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Il ne s’est rien passé au Cameroun, entretien avec Gaelle Le Roy

par Gaelle Le Roy 9 Février 2014, 00:26 Cameroun France Guerre Massacres Armée française Paul Biya Ahidjo Pierre Messmer Charles de Gaulle

Il ne s’est rien passé au Cameroun, entretien avec Gaelle Le Roy.
Autour du documentaire, Cameroun, autopsie d’une indépendance (France, 2007, 55 mn).

Notre exploration des lieux d’oubli, qui se fera ici au travers d’entretiens, d’articles et de recensions, comme autant d’hommages à celles et ceux qui se sont efforcés de les faire connaître, s’ouvre par l’évocation de la longue et tragique histoire d’une indépendance, son échec concret, et la guerre qui s’ensuivit pendant près de quinze ans. L’importance de cette histoire et de ses conséquences rend d’autant plus surprenante la large ignorance dont elle fait encore l’objet. Dans l’état actuel des choses, elle peut être vue comme un modèle du lieu d’oubli en France.
Avant de devenir un territoire sous tutelle de la société des nations en 1922 –en pratique une colonie française pour les quatre cinquièmes de son territoire- le Cameroun avait fait, il est vrai, l’objet de bien des convoitises. Son nom lui-même est d’origine portugaise et si les premiers missionnaires ont été britanniques, ce sont des négociants de Hambourg qui s’y installent en 1868. En 1884, l’Allemagne signe un traité avec les Doualas, puis un protectorat l’année suivante. L’expérience est relativement courte. Les Alliés achèvent leur conquête en janvier 1916 après un an et demi de combats. L’épisode passe inaperçu dans une période où tous les regards sont tournés vers l’Europe, mais il est le point de départ d’une confusion qui perdure. Pour beaucoup de Français aujourd’hui, le Cameroun reste associé à un ancien territoire du Reich, et le presque demi-siècle de domination française est perçu, quand il l’est, à la façon d’une simple parenthèse. Officiellement rallié à la France libre dès 1940, le pays est, dès la libération, parmi les premiers à revendiquer l’indépendance. Mais l’Onu impose une nouvelle tutelle. En 1946, le Cameroun devient territoire associé de « l’Union française ». Au sein d’un Empire qui ne veut plus dire son nom, il apparaît comme un simple accessoire. Il paiera bien cher une ambiguïté dont l’origine lui échappe totalement. La situation réelle ne reflète pourtant pas ce vocabulaire timide. D’un côté apparaît un jeune leader, Ruben Um Nyobé, qui croit en une solution politique, comme le nouveau parti qu’il dirige dès 1948, l’Union des Populations du Cameroun. De l’autre, l’administration française se durcit face à des revendications dont elle craint l’effet d’exemple. Après des troubles, incessants, la guerre éclate en 1955, pour atteindre son paroxysme sous le haut-commissariat de Pierre Messmer entre 1956 et 1958. Le corps de Ruben Um Nyobé, abattu par l’armée française, est traîné et exposé de village en village avant d’être coulé dans une chape de béton. Le nouveau haut-commissaire, Jean Ramadier, parvient alors à imposer Ahmadou Ahidjo comme premier président de la République camerounaise en 1960. Il y aura encore onze années de guerre, sous le joug d’une dictature soutenue par la France.
Cette histoire, Gaelle Le Roy l’a racontée dans un documentaire diffusé sur France 5 en 2008 : Cameroun, autopsie d’une indépendance (voir le documentaire à la fin de l'article). Deux ans de travail ont été nécessaires pour réunir témoignages et documents, parmi lesquels un entretien étonnamment libre avec Pierre Messmer et une image qu’aucun média français n’avait pu jusqu’ici montrer: le corps sans vie de Ruben Um Nyobé, que d’aucuns considèrent l’égal d’un Patrice Lumu
mba.

Olivier Favier: En Histoire, on ne se défait jamais de sa part subjective, et l’accepter me semble en fait une marque de probité intellectuelle, que je vois très présente dans votre film. Quelles ont été vos motivations pour aborder ce sujet difficile, peu propice qui plus est à rencontrer l’enthousiasme des producteurs?

