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L’Etat français et Spie Batignolles poursuivis pour «crime contre l'humanité» (RFI)

par RFI 28 Février 2014, 08:22 Congo-Brazzaville France Travail forcé Crimes contre l'humanité

L’Etat français et Spie Batignolles poursuivis pour «crime contre l'humanité» (RFI)
France: le Cran poursuit l’Etat et Spie pour «crime contre l'humanité» 

RFI

Le Conseil représentatif des associations noires, le Cran, porte plainte contre l'Etat français et le groupe de BTP, Spie et Spie-Batignolles, pour « crime contre l'humanité ».

Ces deux groupes, héritiers de la société de construction des Batignolles, ont fait creuser dans les années 1920, sous l'administration coloniale française, le célèbre chemin de fer Congo-Océan (CFCO). Retour sur une terrible page de l'histoire.

« Congo-Océan », c'est le nom donné à ce chemin de fer : 510 kilomètres, destiné à relier la capitale du Congo français, Brazzaville, au port de Pointe-Noire. L'objectif est d’exporter les produits coloniaux. La société de construction des Batignolles fait appel à des hommes, des femmes et même des enfants. Pendant plus de dix ans, ces millions d'indigènes sont soumis aux travaux forcés.

« Ces travailleurs forcés ne sont pas condamnés à une peine privative de liberté à laquelle s’ajoutent les travaux forcés, explique l’historien Olivier Le Cour Grandmaison. Il s’agit de l’ensemble de la population civile qui est concernée. A charge pour la société de construction des Batignolles de réunir ces travailleurs forcés et de les exploiter. De les réunir dans ce que l’on appelle à l’époque les " camps ferroviaires ", qui se déplacent au fur et à mesure de l’avancée du chantier. Les taux de mortalité dans certains " camps ferroviaires " sont de 57% ».

Cette ligne de chemin de fer est construite dans la sueur et le sang, ajoute l'historien : « Le bilan, à l’époque connu de tous, est le suivant : 17 000 morts indigènes pour les 140 premiers kilomètres de cette ligne de chemin de fer. » Malgré les morts, rien n'arrête les travaux. Bien plus tard en 1946, la France abolit le travail forcé, reconnu comme « crime contre l'humanité » et il est imprescriptible. C'est pourquoi le Cran a saisi la justice pour dénoncer ce crime.

© RFI.

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