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La Monusco fait état des « informations crédibles » sur la résurgence du M23 (Le Potentiel)

par Le Potentiel 18 Janvier 2014, 06:16 RDC Rwanda M23

La Monusco fait état des « informations crédibles » sur la résurgence du M23 (Le Potentiel)
La Monusco fait état des « informations crédibles » sur la résurgence du M23

Le Potentiel

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies

Décapitée et mise en déroute en marge de l’offensive conjointe menée contre ses positions dans le Nord-Kivu, le M23 n’a cependant pas disparu. Bien au contraire, le mouvement rebelle se réorganise. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le chef de la Mission de l’ONU en RDC, Martin Kobler, a fait état des « informations crédibles » selon lesquelles le M23 a continué à recruter après les accords de paix conclus à Nairobi (Kenya), en décembre et est redevenu actif dans l’Ituri (Province Orientale).

Très engagée à côté des Forces armées de la RDC, la Monusco a dit cependant qu’elle ne laissera pas les rebelles du M23 reprendre leurs opérations. « Nous ne devons tolérer aucune résurgence militaire du M23. Nous ne devons pas tolérer de remise en cause des progrès accomplis jusqu’ici », a-t-il ajouté.

C’est la preuve que le M23 n’a jamais été véritablement vaincu. L’on se rappelle qu’après sa déroute dans le Nord-Kivu, plus d’un millier de ses combattants avait trouvé refuge en Ouganda voisin. Alors que l’opinion congolaise s’attendait à leur extradition en RDC, l’Ouganda leur a plutôt accordé un asile doré, promettant de leur fournir toute son aide – sans doute pour mieux se réorganiser, comme c’est le cas aujourd’hui.

Alors que la menace du M23 persistait toujours, embarqué par les pays de la CIRGL et la communauté internationale, Kinshasa a préféré curieusement d’endosser à Nairobi document formalisant la fin des pourparlers engagés depuis décembre 2012 avec le M23.

Aujourd’hui que des indices évidents attestent de la résurgence du M23, Kinshasa risque de se retrouver - comme dans bien d’autres circonstances d’ailleurs – faisant le dindon de la farce. Car, en tout lieu, le Rwanda et l’Ouganda n’ont jamais rompu le lien avec le M23. La persistance de Kampala à garder sur le sol ougandais les fugitifs devait réconforter davantage Kinshasa.

Malheureusement, comme frappé d’amnésie, Kinshasa a cru, l’on ne sait pour quelle raison, à la bonne foi aussi bien de Kigali que de Kampala. Il paie aujourd’hui le prix de ses propres turpitudes.

Créé en mai 2012, les rebelles du M23 avaient occupé pendant plus d’une année les territoires de Nyiragongo et Rutshuru, au Nord-Kivu. En novembre de la même année, ils avaient brièvement occupé la ville de Goma, avant de s’en retirer en contrepartie des négociations de Kampala. Ils ont été par la suite mis en déroute début novembre 2013 par l’armée congolaise appuyée par la Brigade d’intervention de la Monusco.

Martin Kobler a invité les gouvernements ougandais et rwandais à tout faire pour éviter que des éléments du M23 ne trouvent refuge ou ne s’entraînent sur leur territoire. Certains ex-combattants de ce mouvement rebelle se sont rendus à l’armée. D’autres ont trouvé refuge dans des pays voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Ces deux pays sont accusés par des experts de l’ONU et plusieurs ONG de soutenir le M23. Ce qu’ils ont toujours nié.

Martin Kobler a aussi encouragé les forces (gouvernementales) congolaises à faire davantage et à mieux coopérer avec la Monusco dans la lutte contre les rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Après avoir « dégagé quelques positions », la Monusco « prépare de nouvelles opérations » contre les FDLR, a-t-il indiqué. De même, Martin Kobler a annoncé « que des actions militaires devraient être menées bientôt » contre les rebelles ougandais des ADF-Nalu, un autre groupe armé actif dans l’Est de la RDC.

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