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Libye et Syrie: Quels commanditaires ? Des « révolutions » très contrôlées (L'Autre Afrique)

par L'Autre Afrique 4 Janvier 2014, 08:48 Libye USA France Grande-Bretagne OTAN Révolution

Libye et Syrie: Quels commanditaires ? Des « révolutions » très contrôlées (L'Autre Afrique)
Libye et Syrie: Quels commanditaires ? Libye et Syrie: Des « révolutions » très contrôlées

L'Autre Afrique

A la suite des « révolutions arabes » qui avaient vu les grandes puissances totalement démunies et absentes des scénarios, celles-ci se sont ressaisies et on voit désormais leurs influences polymorphes s’exercer tous azimuts. Pendant que les français commencent la construction d’une base militaire au milieu des champs de pétrole en Libye, on voit l’Arabie saoudite et le atar, grands amis de l’Amérique s’il en est dans la région, financer les rebelles syriens armés par les USA.

Prises de court par la spontanéité de ce qu’on a appelé ensuite « les révolutions arabes », les chancelleries occidentales s’étaient jurées qu’on ne les y reprendrait plus. Chose dite, chose faite, d’abord en Libye et désormais en Syrie, un seul mot d’ordre : prendre les devants. De fait, si la guerre est bien la prolongation de la politique par les armes, la Libye comme la Syrie sont alors le parfait miroir de cette maxime. Qu’on se souvienne, c’est alors que les libyens ne demandaient rien, à personne, que les armées françaises, anglaises et américaines décidaient, « de toute urgence », d’intervenir massivement. Il fallait sauver Benghasi à tout prix et le plus vite possible ! Contre qui ? Le mystère demeure. Mais eu égard aux fortes odeurs de pétrole dans la région, cet empressement n’avait, à l’époque trompé que ceux qui souhaitaient l’être. Malheureusement, pour des raisons quasi identiques, c’est aujourd’hui la Syrie qui est à feu et à sang.
Il devient très compliqué aux médias occidentaux de travestir les faits, même au travers de leurs propres journaux d’information. Il apparaît, en effet, de plus en plus clairement que la grande majorité des syriens ne s’est pas rangée derrière les forces rebelles. Que ce dernières, truffées d’éléments islamistes étrangers, sont plus enclines à semer la terreur religieuse qu’à organiser une véritable résistance unifiée, laque et démocratique préfigurant un futur état. Comme dans toutes les guerres de ce type, l’évidence veut que la violence et la brutalité soient malheureusement des spécialités bien partagées. Il va sans dire que le régime de Bachar ne s’est pas fait une réputation sans tache dans les domaines des droits de l’homme et des libertés démocratiques, mais les populations syriennes imaginent trop bien ce qui se passera avec les milices islamistes au pouvoir, leurs hommes en noir sillonnant les rues à la recherche des « ex-bacharistes », des alaouïtes, des palestiniens, chrétiens, laïcs, communistes…tous ceux, en un mot, jugés trop pro-Bachar.
Quelle transition démocratique ?
Lorsque les populations syriennes entendent que ce sont le Qatar et l’Arabie Saoudite qui soutiennent « l’option de la transition démocratique », on comprend leur inquiétude. Qui peut croire un instant que ces pays, autocraties féroces et rétrogrades, à l’origine de l’armement des rebelles sur le sol syrien, pourraient garantir quoique ce soit en matière de démocratie. Il est bien clair aujourd’hui que, pas plus que l’Armée Syrienne Libre (ASL) ombre portée des occidentaux en Syrie, le Qatar et l’Arabie saoudite, leurs bailleurs de fonds, ne sont mus par une quelconque démarche humaniste. La réalité est bien plus crue. Derrière toutes ces larmes de crocodiles à caractère humanitaire, derrière les pantalonnades « philosophiques » des Bernard Henri Lévy en tout genre et les simagrées des monarchies du golfe, il y a surtout, dans toute la région, la même odeur que celle qui flottait sur la Libye, celle du pétrole ! D’autant plus forte qu’elle est, en tant que telle et avec l’axe stratégique Damas- Téhéran, la première région mondiale productrice de pétrole dont l’influence échappe toujours aux USA.

Soutien occidental à la guerre
L’option dite de la « transition démocratique » portée par le Qatar et l’Arabie saoudite n’aura été, depuis le début, qu’une vraie fausse piste visant en fait à faire porter sur le régime de Damas l’entière responsabilité du conflit. Compte tenu de l’état du rapport des forces, les occidentaux ont, en effet, vite compris qu’une intervention militaire directe, du type libyen ou irakien, pourrait se retourner en son contraire, ils en ont abandonné l’idée pour choisir l’option « guerre civile de libération ». Une telle option permettait de mettre à mal le régime de Bachar, lui faisant endosser seul, aux yeux de l’opinion publique internationale, le « martyr » de son propre peuple et autorisant donc, de soutenir par tout moyen militaire et financier, tous ceux qui le combattent. De fait les USA ont, depuis longtemps déjà, autorisé l’envoi de matériel militaire, le Qatar et l’Arabie Saoudite financent très largement les rebelles et la France n’est pas en reste. S’agissant de la France, ainsi que le rapporte le journal libanais « L’orient, le jour » : « La France, après avoir parlé de zone d’exclusion aérienne partielle, puis de zones tampons pour protéger les civils, tente désormais, selon des sources diplomatiques, d’entrainer ses partenaires européens dans une aide aux zones libérées, selon une source près du quai d’Orsay ».
De l’intervention dans les « zones tampons » à une aide aux « zones libérées », on notera autant de glissement sémantiques qui sont, de fait, autant de glissements vers un engagement militaire direct sur le terrain. Selon le principe de la tenaille, le site israélien d’information, Debkafile rapporte que dans le Nord, ce sont des militaires turcs qui ont d’ores et déjà pris le contrôle de plusieurs brigades relevant de l’ASL.

Par François Charles, publié en janvier 2012
Directeur de Rédaction du Magazine L’autre Afrique

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