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Les relations franco-rwandaises toujours empoisonnées par le soupçon de complicité de génocide (AFP)

par AFP 4 Février 2014, 13:21 Rwanda Génocide France Complicité de génocide François Mitterand

Les relations franco-rwandaises toujours empoisonnées par le soupçon de complicité de génocide (AFP)
Les relations franco-rwandaises toujours empoisonnées par le soupçon
AFP

Paris (AFP) - Vingt ans après le génocide, les relations entre Paris et Kigali peinent à se relancer malgré une réconciliation officielle en 2010, fluctuant au gré de procédures judiciaires interminables qui continuent de nourrir soupçons et rancoeurs sur le rôle de la France au Rwanda en 1994.

"Complexe", "fragile", "délicate", "ambiguë", "passionnelle": les termes employés par les diplomates, historiens et spécialistes pour qualifier la relation franco-rwandaise traduisent à eux seuls un malaise persistant.

Au coeur du contentieux, la question du soutien de la France et de son armée au régime hutu rwandais, coupable d'un génocide qui a fait 800.000 morts, essentiellement des Tutsi, entre avril et juillet 1994.

Paris accusé de "complicité" de génocide

Depuis lors, le nouveau pouvoir à Kigali, issu de la rébellion tutsi, accuse la France de "complicité" de génocide pour avoir formé et armé les forces rwandaises, puis protégé, sous couvert de l'opération militaro-humanitaire Turquoise déployée dans le sud du pays, les responsables du régime génocidaire dans leur fuite vers le Zaïre (devenu depuis la République démocratique du Congo, RDC).

Premier et seul chef d'Etat français à s'être rendu au Rwanda depuis le génocide, Nicolas Sarkozy avait reconnu en février 2010 de "graves erreurs d'appréciation" et une "forme d'aveuglement" de la France, sans pour autant présenter les excuses attendues par les victimes rwandaises.

"On est sur des dossiers majeurs qui, 20 ans après, n'ont toujours pas été éclaircis", constate André Guichaoua, professeur à la Sorbonne à Paris et auteur de "Rwanda: de la guerre au génocide", qui fut lui-même témoin du début des massacres, le 7 avril 1994. "La France officielle n'a pas achevé son travail de vérité sur son implication dans le conflit rwandais avant, pendant et après le génocide", estime-t-il.

"Il y a toujours un voile de suspicion qui plane", reconnaît l'ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui fut l'un des principaux artisans du rapprochement franco-rwandais. La France a commis une "erreur politique majeure" en soutenant le régime du président hutu Juvénal Habyarimana "et ça pèse", dit-il.

Rompues en 2006 après la mise en cause par la justice française de proches du président rwandais Paul Kagame dans l'attentat qui a coûté la vie au président Habyarimana le 6 avril 1994, considéré comme l'élément déclencheur du génocide, les relations diplomatiques ont été rétablies trois ans plus tard.

"Il faut demander pardon"

Pour autant, "la relation n'a jamais décollé et reste marquée par l'émotion, la passion, le parti pris", estime Antoine Glaser, ancien journaliste et expert de la politique africaine de la France, qui rappelle l'"antagonisme" entre la France et le Rwanda sur le dossier de la RDC, où Kigali est régulièrement accusé de soutien aux rébellions...

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