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Centrafrique, la grande gabegie des ressources naturelles (Afrtique-Asie)

par Afrique-Asie 28 Février 2014, 12:13 Centrafrique Richesses Guerre Humanitaire

Centrafrique, la grande gabegie des ressources naturelles (Afrtique-Asie)
Centrafrique, la grande gabegie des ressources naturelles
economie - Par valentin mbougueng
Afrique-Asie

Depuis l’ entrée en guerre de soldats français en République centrafricaine, officiellement pour mettre fin aux massacres des populations civiles par les milices armées, des langues se délient, en Afrique comme en France. Elles battent en brèche l’idée largement répandue selon laquelle la Centrafrique serait un pays pauvre sans aucun intérêt économique ni stratégique. Et que, au contraire, les richesses du sous-sol centrafricain seraient bien présentes dans l’agenda des humanitaires en treillis étrangers.

Pays plus grand que la France (plus de 620 000 km2), la République centrafricaine est couverte de forêts : 3,8 millions d’ hectares, dont 3 millions réputés exploitables. Le pays dispose d’ essences précieuses très recherchées par la menuiserie. Bien qu’insuffisamment valorisée, l’exploitation forestière, y compris celle traditionnelle de l’hévéa, contribue à hauteur de 10 % au PIB centrafricain.

Gros potentiel

Une bonne partie des terres centrafricaines est également propice à l’ agriculture. Ce secteur, qui occupe l’essentiel de la population active, contribue à plus de 65 % au PIB du pays, certes. Mais il reste largement artisanal et s’est progressivement replié sur les cultures vivrières, face à la mévente puis à la baisse des rendements des cultures de rente. En raison du peu d’ investissements dans ce secteur, mais aussi du fait de l’ insécurité et de l’ instabilité générées par des décennies d’ émeutes et de rébellions tentaculaires, l’agriculture n’est plus en mesure de nourrir correctement une population de quelque 4,8 millions d’âmes.

Le sous-sol centrafricain est, lui aussi, loin d’être pauvre. Il recèle des quantités non négligeables de diamant, d’or, d’uranium, de fer, et les recherches pétrolières sont prometteuses. La Centrafrique est certes enclavée, ce qui représente un handicap de taille dans une région où les voies d’ écoulement des produits sont rares et, quand elles existent, souvent périlleuses. Ainsi, malgré son potentiel, le pays a exporté en 2012 pour seulement 198,5 millions de dollars de diamant, bois, coton, café et tabac.

Pillés au temps colonial, les diamants centrafricains ont continué à être exploités de façon éhontée par les groupes étrangers, après à l’ indépendance. Par la suite, ces groupes ont quitté le pays, abandonnant les mines essentiellement alluvionnaires dont l’exploitation est devenue largement artisanale. Bozizé avait bien tenté de développer le secteur avec le concours d’ entreprises sud-africaines, en vain.

Jusque-là, rebelles et chefs d’État affairistes ont été régulièrement cités comme responsables du commerce illégal des matières premières qui a privé le pays de ressources nécessaires à son développement. Ils sont loin d’être les seuls à avoir profité de ces détournements de fonds publics. Quelque 20 % de la production de diamants sortirait illégalement du pays. Vers les pays voisins, mais aussi vers l’ Europe et le Moyen-Orient, notamment par le biais des valises diplomatiques. C’ est ce que décrit notamment le journaliste danois Mads Brügger dans un documentaire, The Ambassador, racontant quelques facettes de la corruption généralisée qui a favorisé la prédation des ressources forestières et minières.

Quant à l’uranium, l’autre grande ressource du pays, il est en stand-by. Le prometteur gisement de Bakuma a été donné en concession à Areva, mais l’ouverture du chantier du géant français a encore été retardée faute d’infrastructures, mais aussi en raison de la forte baisse des prix internationaux de ce minerai. Dans le domaine des hydrocarbures, ça bouge également, mais lentement. La société pétrolière chinoise CNPC a repris le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le nord-est, qui avait été attribué initialement par le prédécesseur de Bozizé, Ange-Félix Patassé, au pétrolier américain Grynberg RSM. Celui-ci, invoquant l’insécurité, n’avait pas pu conduire les recherches. L’exploration de la CNPC, comme celle de quelques compagnies mineures présentes sur le sol centrafricain, avance au ralenti, mais grâce au rapprochement avec la Chine, le régime Bozizé avait pu obtenir de l’empire du Milieu des financements pour construire des écoles et des hôpitaux.

Cet article a été publié dans le magazine Afrique-Asie

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