Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Syrie loyaliste : grand vainqueur de la Bataille de Montreux (Bahar Kimyongür)

par Bahar Kimyongür 28 Janvier 2014, 19:19 Syrie Suisse Montreux Genève 2

La Syrie loyaliste : grand vainqueur de la Bataille de Montreux

Bahar Kimyongür

L’histoire retiendra sans doute davantage la Bataille de Montereau qui opposa il y a juste deux siècles, les troupes de Napoléon aux Autrichiens alliés aux Wurtembourgeois que son nouveau patronyme, la “Bataille de Montreux” où s’affrontent actuellement les Syriens loyalistes et les Syriens dissidents.

Nul n’ignorait que la conférence pour la paix en Syrie qui se tient dans la ville suisse n’aboutira pas à la fin des hostilités qui déchirent le pays depuis trois ans.

Mais nous pouvons toutefois nous réjouir pour une raison : c’est la première bataille inter-syrienne où le sang des Syriens n’a pas coulé.

Aujourd’hui, c’est peu de le dire, au bord du Lac Léman, pour la première fois, des Syriens aux convictions inconciliables s’affrontent sur le terrain diplomatique en face à face.

Si nous regardons le résultat de la bataille au terme des trois premiers jours d’escarmouches, nous pouvons dire que la Syrie souveraine est d’ores et déjà la grande gagnante.

D’abord parce que la délégation syrienne tout comme les expatriés syriens venus manifester leur soutien ont affiché une discipline et une fermeté qui ont cruellement manqué à leurs adversaires.

En trois ans d’activité, les Syriens anti-régime n’ont fait au contraire que se quereller et se diviser, tandis que la Syrie loyaliste, isolée et assiégée, a résisté comme un seul homme avec une combativité qui a stupéfait autant ses fidèles amis que ses plus farouches adversaires.

L’opposition syrienne était logiquement annoncée perdante avant même le début de la partie non seulement en raison de querelles de chapelle et de l’égo surdimensionné de certains de ses leaders mais également parce qu’elle s’est laissée corrompre par les riches donateurs du Golfe, elle s’est laissé mener par le bout du nez par les puissances occidentales et elle s’est laissé déborder par de monstrueux fanatiques.

Que peut proposer ou demander une opposition qui n’est plus que l’ombre d’elle-même face à une équipe solide ?

La faiblesse idéologique, politique et morale de l’opposition s’est faite sentir à travers le discours insipide et inconsistant d’Ahmad Jarba, le chef de la Coalition nationale syrienne.

Se contentant de remâcher des formules abstraites sur la création d’une instance de transition (avec Al Qaïda et l’Arabie saoudite ?) Jarba a fait pâle figure face au discours énergique du chef de la délégation de la République arabe syrienne Walid al Mouallem.

La Bataille de Montreux a en outre donné une visibilité aux Syriens patriotes venus soutenir leur délégation. Le monde a pu ainsi voir que la Syrie loyaliste n’est pas cette caricature que l’on nous décrit depuis trois ans, à savoir une dictature où un chef “déconnecté de la réalité” et de son peuple décide tout seul et de tout.

Quant à l’exclusion de l’Iran des négociations de Montreux, elle n’a pas empêché le président iranien Hassan Rouhani de s’inviter au débat en avançant ses arguments depuis Davos, ville suisse située à quelque 300 kilomètres plus à l’est. Et elle n’empêchera pas l’Iran de revenir à la table des négociations ultérieurement en temps voulu.

En guise de conclusion, nous pouvons dire qu’après trois jours de débats, la Syrie souveraine a fait la différence par rapport à l’opposition pro-saoudienne pour une raison fondamentale : la première sait exactement ce qu’elle veut tandis que la deuxième sait juste ce qu’elle ne veut pas.

Bahar Kimyongür

24 janvier 2013

commentaires

gumy 29/01/2014 16:54

La victoire ne sera réelle qu'une fois les armes baissées et la recherche de la démocratie engagée par toutes les parties syriennes. Assad ne peut pas se prévaloir d'être innocent dans cette guerre atroce. De l'autre côté, l'erreur de départ fut de se laisser aller à la violence face au régime...puis de jouer aux guerriers sans armes en demandant aux étrangers, dont les islamistes extrémistes provenant de toutes origines et payés par les monarchies du Golfe, de venir combattre à leur côté. Plus grande erreur de stratégie ne pouvait exister. Les démocrates opposés au régime d'Assad ne pouvaient alors que tout perdre, leurs vies, leurs maisons, leur crédibilité. Le drame est immense. Et aujourd'hui, Assad doit dire clairement qu'il partira une fois qu'il aura aidé à faire la paix. C'est son devoir de souverain qui a failli dans la gestion de cette crise transformée en guerre internationale sur un territoire qui n'appartient qu'aux Syriens et à eux seuls. A Assad de trouver les mots qui donneront une chance à la paix de se faire. A Assad d'assumer sa part de responsabilité dans les atrocités commises. A Assad de s'en aller en homme une fois la fin de la guerre devenue réalité pour tout le peuple syrien. Il ne peut rester au pouvoir. Beaucoup trop de sang a été versé par sa faute aussi. Il est grand temps que tout cela cesse. Bonne chance à tous les Syriens et Syriennes en recherche de paix et de démocratie.

Haut de page