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Déportation. Réunionnais de la Creuse :«On venait de voler 30 gamins à leurs parents illettrés» (Le Figaro)

par Le Monde 18 Février 2014, 18:26 Déportation Réunion La Creuse

Déportation. Réunionnais de la Creuse :«On venait de voler 30 gamins à leurs parents illettrés»  (Le Figaro)
Réunionnais de la Creuse :«On venait de voler 30 gamins à leurs parents illettrés»

Le Figaro

Entre 1963 et 1982, plus de 1600 enfants réunionnais ont été enlevés à leur famille. Alors qu'une députée socialiste défend une «résolution relative aux enfants réunionnais placés en métropole», Simon A-Poi se souvient du jour de 1966 où il a quitté son île pour Guéret.

TÉMOIGNAGE - Entre 1963 et 1982, plus de 1600 enfants réunionnais ont été enlevés à leur famille. Alors qu'une députée socialiste défend une «résolution relative aux enfants réunionnais placés en métropole», Simon A-Poi se souvient du jour de 1966 où il a quitté son île pour Guéret.

«Bon sang, comment cela se fait-il que tous ces enfants, dans ce bus, pleurent?» me suis-je dit au moment de mon transfert, voyant bien que quelque chose clochait. On venait de voler trente gamins de la Réunion à leurs parents illettrés.

À l'âge de 12 ans, le 6 septembre 1966, j'ai été déporté avec mes deux frères et mes deux sœurs de l'île de la Réunion jusqu'à la Creuse. Ma grand-mère, qui travaille alors à la préfecture, nous a laissés partir en échange de belles promesses, faites quelques années auparavant, par l'ancien premier ministre et député de la Réunion de l'époque, Michel Debré. Elle était au courant de ce vers quoi nous allions, mais nous a confiés dans l'espoir que nous trouverions un avenir meilleur en métropole.

Avec d'autres gamins, nous nous retrouvons donc dans un foyer pour l'enfance à Guéret, dans la Creuse. J'y ai passé environ quatre mois avant d'être séparé de ma fratrie pour me rendre dans une première famille d'accueil, dans la commune de Méasnes. Je dois dire que je n'y étais pas malheureux, et j'allais à l'école: simplement, tout ce qui devait me revenir était pris par la dame qui m'avait recueilli - qui ne faisait clairement ça que pour l'argent....

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