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Le "chef de guerre" Hollande rencontre le "dictateur" Sassou Nguesso à l'Elysée

par Benjamin BILOMBOT BITADYS 15 Janvier 2014, 18:36 France Françafrique Sassou Nguesso François Hollande

Le "chef de guerre" Hollande rencontre le "dictateur" Sassou Nguesso à l'Elysée
HOLLANDE/SASSOU : UNE RENCONTRE AU FORCEPS
Par Benjamin BILOMBOT BITADYS

Le voyage d’un chef d’Etat africain en France est un événement important. On pensait le complexe du colonisé exorcisé chez l’homme politique africain. C’était sans compter avec ce qu’Albert Memmi décrit dans le « portrait du colonisé » ou Frantz Fanon dans « Peaux noires, masques blancs. » En effet, le sursaut d’émancipation n’a pas eu lieu. Preuve que jamais la colonisation ne s’est mieux porté que depuis qu’elle a pris fin, en 1960. La « mère-patrie » continue de chaperonner les membres de son ancien Empire.
Deby leader incontesté de la sous-région
Le voyage qu’entreprend Sassou Nguesso à partir du 16 janvier 2014 à Paris revêt un caractère singulier. Car il intervient quelques semaines seulement après le sommet de l’Elysée du 5 et 6 décembre 2013 sur la RCA et quelques jours seulement après l’éviction des dirigeants intérimaires de la RCA (Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye) décidée à Ndjamena le 10 janvier 2014. Si la bataille pour le leadership de la sous-région d’Afrique centrale a tourné à l’avantage d’Idriss Déby du Tchad, Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, à la faveur de la crise de la RCA, n’en a pas moins profité.
L’occasion fait l’opportuniste
En jouant au pompier-pyromane, Idriss Déby et Sassou Nguesso se sont rendu incontournables. « Souffrez de nous aimer » ont dit, en chœur les deux autocrates de l’Afrique Centrale, conscients du sentiment de rejet qu’ils suscitent de la part de leurs populations respectives. Les divergences apparues entre la troïka (Hollande/Déby/Sassou) quant à l’envoi des casques bleus pour appuyer la MISCA à Bangui ont opéré un rapprochement des présidents français et congolais. « Moins je te calcule, plus je te veux à ma table » a dû soupirer Hollande obligé de se taper Sassou au cours d’un échange, les yeux dans les yeux. L’occasion fait l’opportuniste. Les milieux pétroliers ont donc saisi la balle au bond pour enfoncer le coin du voile françafricain afin d’obtenir un tête-à-tête. C’est donc bien confirmé, sauf annulation de dernière minute, Sassou Nguesso foulera le sol parisien le 16 janvier 2014.
Je t’invite à dîner chez toi
Le rendez-vous entre Hollande et Sassou avait été arraché au forceps grâce aux bons offices des milieux pétroliers au premier rang desquels figure Christophe de Margerie, ami personnel de Sassou et PDG de Total. Autant dire que Sassou invite Hollande à dîner à L’Elysée, i.e. dans le salon d’Hollande. Les milieux pétroliers ont réussi à convaincre l’hôte de l’Elysée de la nécessité de la continuité du pouvoir Sassou ou de son clan au delà de 2016. « Si ce n’est moi, c’est mon fils » pourrait jubiler le dictateur congolais s’il avait lu La Fontaine. Les importants investissements dans le gisement Moho Bilondo Nord (offshore profond) exige la stabilité du pays. Bien entendu, il est loin de l’esprit des pétroliers que cette stabilité peut être remise en cause en faisant jouer les prolongations à Sassou au-delà de 2016. Pour les milieux pétroliers, Sassou est l’homme de la situation car , il tient le
Congo-Brazzaville d’une main de fer dans un gant d’acier. Une belle victoire pour le clan Sassou et une douche froide pour la société civile et la diasporas du Congo-Brazzaville.
Emplettes compulsives
Les deux chefs d’Etat se rencontreront encore une fois à l’Elysée aux alentours du 17. D’après congo-liberty.com, Claudia est à Paris depuis près d’une semaine et partage son temps entre lobbying intensif pour son father (avec la distribution d’enveloppes qui vont avec) et achats luxueux dans ses boutiques préférées. Les membres du clan profitent pour faire leurs emplettes aux frais de la princesse. C’est aussi l’occasion pour Sassou de tâter le terrain et pousser les pions de son projet de modification constitutionnelle ou de placer sur orbite son fiston Christel Nguesso. C’est aussi une stratégie pour conjurer un triste sort qui a été juridiquement fatal pour son Alter Ego, Jean-Pierre Bemba, qui croupit dans les geôles de La Haye pour crime contre l’humanité.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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