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Visite de Hollande à Ryad : ventes d'armes, coopération nucléaire et industrielle au programme

par Sam La Touch 1 Janvier 2014, 06:10 Articles de Sam La Touch Arabie Saoudite France Ventesd'armes Syrie Nucléaire

Visite de Hollande à Ryad : ventes d'armes, coopération nucléaire et industrielle au programme

«Riyad est le premier financier et fournisseur d’armes des groupes djihadistes en Syrie et a exprimé de fortes réticences au récent accord sur le nucléaire iranien. Alors, que va faire la France dans cette galère diplomatique, aux côtés d’un régime qui alimente les groupes islamistes et freine toute initiative favorisant la détente avec l’Iran ?» L'Humanité, Hollande et le mirage des pétrodollars saoudiens

Lors de la visite du "chef de guerre" Hollande auprès des soutiens d'Al-Quaïda en Syrie à savoir l'Aabie Saoudite, la France a signé neuf accords de coopération entre les secteurs public et privé.

Certains de ces accords sont dans les domaines de l'énergie nucléaire, des technologies de l'information et de la coopération industrielle.

Deux grandes entreprises françaises - Areva et EDF - ont signé un accord de coopération avec un certain nombre d'universités saoudiennes afin d'offrir des cours universitaires et de formation pour les étudiants saoudiens dans le secteur de l'énergie nucléaire.

François Hollande a été accompagné de quatre ministres dans ce déplacement, Laurent Fabius (Affaires étrangères), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Nicole Bricq (Commerce extérieur) et Jean-Yves Le Drian (Défense) ainsi que d'une trentaine de dirigeants d'entreprises parmi lesquelles EDF, Areva, Alstom et Thales. Il a assuré que les industries françaises pouvaient répondre aux besoins saoudiens et s'est engagé à "satisfaire" les demandes d'armement de l'armée libanaise. Sur ce dernier sujet, une aide financière saoudienne de 2,2 milliards d’euros financera l’achat de matériel militaire français.

"L’Arabie saoudite soutient au ­Liban la coalition du « 14‑Mars », hostile au régime syrien et au ­Hezbollah. En Syrie, elle appuie des groupes armés de l’opposition sunnite. De son côté, l’Iran reste le parrain du Hezbollah libanais, tous les deux étant très impliqués dans le soutien militaire au régime syrien. Cette confrontation augmente le poids des extrémistes au sein des communautés chiite et sunnite libanaises, fragilisant un peu plus l’autorité de l’État. Reste à savoir si l’aide saoudienne sera de nature à renforcer l’armée dans ce contexte de tension intercommunautaire." (La Croix)

Visiblement, Paris ne semble pas privilégier la voie politique et pacifique pour réger le conflit syrien.

Et même si l'on attend encore les signatures, de nombreux contrats d'armements ont été évoqués avec Ryad.
En haut de la pile, il y a la modernisation de la défense sol-air de courte portée du royaume. Un enjeu de taille pour Thales, "puisque cette modernisation des missiles Crotale français peut représenter jusqu'à 4 milliards d'euros (« Les Echos » du 2 octobre). Détails techniques, prix : la négociation est bouclée depuis quelque temps déjà, et la signature n'attend plus que le feu vert royal" (Les Echos).

"L'autre dossier important, mais moins avancé, qu'aborderont peut-être le roi Abdallah et François Hollande concerne la vente d'un satellite espion, sur le modèle de celui qui a été vendu par Astrium et Thales Alenia Space aux Emirats arabes unis cet été. Enfin, Paris laboure le terrain pour que la marine saoudienne puisse acquérir des frégates, mais l'échéance est plus lointaine. Des contrats d'armements pour des montants de 30 milliards d'euros seraient en négociation.
Néanmoins dans tous les cas il faut compter avec la concurrence US qui a été un obstacle à la signature de contrats d'armements." (Les Echos)

Quant au soutien de Hollande aux autorités saoudiennes, il ne semble pas se soucier comme à son habitude des droits de l'homme :
"En Syrie, par exemple, où les Saoudiens sont directement impliqués, avec d’autres pétromonarchies du Golfe comme le Qatar, dans le financement et l’appui opérationnel et politique aux groupes djihadistes. En matière de résolution des crises, Riyad sait user de méthodes plutôt expéditives, comme l’illustra en 2011 l’écrasement du soulèvement populaire au Bahreïn voisin par les chars saoudiens." (L'Humanité)

Selon l'Acat, une ONG dédiée à la lutte contre la torture, dans son rapport 2013, « Seul pays à porter le nom de la famille qui le dirige, le royaume reste une monarchie absolue fondée sur le lien d’allégeance entre le roi, chef de l’exécutif, et ses sujets, où les partis politiques et les syndicats sont interdits ». « La pratique tortionnaire dans le royaume wahhabite reste endémique durant l’arrestation et le parcours carcéral, tant pour les sujets saoudiens que pour les ressortissants étrangers, en particulier non européens, vivant dans le pays, détaille ce document. Elle est également présente dans la vie quotidienne ou comme sanction pénale, avec l’application de châtiments corporels, notamment la flagellation, pour tout manquement à l’éthique sociale et morale de l’islam »

Le "chef de guerre" Hollande a donc joué les VRP pour les vendeurs d'armes français et soutenus la ligne dure du régime saoudien qui soutient militairement, politiquement et économiquement les groupes islamiques radicaux pour déstabiliser le régime syrien. Selon Les Echos, "François Hollande et le roi Abdallah partagent la même analyse sur la plupart des crises au Moyen-Orient".

Source :
Saudi Gazette Kingdom, France sign nine bilateral cooperation pacts
Nouvel Obs ARABIE SAOUDITE. Hollande se dit prêt à financer l'armée libanaise
La Croix L’Arabie saoudite finance l’achat d’armes françaises par l’armée libanaise
L'Humanité Hollande et le mirage des pétrodollars saoudiens
Les Echos Hollande en visite dans une Arabie saoudite qui veut s'affirmer

commentaires

Rose 18/02/2015 21:25

Ils ont fait mieux que ça ils ont carrément privatiser un pan entier de la DGA pour pouvoir faire leur magouilles. ON peut dire que le petit Macron aura bien appris de professeur, l'art de truander en
douceur. Pendant qu'on discute libéralisation des bus, ils vont tranquilement vendre à la découpe Nexter , ex GIAT, à Krauss Maffei, et quand ceux ci se seront servis, ils ne restera plus que des salariés sur le carreau pour pleurer. Voilà ce à quoi on assite petit à petit.

corentin 13/01/2015 10:52

On s'est plaint qu'il fasse le boulot . mais on se plaindra beaucou plus quand il arretera de vendre. du matériel.
on a des milliers d'emploi qui dépendent du secteur de l'armement
Dont beaucoup ont des emplois très qualifiés. Nos concurrents utilisent tous les moyens à leur disposition pour nous réduire à l'impuissance. Krauss Maffei
est actuellement sous le coup d'une enquete pour avoir utilisé des ccanaux outeux pour le financement de ses ventes d'armes. Dans le cas ou il fusionnerait avec Nexter. Il faudrait en plus
l'aval des allemands pour les ventes aux pays non directement alliés. autant dire qu'on peut commencer à licencier dès maintenant

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