de dévoiler sa
stratégie à l’ennemi et adversaire, n’a eu la vie sauve que grâce à son
intervention sur les ondes de RFI. La communauté internationale ayant
été informée à temps, le clan au pouvoir aura été contrarié dans sa
stratégie d’élimination de Marcel Ntsourou. Car, les consignes étaient
claires : faire taire définitivement le colonel téké Marcel Ntsourou qui
commençait à avoir la langue fourchue. D’où l’humiliation faite à ce
colonel récalcitrant et téméraire dont les images, menottes aux
poignets, ont tourné en boucle sur Télé Congo. Et, pour couronner le
tout, le colonel Marcel Ntsourou, les mains liées, a été exhibé comme un
trophée dans la cellule de la DGST (Mwinda.org, 18 décembre 2013).
L’illusion de la force
Les casernes militaires du Congo-Brazzaville et la proximité avec Sassou
Nguesso permettent-ils des miracles et des régénérescences aussi
spectaculaires que les plus mystérieuses métamorphoses cachées dans la
nature ? Le comportement des hommes en uniformes proches du pouvoir
donnent le sentiment de toute-puissance. L’arrogance de Ntsourou hier et
aujourd’hui de Ndéngué, Obara, Obbouéndé, Oko Ngakala, Nianga Mbouala en
est la parfaite illustration. D’autres encore avant eux ont affiché le
même sentiment d’impunité avant de tomber dans l’anonymat (Mayoulou,
Ibala, Nguembo, Mbengo, Mbaou…). Le colonel Marcel Ntsourou s’est-il crû
être cette chenille qui se fait oublier dans sa chrysalide et, un beau
jour devenu papillon, surprend tout le monde par son envergure et
l’éclat de ses pigments. La caricature peut aussi être quasi mortelle
quand la victime s’y conforme. Elle devient elle-même caricaturale. Ce
qui a fini à
arriver au colonel téké Marcel Ntsourou, affublé à tort d’un costume de
super héros.
Message
Sassou Nguesso a adressé à la classe politique du Congo-Brazzaville, en
tonnant le feu et la foudre, un message on ne peut plus clair : « j’y
suis, j’y reste ». Et, même au-delà de 2016. A ceux qui lorgnent le
fauteuil de Sassou-Nguessso, leur sort est connu. Le message est passé
5/5. Aucun homme politique, de l’opposition comme de la majorité, n’a
osé lever le petit doigt. Seul, Ambroise Malonga s’est exprimé en
qualité d’avocat de Marcel Ntsourou. Les déclarations de Dzon, Okombi
Salissa, Miérassa, Kinfoussia, Tamba Tamba, Moukouéké, Massengo Tiassé
se font attendre. Ils rasent les murs. Les populations du
Congo-Brazzaville son traumatisées par la brutalité et la violence de
l’attaque du domicile du colonel Marcel Ntsourou. La disproportion des
moyens utilisés (blindés, hélicoptères de combat) pour l’interpellation
d’un homme, fut-il armé et entouré d’un carré d’irréductibles, a
pétrifié les populations
et les observateurs politiques. Dans ce contexte et ce climat de
terreur, quel homme politique du Congo-Brazzaville pourrait mobiliser
les populations contre le régime de Sassou Nguesso ?
Enfin l’enseignement qu’on peut tirer de ce duel est que si Ntsourou a
perdu la bataille militaire, Sassou n’a pas gagné la bataille
médiatique. Son image de médiateur et de sage a volé en éclats. Que les
partisans de Sassou ne s’avisent pas de « rouler les mécaniques ». En
définitive, les deux bouchers ont joué à « qui perd gagne » ou à « qui
gagne perd », c’est selon.
Benjamin BILOMBOT BITADYS

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