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Ce grand bandit de Sarkozy ( Bakchich)

par Backchich 18 Mars 2014, 16:24 France Sarkozy Bandit

Ce grand bandit de Sarkozy ( Bakchich)
Ce grand bandit de Sarkozy

Bakchich

En usant de téléphones dédiés et de fausses identités, l'ancien président adopte l'un des codes du grand banditisme.

Durant les 60 mois de son mandat présidentiel, Nicolas Sarkozy, logé aux frais de la princesse, a surtout squatté les unes de médias d'abord enamourés de ce suractif chef d'Etat, avant de vouer aux gémonies l'hyperprésidentialisme.

Mettant en scène tant sa vie publique que sa vie privée, ses déplacements politiques comme ses romances, le maître de l'Elysée a également vu se dessiner une ombre judiciaire. Dossiers de la DCN, implication dans l'affaire Bettencourt, liens financiers avec le régime de Kadhafi. Seulement des spectres, qui se sont matérialisés une fois Sarko Ier éjecté du Palais en main 2012...et son immunité judiciaire tombée 3 mois après.

Les cartes postales politiques envoyées par les médias, censées préparer son triomphal retour au sommet de l'Etat, ont été entrecoupées d'une abondante littérature judiciaire.

Son nom est d'abord apparu dans l'épineux dossier des ventes des sous-marins Agosta au Pakistan au début des années 90. Alors ministre du Budget, Sarko le Balladurien a autorisé la création d'officine luxembourgeoises de versements de commission. Ces fluidifications d'État ne lui ont pas valu de mises en cause judiciaire quand un renvoi devant la Cour de Justice de la République a été préconisée à l'encontre de son ancien mentor Edouard Balladur, son collègue François Léotard, et que le spectre d'un procès menace Renaud Donnedieu de Vabres. Puis ses visites au couple Bettencourt lors de la campagne des présidentielles 2007 ont attiré la suspicion. Le simple citoyen Sarkozy a même été mis en examen pour abus de faiblesse envers la femme la plus riche de France, avant que les juges ne renoncent à le renvoyer devant un tribunal, faute d'une infraction suffisamment constituée. Désormais, les sables libyens s'agitent autour de l'homme qui a fait tomber Kadhafi en 2011, quatre ans après lui avoir déroulé le tapis rouge, et offert de planter sa tente dans les jardins de l'Hôtel de Lassay.

Menées par les juges Grouman et Tournaire, une instruction sur de présumés financement libyens de sa campagne présidentielle en 2007 n'a pour l'heure pas abouti à sa mis en cause judiciaire. Ni aucune mise en examen. Mais a d'ores et déjà provoqué beaucoup de remous. Dernier tsunami en date, la révélation de sa mise sur écoute.

Lire: Sarko en Libye, le Qatar rit

Réseau dédié, fausse identité et cercle d'initiés

Qualifié «d'homme en bande organisée» par Médiapart, après avoir été taxé de voyou de la République par Marianne, l'Ex et sa cour ont beau jeu de tirer à vue sur les médias et les juges. Les méthodes employées par Sarkozy pour converser en toute tranquillité sont assez marquées. Comme le dévoile le Canard Enchaîné (11/03), Nicolas Sarkozy a utilisé un téléphone portable acheté sous un nom d'emprunt. Pour discrète qu'elle soit la manoeuvre n'a pas empêché les juges de retrouver ce téléphone, ainsi que l'a révélé Le Monde le 7 mars. En revanche elle s'inscrit dans une tradition assez éloignée des plus hautes fonctions de l'Etat et plus proche du grand (et petit) banditisme. Il est même très courant que les truands en cavale ou objet de surveillance de magistrats choisissent de s'équiper de téléphones, souvent prépayés, acquis sous des faux noms et dédiés entièrement à leurs conversations avec des proches ou complices. Ainsi c'est en retraçant les flottes de mobiles dédiées aux membres du clan Barresi Campanella que les policiers marseillais ont pu débusquer Bernard Barresi, en cavale 20 ans durant. De la même manière, les voyoux corses, du Petit Bar aux bergers de Venzolasca ont pour habitude de renouveler très souvent leurs lignes de téléphone et multiplier les identités fantaisistes. Découvrir qui se cache derrière les alias est souvent un pas décisif dans une instruction. «Ce mode de fonctionnement en circuit fermé, et donc par définition sécurisé rend cette découverte particulièrement intéressante dans le cadre de la recherche menée pour découvrir le fugitif, ainsi que les activités illégales menées par ses complices » peut-on par exemple lire dans une des enquêtes consacrées clan Barresi-Campanella.

Au moins ces changements de fréquences ne bousculent-elles les habitudes ni de l'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, ni du juge Tournaire en charge de l'enquête. Les deux hommes ont l'habitude de frayer dans les affaires de grand banditisme. Par exemple dans le dossier du Cercle Concorde où Me Herzog a défendu un banquier Suisse, Serge Tournaire démarré l'instruction. Et un certain Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, cité : ses services avaient accordé l'autorisation d'ouverture de l'établissement de jeu.

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