Gaelle Le Roy: Je connaissais un peu l’histoire de cette guerre secrète livrée par la France au mouvement de lutte pour l’indépendance du Cameroun depuis longtemps déjà.
Tant à travers des lectures (Achille Mbembé, Francois-Xavier Verschave) qu’inconsciemment je pense, pour avoir vécu adolescente au Cameroun dans les années 1980, au temps du parti unique, où si personne n’en parlait, on devait sentir que quelque chose de terrible s’était passé.
En 2005, la loi sur les « aspects positifs de la colonisation » dans les programmes scolaires, la mort de deux adolescents poursuivis par la police à Clichy-sous-bois, enfin l’attaque d’une mosquée à la bombe lacrymogène ont déclenché trois semaines de contestations dans de nombreux quartiers français et ont libéré dans le même temps des paroles ouvertement racistes tant chez des politiques que chez des intellectuels français. On y retrouve « la construction de l’image de l’Autre, de l’indigène à l’immigré » pour reprendre les termes des historiens de l’ACHAC (Pascal Blanchard, Nicolas Bancel…).
C’est ce contexte de révisionnisme colonial qui m’a décidée à lancer ce travail. L’histoire du Cameroun étant à la fois emblématique de l’histoire coloniale, puis post-coloniale française, à travers ce qu’on a désigné comme la « Françafrique », et singulière avec un mouvement politique tel que l’UPC de Ruben Um Nyobé, Félix Moumié, Ernest Ouandié, Ossende Afana… Ces derniers initiant la lutte pour leur indépendance autour du statut particulier du Cameroun, qui a été un mandat confié à la France à la sortie de la première guerre mondiale, et non celui d’une colonie.

O.F.: Il semble donc qu’un silence traumatique ait répondu à la difficile émergence d’un sentiment de responsabilité. Pour ce que vous avez pu en savoir, quelles ont été les réactions à la diffusion du film, à la télévision puis dans les festivals, les soirées mises en place par les associations?

G.L.R.: « Il faut faire régner le silence », ou encore des directives émanant du cabinet de Messmer telles que « nécessaire discrétion » ou « éviter tout contact avec la presse »… Oui, on trouve ces consignes à de nombreuses reprises dans les archives militaires concernant cette « guerre secrète ». Les militaires encore vivants touchent pourtant des pensions pour « opérations extérieures » au Cameroun jusqu’en 1964.
Aucun d’entre eux n’a d’ailleurs accepté de parler devant la caméra, les consignes restent bien respectées.
Il semble que les autorités ou l’armée craignent que la justice soit saisie, que des demandes de réparation affluent…
Le silence, l’effacement des traces faisait partie de la stratégie, tant du côté français que camerounais. En France parce qu’après l’Indochine, et pendant la guerre d’Algérie, on ne voulait pas qu’on sache ce qui se passait au Cameroun.
Et au Cameroun, le gouvernement d’Ahidjo avait besoin de se construire une légitimité populaire pendant de longues années, jusqu’à l’arrestation d’Ernest Ouandié, le dernier président de l’UPC qui ait tenté de réorganiser la lutte armée. Il a été exécuté en janvier 1971 à Bafoussam.
Jusqu’au début des années 1990 il était interdit de prononcer en public le nom des leaders de la lutte pour l’indépendance au Cameroun.
Elle est restée ainsi une « guerre sans image », sans trace. Alors que derrière l’imagerie officielle, l’indépendance du Cameroun se déroule dans un bain de sang.
Une des tragédies de cette histoire, c’est qu’Um Nyobé, assassiné dans son maquis en septembre 1958, est une figure majeure de l’histoire de l’émancipation africaine, un combat qu’il a amorcé avant Nkrumah, Cabral, Lumumba ou Mandela, mais au bout du compte, personne ne le connaît.
Il a été effacé de l’histoire, comme si en le faisant disparaître de leurs récits officiels, les pouvoirs français et camerounais réussissaient à endiguer les effets insurrectionnels de cette mémoire.
Si plusieurs ouvrages relataient donc déjà différentes séquences de ce conflit, la force du témoignage filmé, la densité des 52 minutes couvrant toute la période, a suscité d’abord beaucoup d’émotions chez de nombreux Camerounais qui connaissaient peu ou pas cette histoire. Comme chez certains français, qui se demandent comment les journalistes, chercheurs, cinéastes de l’époque ont pu passer à côté.
Quelques uns ont pourtant tenté de témoigner. Un journaliste de la Dépêche du midi, René Mouriès, était allé rencontrer Um Nyobé dans son maquis. À son retour, il a été arrêté et longuement interrogé. Gaston Donnat, un instituteur français au Cameroun qui a initié clandestinement à son domicile les « cercles d’études sociales » pour former des syndicalistes dont Um Nyobé dans les années 1940, a échappé à un attentat organisé par les autorités françaises, avant d’être finalement arrêté et expulsé. Il avait eu la première carte d’adhérent de l’UPC, que les autorités lui ont confisquée avec une photo d’Um Nyobé qu’il conservait sur lui.
On a assisté à quelques départs énervés également à la fin des projections, avec des commentaires classant ce travail du côté de « la repentance coloniale »…
Si aucune chaîne française ne l’a reprogrammé en cette année du cinquantenaire des indépendances, des associations comme Survie ou l’Afaspa ont organisé de nombreuses projections.
On me demande d’ailleurs à chaque fois « pourquoi » j’ai fait ce film, comme si ce n’était pas tant une histoire française que camerounaise.

