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Situation en Centrafrique. Le Drian contredit Hollande.

par Sam La Touch 13 Décembre 2013, 22:31 France Françafrique Centrafrique Articles de Sam La Touch Massacres Conflit inter-religieux

Situation en Centrafrique. Le Drian contredit Hollande.

En marge de sa visite du chantier du lycée François-Mitterrand, à Brasilia, première étape de sa visite d'Etat au Brésil, jeudi 12 décembre, François Hollande a confié ceci à quelques journalistes à propos de la situation à Bangui : « la nuit a été calme, la situation est progressivement sécurisée mais enfin il faut être très attentifs, prudents, vigilants et faire le désarmement jusqu'au bout. » (Le Monde 12.12.13 Centrafrique : "La situation est progressivement sécurisée", selon Hollande)

Alors que François Hollande avait déclaré hier que la situation redevenait sécurisée en Centrafrique, son ministre de la Défense, Le Drian, le contredit et témoigne de l'intensification des massacres ("la spirale de l'affrontement s'est aggravée"). "Qualifiant la Centrafrique de "pays à la dérive", M. Le Drian a prévenu des risques "d'anarchie" soulignant que la situation pouvait "déstabiliser toute la région en attirant des groupes criminels et terroristes". S'exprimant devant les soldats trois jours après la mort de deux des leurs, M. Le Drian a indiqué qu'il était venu "pour (leur) apporter tout le soutien de la nation qui est fière de ses soldats déployés en RCA".

Ces informations sont confirmées par les dépêches de plus en plus nombreuses qui font état de massacres importants. L'AFP a noté qu'en une semaine 600 personnes ont été tuées et qu'il y a eu 159.00 déplacés. Dans la majorité des cas il s'agit de musulmans victimes de représailles aveugles de la communauté chrétienne ou des milices anti-balaka qui se sentent les coudées franches depuis l'arrivée de l'armée française le 5 décembre. Un peu comme au Rwanda ? Hollande est-il allé au lycée François Mitterrand pour s'inspirer de l'exemple de son mentor ?
AFP 13.12.13 Le Drian en Centrafrique: "la spirale de l'affrontement s'est aggravée"
AFP 13.12.13 Plus de 600 morts en une semaine en Centrafrique (ONU)
Xinhua 13.12.13 Centrafrique : nouvelle journée de violences jeudi à Bangui, 10 civils musulmans tués par lynchage

Les soldats de la Séléka majoritairement musulmans se plaignent d'un désarmement unilatéral qui les exposent aux représailles de la population ou des milices anti-Balaka :
"De nombreux anciens Séléka ont ainsi été lynchés par des chrétiens peu de temps après avoir été désarmés, selon des témoignages. "La France est en train de commettre une grande erreur. Ils disent qu’ils sont là pour protéger les civils. Mais, un Séléka désarmé devient un civil. C'est un citoyen, pourquoi ne les protègent-t-ils pas? C'est injuste. L'armée française a pris la voie des chrétiens et laisse les musulmans en chemin. Elle n'est pas impartiale", a dit le commandant Adam Ali Mahamat. (Journal de Bangui)


Selon Le Monde, plus de 110 000 personnes vivent dans des camps dans des conditions très précaires à Bangui, dont 38 000 personnes à l'aéroport de la capitale où elles n'ont ni latrines ni abris, a souligné le porte-parole du HCR, Adrian Edwards.
L'AFP précise "Fuyant les violences de Bangui, environ 45.000 personnes s'entassent près de l'aéroport, cherchant la protection de l'armée française, dans des conditions sanitaires proches de la "catastrophe" selon les rares responsables humanitaires présents sur place. Une petite fille fait ses besoins devant quatre latrines. Elle n'a pas eu le courage d'attendre son tour. Les déplacés circulent par dizaines, certains masquant leur visage pour tenter d'échapper aux odeurs, entre les roseaux ou sur des petits chemins."


Voici une dépêche de Reuters qui illustre bien ce qui se passe actuellement en Centrafrique sous les yeux impuissants de l'armée française. Depuis la fuite des Séléka pourtant soutenus implicitement par le "chef de guerre" Hollande en mars 2013, le climat est à la vendetta contre la minorité musulmane qui est accusée d'avoir collaboré avec les "Séléka" majoritairement musulmans et dont un certain nombre sont d'origine tchadienne.

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BANGUI, Dec 13 (Reuters) L'attaque d'une milice en République centrafricaine tue 27 personnes (musulmanes)- Nations Unies


"Selon les déclarations faites vendredi par l'Organisation des Nations Unies, un groupe de miliciens a tué 27 musulmans dans un village de la République centrafricaine, lors d'une attaque, soulignant ainsi les difficultés rencontrées par les troupes françaises dans la stabilisation de leur ancienne colonie.

La milice chrétienne, connue sous le nom d'anti-Balaka, a tué des musulmans jeudi à Bohong, un village à environ 75 km (47 miles) de la ville occidentale de Bouar, selon les déclarations du bureau des droits de l'homme des Nations-Unies.

"La situation est également tendue dans plusieurs villes, dont Bouca, Bossangoa et Bozoum, où un cercle vicieux d'attaques et de représailles continue ", a-t-il été indiqué dans un courriel.

Les rebelles de la Séléka dont la plupart sont musulmans, ont pris le pouvoir en mars pour renverser le président François Bozizé. Ils ont été responsable d'une série d' abus, ce qui incite à la création de groupes de défense des chrétiens, qui à leur tou
r ont accru le conflit inter-religieux.


Les milices chrétiennes et des hommes armés fidèles à Bozizé ont attaqué la capitale la semaine dernière (au moment où la France lançait son intervention, ndlr), déclenchant de nouveaux cycles de meurtres et de représailles. Plus de 500 personnes sont mortes et 100 000 ont été déplacées de leurs foyers dans la seule de capitale, Bangui.

Les troupes françaises, qui sont maintenant au nombre de 1600 dans le pays, ont rétabli l'ordre dans Bangui et ont commencé à désarmer des hommes armés et s'installent dans d'autres villes. Mais les meurtres dans la ville de Bohong montre l'ampleur de la tâche qui attend l'armée française dans un pays de la taille de la France.

" Nous condamnons toute attaque contre des lieux de culte et contre la liberté religieuse, et nous exhortons toutes les communautés à faire preuve de retenue ", a déclaré le bureau des droits de l'homme de l'ONU dans une note d'information.

Le Centrafrique est riche en diamants, or et uranium, mais a connu peu de stabilité depuis cinq décennies. La France est intervenue depuis l'indépendance en 1960 plus que dans n'impor
te quelle de ses anciennes colonies..."

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