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Accaparement des terres:La Banque Mondiale encourage le vol (L'Autre Afrique)

par L'Autre Afrique 4 Janvier 2014, 08:36 Afrique Banque mondiale Accaparement des terres

Accaparement des terres:La Banque Mondiale encourage le vol  (L'Autre Afrique)
Accaparement des terres:La Banque Mondiale encourage le vol

L'Autre Afrique

L'accaparement des terres est un fléau qui frappe désormais tous les PED (pays en développement) et plus particulièrement ceux du continent africain. Or, comme le souligne fort justement l’ONG « GRAIN », selon une tradition multiséculaire, en Afrique « la terre ne se vend pas », c’est bien pourquoi, l’accaparement des terres apparaît d’une part, comme un facteur brutal de désorganisation sociale, politique et économique, et participe, d’autre part, à la perte, pour les pays concernés, de leur souveraineté alimentaire.

Dans les dix dernières années écoulées, rappelle OXFAM* « les investisseurs étrangers ont acheté tous les six jours une superficie de terres équivalente à celle de Londres ». Tous les indicateurs montrent que le phénomène est dans une phase de développement exponentiel. Pire même, il apparaît clairement que la situation, via les « aides » de la Banque Mondiale va connaître un pic encore jamais atteint. Plus que jamais les pays pauvres vont, encore une fois, être soumis au pillage par ceux qui, soutenus financièrement, auront les moyens de les dépecer.
En effet, dès qu’on assiste à une nouvelle tension sur les prix des denrées alimentaires, on observe, en parallèle, une explosion des investissements dans le secteur. Spéculation oblige…. Ainsi, note OXFAM « Entre la mi-2008 et 2009, le nombre de transactions foncières agricoles effectuées par des investisseurs étrangers a crû d’environ 20% ». Les pays riches, aux fins d’assurer leur propre sécurité alimentaire, se sont donc emparés d’incommensurables quantités de terres agraires, privant immédiatement les pays ciblés de leurs ressources alimentaires indispensables. La spéculation dominant, on connaît forcément le profil des acheteurs ; Il s’agit en effet des fonds de pension bien connus, des banques d’investissement, d’universités privées…La démarche spéculative veut que, parfois, pour attendre une remontée des prix, les terres soient, selon l’occasion, laissées en jachère et d’autres cultivées exclusivement pour l’exportation, peu importe : derrière les barbelés, ces terres ne sont plus accessibles, de toute façon, à ceux qui les cultivaient hier encore.
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’une telle politique, si elle venait à être poursuivie, engendrerait, dans les plus brefs délais, les plus grandes famines jamais enregistrées sur le continent. Ceci d’autant plus que, par effet de levier, l’accaparement des terres, et donc leur raréfaction pour les paysans locaux, par le double effet de la spéculation et de la baisse de l’offre, accroît les prix des denrées alimentaires.
Par ailleurs, ces accaparements se font dans la plus grande sauvagerie commerciale. En effet, il n’est jamais tenu aucun compte des intérêts immédiats des populations et rappelle encore OXFAM : « Il est évident qu’une grande partie de ces terres étaient utilisée pour l’agriculture à petite échelle, le pastoralisme et d’autres types d’utilisation de ressources naturelles ».
La Banque Mondiale soutient les accapareurs
Qui donc encourage et finance des plans aussi criminels ? La réponse est aussi glaçante qu’elle devrait être surprenante. En effet, principale source de financement pour tous les investissements fonciers, surtout concernant l’Afrique, chargée d’édicter les normes suivies par les investisseurs, c’est bien la Banque Mondiale qui est totalement engagée dans cette funeste entreprise.
OXFAM signale que « depuis 2008 ce sont déjà vingt et un plaintes formelles qui ont été déposées par des communautés touchées par des investissements de la Banque Mondiale. »
Toutes ces plaintes avancent les mêmes reproches : aucune concertation préalable, aucune information, et, dans la plupart des cas, expulsions forcées des populations locales, comme à Madagascar. Il n’est qu’à observer la montée en flèche des litiges traités par la Banque Mondiale pour être convaincu que nous sommes là devant un phénomène gravissime. Entre 2000 et 2010, ce ne sont pas moins de 60% des affaires traitées par IFC (International finance corporation) antenne financière de la Banque Mondiale qui concernaient l’accaparement des terres et des conflits fonciers.
Pour couronner le tout, outre ces engagements directs, l’ONG évoque également la participation de la Banque Mondiale à des financements d’investissements dans des conflits d’ordre foncier ainsi que son soutien à diverses sociétés bafouant les promesses faites auprès des communautés villageoises.
De son côté, la Banque Mondiale se défend, expliquant notamment que la plupart de ses prêts concerne de petits producteurs. Charge à l’observateur, sur le terrain, d’avoir les mêmes lunettes que la Banque Mondiale, pour voir, dans l’accaparement des terres, quelques « petits producteurs » qui se seraient glissés là, par le plus grand des hasards…
Toujours est-il que, dans l’état actuel des choses et au danger de famine qui se profile, on ne peut que se ranger à la demande de l’ONG qui demande urgemment à la Banque Mondiale un moratoire afin de tout mettre à plat et tirer les choses au clair.
Par François Charles, 3 décembre 2012

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