O.F.: Dans l’entretien avec Pierre Messmer, décédé peu après, il y a cette réponse qui a beaucoup fait réagir sur l’usage du Napalm -souvent nié par les autorités, malgré de nombreux témoignages de victimes, et les aveux de quelques militaires: « Ce n’est pas important » Quelle en est votre interprétation? Quelle impression avez-vous gardé de cette rencontre avec l’un des principaux acteurs de cette « guerre secrète »?

G.L.R.: Via ses avocats, Pierre Messmer avait posé des conditions à cet entretien : il devait visionner le documentaire avant sa diffusion, afin de décider de sa présence ou non dans le montage final.
Il était déjà très fatigué lors de nos échanges et il est en effet décédé quelques mois plus tard, avant la fin du film.
Il était un intervenant incontournable pour cette période, et un acteur majeur de la politique de la France au Cameroun.
Pierre Messmer a été le haut commissaire de la France au Cameroun de 1956 à 1958.
Vétéran de la guerre d’Indochine, formé à l’école de la France d’Outre-mer, il incarne parfaitement cette génération d’administrateurs coloniaux convaincus jusqu’à la fin de leur vie de la « mission civilisatrice de la France », et ainsi de la supériorité d’une supposée race blanche.
Dans Les blancs s’en vont, paru chez Albin Michel en 1998, il s’interroge sérieusement dans son dernier chapitre sur une éventuelle nécessité de « recoloniser certains pays d’Afrique ». La « mission civilisatrice » n’est vraiment pas loin…
D’où l’incompréhension puis la déception des nationalistes camerounais, qui étaient convaincus à l’origine de leur combat, que les gaullistes seraient les plus à mêmes de comprendre leurs revendications. Ils les avaient secondés dans leur combat contre l’occupant étranger qu’était l’Allemagne nazie, et ils croyaient ainsi que les résistants gaullistes, dont Pierre Messmer, ne pourraient qu’être sensibles à leurs revendications d’émancipation…

En Indochine, Messmer est fait prisonnier du Vietminh avant de parvenir à s’évader.
Ces officiers ne se remettront jamais vraiment de cette défaite face à ceux qu’ils percevaient comme leurs inférieurs, leurs sujets.
De retour en France, à l’École Supérieure de Guerre, ils vont étudier et conceptualiser la guerre révolutionnaire, qui doit réduire à néant « l’ennemi intérieur », en pleine guerre froide.
Cette doctrine va former des générations d’officiers et devenir une spécialité, gage d’un certain savoir-faire français, depuis la bataille d’Alger jusqu’aux mouvements de libération des pays africains, asiatiques ou sud-américains.
Pierre Messmer est alors expert consultant à l’École Supérieure de Guerre et c’est donc les leçons du schéma indochinois qu’il va appliquer méthodiquement au Cameroun, comme il le dit d’ailleurs dans le film.
Dans cet arsenal contre-insurrectionnel, depuis le milieu des années 1940, l’armée dispose avec le napalm d’une nouvelle arme d’appoint.
Selon les historiens spécialistes de la guerre contre-révolutionnaire comme Paul Villatoux, le napalm est une technique courante dans les colonies. Mais peu de gens le savent.
Dans les guerres coloniales, il est utilisé dans les zones évacuées pour chasser les derniers rebelles, quand l’accès terrestre est difficile, la végétation dense, le terrain montagneux… le napalm permet de dégager la zone, d’en interdire l’accès.
C’est dans ce sens que j’interprète la réponse de Messmer à la question du napalm au Cameroun. Il balaie cette question d’un revers de main et déclare « Ce n’est pas important ». Je l’ai compris comme une façon de dire il y en a eu peu, comparé aux bombardements où à la politique de la terre brûlée.
Des sources militaires m’ont confirmé ce point, en off encore malheureusement. Un ingénieur agronome sur place à l’époque également. Un ancien de l’UPC témoigne dans ce sens dans le film.
Ce sont des recherches précises qui restent à défricher.

