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Ves un monde multipolaire. La diplomatie active retrouve sa place sur l’échiquier mondial (RIA)

par RIA 17 Décembre 2013, 10:16 Diplomatie Russie USA

Ves un monde multipolaire. La diplomatie active retrouve sa place sur l’échiquier mondial (RIA)

La diplomatie active retrouve sa place sur l’échiquier mondial

Moskovskie Novosti
RIA Novosti. Eduard Pesov

MOSCOU, 11 décembre - RIA Novosti

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Le système bipolaire de l'époque de la Guerre froide, le triomphe des Etats-Unis dans les années 1990 puis les succès de l'intégration européenne semblaient avoir réduit les problèmes de politique étrangère de nombreux pays à une diplomatie formelle, écrit mercredi le quotidien Moskovskie Novosti.

Les questions de guerre et de paix, tout comme l'autonomie dans le choix des partenaires et des alliés, avaient été déléguées à un groupe de pays. Tout cela semblait poser les conditions d’une victoire de l'Occident.

"Il n'existe que deux Etats souverains dans le monde – les USA et la Russie", avait résumé un politicien européen à l’époque de la Guerre froide. Compte tenu de l'affaiblissement de la Russie, la géopolitique - comme jeu sur l'échiquier mondial – a ensuite disparu.

Par ailleurs, les échecs militaires américains en Irak et en Afghanistan ont défini les limites du leadership militaro-politique de Washington. La crise économique a également restreint le potentiel du modèle libéral occidental, poussé les USA à renoncer au rôle de "gendarme du monde", à se tourner vers les problèmes nationaux et a partiellement déplacé le centre du "pouvoir de l'argent" de la région euro-atlantique vers l'Asie-Pacifique.

De l'autre côté de la balance : les pays émergents des Brics et d'autres membres du G20 qui, face à l’affaiblissement des anciens leaders, commencent à revendiquer activement leur participation à la gouvernance mondiale.

Et voici que le Brésil et la Turquie proposent des solutions concernant l'Iran, que la Chine et le Japon entrent en conflit territorial, que la France mène une opération au Mali, que l'Arabie saoudite renonce à son siège au Conseil de sécurité des Nations unies en raison de l'influence insuffisante sur le processus de prise de décisions, alors que la Pologne et la Suède cherchent à jouer au nom de la "Grande Europe" dans le cadre du Partenariat oriental.

Sur le dossier syrien l'intérêt que la Russie avait à empêcher une attaque contre la Syrie et l'absence d'intérêt américain dans une offensive ont mené à une sorte de coalition souhaitant un règlement pacifique du conflit.

L'adhocratie (du latin ad hoc) comble le vide laissé par le retrait de la gouvernance globale. Ce modèle d’organisation extrêmement flexible, en règle générale éphémère, créée pour remplir cette tâche précise a été popularisé dans les années 1970 par le philosophe américain Alvin Toffler, et il convient parfaitement pour trouver des solutions dans les conditions du système mondial très chaotique et déstructuré des années 2010.

La Russie serait gagnante si l'adhocratie et la renaissance d’une géopolitique de ce genre triomphaient. Le pays a un fond idéologique faible et une puissance douce limitée. Pour l'instant, Moscou n’est pas un concurrent suffisamment confiant au niveau de la rhétorique et de la couverture médiatique de la politique. C'est pourquoi il est difficile pour la Russie de concourir à la formation de coalitions autour d’images politico-idéologiques.

En revanche, la Russie est plus que concurrentielle dans la maîtrise des règles du jeu diplomatique et leur application. A ce jeu il est crucial d'avoir une bonne appréciation de celui qui est susceptible de devenir un nouveau partenaire ou complice. Mais les prétendants sont de plus en plus nombreux dans ce nouveau monde interdépendant et "horizontal".

Aujourd'hui, après les succès syrien et iranien, les chances du retour de la géopolitique naissent dans d'autres régions. D'ici peu l'Ukraine, la mer de Chine orientale et l'Afghanistan pourraient se transformer en avant-poste pour une diplomatie pragmatique, au-delà de la Syrie et de l'Iran qui conservent toute leur importance.

http://fr.ria.ru/presse_russe/20131211/199993274.html

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