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Les groupes pharmaceutiques contre les malades sud–africains (RENAPAS)

par Renapas 23 Janvier 2014, 18:02 Afrique du sud Groupe pharmaceutique Dr Aaron Motsoaledi Propriété intellectuelle

Les groupes pharmaceutiques contre les malades sud–africains  (RENAPAS)
Les groupes pharmaceutiques contre les malades sud–africains

RENAPAS

Les groupes pharmaceutiques veulent s’opposer à l’adoption d’une nouvelle directive sur la propriété intellectuelle par le gouvernement sud-africain qui réduirait le coût des médicaments, mettant ainsi en danger l’accès aux médicaments pour les populations les plus vulnérables. Le cheval de Troie de cette initiative dangereuse est piloté par IPASA, l’Association sud-africaine pour l’initiative pharmaceutique.

La guerre sur la propriété intellectuelle et les brevets pharmaceutiques ne datent pas d’hier, car elle met face à face les industries pharmaceutiques qui veulent faire des profits, et les justifient en disant qu’ils en ont besoin pour la recherche et l’innovation, et les gouvernements et les acteurs du secteur de la santé qui veulent des médicaments moins chers pour soigner et sauver les malades.

La bataille est rude et s’est envenimée encore un peu plus avec l’initiative du Ministre du commerce et de l’industrie, Bob Davies en septembre dernier de proposer une nouvelle directive sur la propriété intellectuelle et les brevets dont l’objectif est de produire sous licence des médicaments à moindre coût et d’importer des génériques

Le Ministre de la santé, Dr Aaron Motsoaledi, a violemment réagi à la publication d’un document qui s’attaque frontalement à la politique qui est menée en Afrique du Sud pour l’accès des malades du sida et de la tuberculose, en particulier, aux médicaments qui peuvent leur sauver la vie. « Ce document peut condamner à mort beaucoup de Sud-Africains. Je n’exagère pas. C’est un plan pour un génocide » a t-il déclaré au quotidien Mail & Guardian qui a publié le document des groupes pharmaceutiques.

Ipasa a choisi un puissant lobby américain, Public Affairs Engagement, pour lancer son offensive contre l’initiative du gouvernement. Mais le Ministre de la Santé met en garde sur la visée mondiale de cette campagne « C’est utiliser l’Afrique du Sud comme porte d’entrée, mais c’est une attaque contre le Brésil, l’Inde…une attaque contre la Chine, la Russie et tous les pays en développement ».

PAE a l’intention de mener une campagne en Afrique et en Europe pour justifier les prix élevés des médicaments en mettant en place une coalition « Forward South Africa » pilotée depuis Washington , en essayant de convaincre des pays africains de faire pression sur l’Afrique du Sud et en initiant un débat « indépendant » sur la recherche, la question de la propriété intellectuelle, etc. Le principal soutien de cette campagne n’est autre que la puissante association américaine des chercheurs et fabricants de médicaments PhRMA

Mais cette coalition va avoir de sérieux opposants en Afrique du Sud. Déjà Médecins sans Frontières a exprimé des doutes sur cette campagne qu’il qualifie ainsi : « une tentative camouflée par les groupes pharmaceutiques pour dépenser beaucoup d’argent pour s’opposer à la législation sud-africaine ». Treatment Action Campaign, qui a mené pendant des années la bataille pour l’accès aux traitements antirétroviraux, a qualifié l’entreprise de « très douteuse » et dénonce la duplicité d’Ipasa qui affirme ne pas avoir encore pris de décision.

LE syndicat des personnels de santé Nehawu se range aux cotés du ministre de la santé et du ministre du commerce et de l’industrie pour fustiger les multinationales pharmaceutiques plus préoccupées de verser de bons dividendes à leurs actionnaires que de la santé des malades.

Le syndicat demande la mise en place d’une industrie pharmaceutique d’état, seul moyen de contrer la politique dévastatrice de ces compagnies. Tous les malades sont concernés, qu’ils souffrent de la tuberculose, de l’asthme ou de troubles cardiaques ou du sida

L’Afrique du Sud a sa propre industrie pharmaceutique, mais à cause de la concurrence, les industries pharmaceutiques ont abandonné des pans entiers de leur production nationale, si bien que le pays doit importer des médicaments. Le syndicat regrette que des décisions prises à la 52eme conférence de l’Anc à Polokwane soient restées lettre morte. Une industrie d’état pourrait, selon le syndicat, mieux répondre aux besoins de santé de la population.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le mardi 21 janvier 2014

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