O.F.: Je voudrais aussi revenir sur cette date, 1964. En effet, quatre ans après la décolonisation officielle, l’armée est toujours présente pour soutenir le nouveau régime de Ahmadou Ahidjo. Le premier ministre d’alors, Michel Debré, est revenu sur cette période dans ses mémoires en 1988: « L’intervention militaire de la France au Cameroun est peu connue. L’attention des journalistes n’a pas été attirée par la décision que j’ai prise et son exécution. Jusqu’à présent, les historiens ont fait preuve de la même discrétion. Cet oubli est sans doute dû au fait que cette intervention s’est terminée par un succès. » Tout se passe en fait comme si au-delà des faits, avait subsisté chez toute une génération une forme d’anesthésie du réel. Avec la stigmatisation de la « repentance coloniale », on tente aujourd’hui de prolonger cette non reconnaissance des responsabilités. Que percevez-vous comme évolution dans l’historiographie de la décolonisation du Cameroun?

G.L.R.: Mais l’armée française est toujours bien présente au Cameroun, au Tchad, à Djibouti, à Dakar, à Libreville…
Les accords signés au moment des indépendances comportaient des clauses confidentielles de coopération et assistance militaire dans le cadre du fameux « maintien de l’ordre » (ainsi que d’autres non moins fameux accords secrets, concernant les minerais existants, et ceux « à découvrir », selon lesquels la France détient ainsi contractuellement un monopole d’exploitation du sous-sol, prioritaire sur l’État propriétaire du sol…).
C’est ce qu’Abel Eyinga, opposant camerounais, ancien juriste et haut fonctionnaire de l’ONU, désigne dans le film comme un « régime colonial contractualisé » au moment de la signature des accords d’indépendance.
C’est d’ailleurs le fondement de la poursuite de la lutte des militants de l’UPC. Ces derniers considèrent que l’indépendance véritable pour laquelle ils ont initié cette lutte n’est toujours pas obtenue et c’est pour ça qu’ils continuent à se battre après 1960.
C’est contre eux qu’on envoie des renforts qui quadrillent le terrain et continuent à regrouper les populations dans des camps à l’ouest du pays des années après l’indépendance.
Les consignes sont toujours les mêmes: ne rien révéler à la presse, qui, à l’exception de quelques journaux communistes ou sympathisants de la cause anticolonialiste, a bien obéi aux ordres, ceux de préserver le secret à tout prix…
Les services de Jacques Foccart, issus du renseignement pendant la guerre, préservent scrupuleusement cet « héritage ».
Le pamphlet de Mongo Beti Main Basse sur le Cameroun, publié chez Maspero en 1972, a d’ailleurs été censuré et interdit en France jusqu’en 1976 sur arrêté du ministre de l’intérieur français…
On a déjà parlé tout à l’heure de l’exclusion de cette histoire des récits officiels français et camerounais.
Les lycéens qui passeront le baccalauréat en France cette année apprennent encore qu’à l’exception de l’Indochine et de l’Algérie, De Gaulle a réussi la « décolonisation pacifique en Afrique ». La lutte de libération au Cameroun et sa répression infirment cette thèse.
Aujourd’hui le pouvoir continue à instrumentaliser l’Histoire, puisqu’elle doit être le miroir fidèle de sa vision de « l’identité nationale ».

Concernant l’historiographie, comme je le disais au début de cet entretien, depuis les travaux d’Achille Mbembé, Richard Joseph, à ceux d’Eugène Jean Duval… ou même les témoignages de Gaston Donnat ou Stéphane Prévitali, plusieurs ouvrages d’historiens comme de témoins permettent depuis quelques années déjà de se faire une idée précise de la guerre que la France a livré aux indépendantistes camerounais sous le sceau du secret-défense.

Les éditions la Découverte doivent publier en 2011 une nouvelle recherche couvrant la même période que celle du documentaire, de la naissance de l’UPC à la fin des années 40, jusqu’à la mort d’Ernest Ouandié en 1971, qui voit alors le déploiement de ce que l’association Survie a appelé la Françafrique dans les anciennes colonies françaises.
J’ai également reçu récemment quelques scénarii de projets documentaires écrits par des réalisateurs camerounais.
La parole se libère, les champs d’investigations vont pouvoir se préciser.
Il n’est plus seulement question désormais de lever le voile sur cette page occultée de l’histoire, mais bien d’aller en étudier le détail pour faire progresser la recherche.
Le napalm que nous évoquions tout à l’heure en est un bon exemple. La question des massacres et du nombre de victimes que vous souleviez, et qui reste aujourd’hui impossible à déterminer, en est une autre.
À la veille de l’indépendance par exemple, on ne connaitra peut être jamais le nombre de victimes.
Et s’il y en eut bien davantage du côté de l’UPC, seuls les corps et les funérailles de quelques victimes européennes resteront fixés pour toujours sur la pellicule.

