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Détérioration de la situation en Centrafrique. Les militaires de l'UE s'apprêtent à renforcer Sangaris. Human Rights Watch accuse la France d'avoir favorisé les anti-balaka

par Sam La Touch 30 Mars 2014, 11:59 Articles de Sam La Touch Centrafrique Sangaris Massacres Anti-balaka Tchad Fance UE Catherine Samba-Panza

Détérioration de la situation en Centrafrique. Les militaires de l'UE s'apprêtent à renforcer Sangaris. Human Rights Watch accuse la France d'avoir favorisé les anti-balaka

"Pour Peter Bouckaert, directeur de la section Urgences de Human Rights Watch, le chaos dans lequel s’enfonce le pays montre l’échec de l’intervention militaire française « Sangaris ». Le défenseur des droits de l'homme dénonce par ailleurs, les curieuses pratiques des soldats français, accusés sur place de favoriser les anti-balaka."
“Les français n’ont pas anticipé la violence des anti-balaka”, Peter Bouckaert, Human Rights Watch (Mondafrique)

La situation en Centrafrique est loin d'être apaisée contrairement à certaines déclarations. Les anti-balaka s'en prenent à présent aux forces militaires dites de "pacification". Ils poursuivent les massacres des populations et s’en prennent aux forces internationales selon la MISCA tandis que les militaires tchadiens ont tiré hier sur la foule.

Samedi, d'après l'AFP " Au moins huit personnes' ont été tuées et plusieurs blessées samedi à Bangui par des soldats tchadiens venus rapatrier leurs compatriotes fuyant les violences en Centrafrique, a-t-on appris auprès de la force africaine (Misca) dimanche. "Des soldats tchadiens venus de leur pays pour rapatrier leurs compatriotes qui désirent quitter (la Centrafrique) ont ouvert le feu sur les habitants des quartiers nord, faisant au moins huit morts et plusieurs blessés", a déclaré à l'AFP un officier de la Misca sous couvert d'anonymat. Ce bilan est "encore provisoire et pourrait bien s'alourdir", a-t-il précisé."


Vendredi, c'était une attaque à la grenade par un groupe extrémiste radical qui a fait une vingtaine de morts lors d'une veillée funéraire de chrétiens. Ces derniers à présent menacent d'attaquer le quartier musulman voisin.

"Une attaque à la grenade a fait au moins 20 morts dans la nuit de jeudi à vendredi à Bangui. Selon le ministre de la Sécurité publique, Denis Wangao Kizimalé, "un groupe d’extrémistes bien connu" des services de police est à l'origine de l'attaque." JAI

A l'horreur succède l'horreur, aux représailes les représailles et l'escalade ne semble pas près de s'arrêter.

Human Rights Watch, a récemment reproché aux autorités françaises de ne pas avoir anticipé la force des représailles des anti-Balaka, de même elle s'est interrogée sur les curieuses pratiques des soldats français, accusés sur place de favoriser les anti-balaka. Cette ONG aurait pu tout aussi bien s'interroger sur la manière dont la France n'a pas anticipé la violence des Séléka en les laissant accéder au pouvoir en mars 2013 dans un coup d'état made in Tchad, dictature amie et portée à bout de bras par la France.

La France après avoir joué aux pyromanes, endosse son habit de pompier partial et espère dès à présent le renfort prochain des forces militaires de l'Union Européenne, (L'UE ouvre la voie au lancement de sa mission militaire en Centrafrique) pour faire le travail de pacification qu'elle ne parvient pas à faire ou qu'elle ne veut pas faire tandis que Catherine Samba-Panza se rendra à Paris le 31 mars pour y prendre conseil.

Lire : “Les français n’ont pas anticipé la violence des anti-balaka”, Peter Bouckaert, Human Rights Watch (Mondafrique)

"Depuis une semaine, la Centrafrique connaît une nouvelle flambée de violences. Dernier drame en date, dans la nuit du 27 au 28 mars, vingt personnes ont été tuées dans une attaque à la grenade attribuée à des musulmans. Pour Peter Bouckaert, directeur de la section Urgences de Human Rights Watch, le chaos dans lequel s’enfonce le pays montre l’échec de l’intervention militaire française « Sangaris ». Le défenseur des droits de l'homme dénonce par ailleurs, les curieuses pratiques des soldats français, accusés sur place de favoriser les anti-balaka.

Mondafrique : Le 20 décembre 2013, quinze jours après le début de l’intervention française en Centrafrique, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian déclarait dans un entretien télévisé que la mission de la France dans ce pays consistait à procéder à un « désarmement impartial » des milices. Qu’en est-il sur le terrain ?

Peter Bouckaert : La réalité est toute autre. La majorité des musulmans du pays, y compris de la capitale Bangui, ont du fuir les violences des milices anti-balaka sous les yeux des troupes françaises. La semaine dernière, huit musulmans de plus sont morts à Bangui. C’est au regard de ces résultats que l’efficacité de l’intervention française doit être jugée. Selon les dernières estimations, près de 100 000 musulmans se sont réfugiés au Tchad, au Cameroun et dans les deux Congos. Aujourd’hui, on en est à près de 200 000 personnes déplacées. Difficile dans ces conditions de parler d’une réussite.

Mondafrique : Qu’est-ce qui explique cet échec selon vous ?

P.B. : Au moment de leur arrivée à Bangui, les militaires français avaient pour mission principale de désarmer les membres de la Séléka qui se sont rendus coupables de terribles exactions après leur arrivée au pouvoir il y a un an. A l’époque, nous avions beaucoup moins entendu parler de la violence des anti-balaka car les exactions avaient lieu le plus souvent dans des régions très reculées de la Centrafrique d’où ne remontait aucune information. Les militaires de la Sangaris n’avaient pas anticipé la violence des attaques de la part des anti-balaka contre la population musulmane. Il leur a fallu des mois pour réaliser ce qui se passait et ajuster leurs plans. Ce n’est qu’à la fin du mois de janvier 2014 que le général Francisco Soriano qui dirige la force Sangaris a annoncé un changement de stratégie destiné à contrer l’offensive des milices anti-balaka. Mais malgré ce revirement, ces milices n’ont pas été cantonnées et encore moins désarmées. Elles continuent de mener des exactions en toute impunité à Bangui et à l’intérieur du pays. Pas plus tard que la semaine dernière, des éléments anti-balaka ont même réussi à bloquer l’accèsà l’aéroport de Bangui et à la sortie de la ville."


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