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Congo-Brazzaville - Eric Souami aurait-il succombé à la torture ? (Mwinda)

par Mwinda 28 Février 2014, 08:33 Eric Souami Congo-Brazzaville Tortutre

Congo-Brazzaville - Eric Souami aurait-il succombé à la torture ? (Mwinda)
Eric Souami aurait-il succombé à la torture ?

Mwinda

Le Procureur André Ngakala Oko avait des raisons de perdre son sang-froid (lire notre article) : un homme emprisonné dans les geôles du pouvoir depuis près d'un ,sans avoir jamais été présenté à un juge, est mort ces derniers jours, semble-t-il suite à des tortures...

Congo: polémique sur la mort d'un gendarme condamné pour atteinte à la sûreté de l'Etat

BRAZZAVILLE, 17 février 2014 (AFP) - Les causes de la mort d'un gendarme condamné à Brazzaville pour atteinte à la sûreté de l'Etat divergent entre le procureur de la République, qui évoque une maladie mortelle, et les avocats du défunt, qui parlent de tortures ayant entraîné le décès.

Le gendarme Eric Régis Souami, 35 ans, commis à la garde du président de la Commission nationale des droits de l'homme, était détenu à la prison de Brazzaville depuis avril 2013, après une condamnation pour "détention illégale d'armes de guerre, atteinte à la sûreté de l'Etat et association de malfaiteurs", selon le colonel André Gakala Oko, procureur de la République.

Le 12 février, après avoir été admis la veille à "l'hôpital militaire", il est décédé " d'un accident cardiovasculaire (AVC), d'après le diagnostic de son médecin traitant", a expliqué le colonel André Gakala Oko.

"Il n'y a pas eu de signes précurseurs pour annoncer un drame qui pourrait survenir", a-t-il souligné.

Les avocats du défunt ont une toute autre version. "Le gendarme a subi des tortures physiques et morales. On a découvert sur son corps des traces (de coups) et des caillots au niveau de sa tête", a indiqué à l'AFP, Me Hervé Ambroise Malonga, un avocat de la victime.

"Il est mort en prison", a-t-il part ailleurs affirmé, ajoutant que "la responsabilité de l'Etat est bien établie".

Me Malonga a indiqué qu'en dix mois de détention ''aucune audience n'a pu être programmée pour le gendarme et aucune demande de mise en liberté n'a pu être examinée''.

"Nous craignons qu'il s'agisse des morts programmées" contre d'autres personnes qui croupissent en prison sans jugement, a lancé l'avocat.

Des ONG congolaises telles que la Fédération congolaise des droits de l'Homme (Fecodho) et l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) ont récemment rendu publics des rapports dans lesquels elles soutiennent que "la torture est devenue systématique et banalisée dans les lieux de détention comme les commissariats de police".

© AFP.

Notre commentaire

A propos de la torture, pratique qui est monnaie courante au Congo, nous renvoyons le sieur Oko Ngakala, Procureur à la lecture du rapport 2013 de l'Office congolais des droits de l'Homme (OCDH)

En voici quelques extraits :

En cette année 2013, quelques cas de torture ont encore été enregistrés. On peut citer à titre d’exemple : Monsieur Moungoto Antoine, père de famille de la quarantaine révolue avait été appréhendé dans sa concession familiale au village Moukanda (District de Sibiti, Département de la Lékoumou), aux environs de cinq (5) heures du matin par les policiers en patrouille le samedi 20 juillet 2013.

Il a été embarqué dans le véhicule, et emmené à 5 kilomètres de Moukanda, précisément à Mongo, où il a été sévèrement torturé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le corps sans vie de Monsieur Moungoto Antoine a été ensuite abandonné au milieu de la route pour maquiller le crime en un accident de circulation (…)

Monsieur Blaise Kouadili Nzengbolo, de nationalité congolaise, arrêté pour vol en avril 2012, est mort en détention à la maison d’arrêt et de correction de Brazzaville le 12 février 2013 suite aux traitements inhumains et dégradants subis. Cet acte est resté impuni. Aucune enquête n’a été ouverte jusqu’à ce jour (…)

Lire le rapport de l'OCDH.

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