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Le rêve nigérien d'un nouveau contrat avec Areva connait des difficultés (Xinhua)

par Xinhua 2 Janvier 2014, 08:30 Niger Areva France Uranium Nucléaire

Le rêve nigérien d'un nouveau contrat avec Areva connait des difficultés (Xinhua)
Le rêve nigérien d'un nouveau contrat avec Areva connait des difficultés
Xinhua

Les discussions entre le groupe nucléaire français Areva et le gouvernement nigérien, qui doivent aboutir depuis le 31 décembre dernier, date butoir, sur la conclusion d'un nouveau contrat d'exploitation de son uranium, semblent avoir du plomb dans l'aile, de l'avis général des populations nigériennes.

Areva exploite depuis plus de 40 ans, à travers ses filiales la Somaïr, la Cominac et bientôt Imouraren, les gisements d'uranium d'Arlit, dans la région d'Agadez (extrême nord). Le contrat qui lie les deux parties depuis plusieurs décennies est arrivé à terme le 31 décembre 2013, le gouvernement nigérien exigea la révision du partenariat pour la conclusion d'un autre, pour les dix prochaines années, qu'il souhaite "meilleur".

Pour les Nigériens, c'est une occasion unique pour leur gouvernement d'imposer au numéro un mondial de l'uranium civil, sa nouvelle réglementation fiscale, plus avantageuse pour leur pays, l'un des derniers du monde, selon l'Indice de Développement humain.

Jusqu'à présent, rien n'a filtré des négociations qui se poursuivent, faisant place à toutes les spéculations au sein des populations.

Le groupe Areva, au mépris de la législation nigérienne, refuse de se conformer aux textes en vigueur au Niger en la matière, prétextant que l'ancien contrat qui le lie au Niger court jusqu'en 2043.

De sources proches du dossier, Areva n'entend cautionner aucune hausse de fiscalité. Pour le groupe français, les mines nigériennes ne sont plus rentables. A cela vient s'ajouter la chute des cours mondiaux de l'uranium.

Certains médias français ont même annoncé, en ciant des sources proches de la direction d'Areva à Paris, la fermeture sous peu des deux sociétés locales, Cominac et Somaïr et la mise de 5.300 personnes au chômage. Ces informations ont été vite démenties par les responsables du groupe.

En attendant, des manifestations sont organisées à Niamey et dans les villes de l'intérieur du pays, des marches de prostrations, à l'appel du Réseau des organisations de la société civile nigérienne, dans le but d'exiger de la multinationale française le respect de la Constitution nigérienne et du code miner en vigueur au Niger.

Selon Ali Idrissa, acteur de la société civile, "l'objectif est de dire clairement au groupe français que le Niger n'acceptera plus de continuer à mendier pour nourrir ses populations et subvenir à leurs besoins, alors que son uranium, exploité depuis plus de 40 ans par Areva, lui rapporte énormément d'argent".

Pour illustrer ses propos, Ali Idrissa a déclaré que "depuis le début de l'exploitation jusqu'en 2010, le groupe Areva a fait sortir des mines nigériennes, plus de 114.000 tonnes d'uranium vendues pour un montant de plus de 2 295 milliards de Fcfa. Sur ce montant, le Niger n'a reçu que 300 milliards de Fcfa, soit 10% du total de la vente".

De son côté, Areva soutient que 70% des revenus de l'uranium sont reversés à l'Etat nigérien sous forme de dividendes et d'impôts. Le géant français souligne que le groupe emploie plus de 5 000 personnes sur place et effectue 100 millions d'euros d'achat localement par an. A cela s'ajoutent six millions d'euros annuels en projets sociaux et développement sanitaire en faveur de la population.

Paradoxalement, au même moment que se poursuivent âprement les négociations entre les deux parties, Areva finance la mise en oeuvre d'un projet de cultures irriguées de plusieurs milliards de francs cfa, dans la région d'Agadez (zone des mines d'uranium), sous le parrainage du premier ministre nigérien Brigi Rafini, et organise un grand cross dans les rues de Niamey, supervisé par la fédération nigérienne d'athlétisme.

Tout pense à croire que les Nigériens vont attendre encore longtemps avant de voir la concrétisation de leurs aspirations.

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