Bibliographie:

Mongo Beti, Remember Ruben, Editions U.G.E., 10/18, 1974 (rééd. L’Harmattan « encres noires », 1982).
Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun : autopsie d’une décolonisation, nouv. éd., préf. inédite d’Odile Tobner, La Découverte, coll. La Découverte/poche (première édition en 1972 chez Maspero).
Ruben Um Nyobé, Le problème national Kamerunais, Paris, L’Harmattan, 1984.
Victor T. Le Vine, Le Cameroun : du mandat à l’indépendance, Paris, Présence africaine, 1984.
Richard Joseph, Le mouvement nationaliste au Cameroun : les origines sociales de l’UPC, Karthala, Paris, 1986.
Ruben Um Nyobé, Écrits sous maquis, Paris, L’Harmattan, 1989.
Constantin Melnik, La mort était leur mission, Paris, Plon, 1995.
Achille Mbembé, La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun (1920-1960) , Paris, Karthala, 1996.
Pierre Messmer, Les blancs s’en vont, Paris, Albin Michel, 1998.
Stéphane Prévitali, Je me souviens de Ruben, Mon témoignage sur les maquis camerounais (1953-1970), Paris, Karthala, 1999.
Gaston Donnat, Afin que nul n’oublie. Itinéraire d’un anti-colonialiste. Algérie, Cameroun, Afrique, L’Harmattan, Paris, 2000.
Étienne-Jean Duval, Le sillage militaire de la France au Cameroun, 1914-1994, Paris, L’Harmattan, 2004.
Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale (1932-1961) , Paris, Autrement, 2008.
Mathieu Rigouste, L’Ennemi intérieur, Paris, La Découverte, 2009.
Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique?, Marseille, Agone, 2009
Achille Mbembé, Sortir de la grande nuit – Essai sur l’Afrique décolonisée, La Découverte, Paris, 2010.
Simon Nken, L’UPC, de la solidarité idéologique à la division stratégique 1948-1962, Libreville, Anibwe, 2010.

Vient de paraître (janvier 2011): Manuel Domergue, Thomas Deltombe, Jacob Tatsistsa, Kamerun, Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, Paris, La Découverte. On consultera avec profit le site de l’association Remember Kamerun, créée en lien avec cette parution. À signaler aussi une belle recension sur le site de la LDH de Toulon.

Quelques articles:

Sur le site de Rue 89:
Pierre Messmer, un soldat que le Cameroun n’a pas oublié, par David Servenay.
Pierre Messmer, Cameroun, la guerre oubliée de la France, par David Servenay.
Sur le site Grioo.com: Je classe Um Nyobè au premier rang des martyrs africains de l’indépendance, par Achille Mbembé.

On peut suivre un entretien filmé avec Gaelle Le Roy sur le site de TV5 Monde.

Les dirigeants historiques de l'Union des Populations du Cameroun. De gauche à droite, au premier rang: Osende Afana, Abel Kingué, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Ernest Ouandié. Ruben Um Nyobé est tué dans un coup de filet de l'armée française en 1958. Félix Moumié est assassiné par les services secrets français à Genève en 1961. Le corps décapité d'Osende Afana est retrouvé en 1966 après des combats avec les forces franco-camerounaises. Ernest Ouandié est fusillé en 1971 après une parodie de procès. Seul Abel Kingué meurt de maladie en 1964, à l'âge de 40 ans. Il avait miraculeusement échappé à deux attentats orchestrés par l'occupant français en 1953 et 1955, dont le premier l'avait grièvement blessé.

Les dirigeants historiques de l'Union des Populations du Cameroun. De gauche à droite, au premier rang: Osende Afana, Abel Kingué, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Ernest Ouandié. Ruben Um Nyobé est tué dans un coup de filet de l'armée française en 1958. Félix Moumié est assassiné par les services secrets français à Genève en 1961. Le corps décapité d'Osende Afana est retrouvé en 1966 après des combats avec les forces franco-camerounaises. Ernest Ouandié est fusillé en 1971 après une parodie de procès. Seul Abel Kingué meurt de maladie en 1964, à l'âge de 40 ans. Il avait miraculeusement échappé à deux attentats orchestrés par l'occupant français en 1953 et 1955, dont le premier l'avait grièvement blessé.

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