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J’étais leader du mouvement estudiantin et la CIA m’a recruté. Raúl Capote, cubain, ex-agent double de la CIA et les "coups d’Etat doux" (LGS)

par Revista Chávez Vive 31 Mars 2014, 12:31 Venezuela USA CIA Coup d'Etat Raul Capote

J’étais leader du mouvement estudiantin et la CIA m’a recruté. Raúl Capote, cubain, ex-agent double de la CIA et les "coups d’Etat doux" (LGS)
J’étais leader du mouvement estudiantin et la CIA m’a recruté. Raúl Capote, cubain, ex-agent double de la CIA et les "coups d’Etat doux"
Par Revista Chávez Vive
Le Grand Soir

Traduction : Anne Wolf

23 mars 2014 – Raúl Capote est cubain. Mais pas n’importe quel cubain. Dans sa jeunesse il a été recruté par l’Agence Centrale de Renseignement (CIA) des États-Unis. Ils lui ont offert de grosses sommes d’argent pour conspirer contre Cuba. Seulement voilà, il s’est produit quelque chose d’inattendu par la CIA. Capote en réalité travaillait pour la Sécurité Nationale Cubaine. Dés lors, il devint agent double. Voici son interview exclusive, pour Chavez vive qui s’est déroulée à la Havane.

Comment s’est déroulé ton recrutement ?

Cela a commencé par un processus qui s’est déroulé sur de longues années, dont plusieurs années de préparation et de recrutement. J’étais leader d’un mouvement de jeunesse à Cuba, duquel à un moment est née une organisation, l’Association Culturelle des Frères Saiz, une association de jeunes créateurs, des jeunes peintres, des écrivains, des artistes. Je travaillais dans une ville du Sud de Cuba, Cienfuegos, qui avait une caractéristique fort intéressante pour l’ennemi, dans cette ville un important pôle industriel était en construction à ce moment-là. Une centrale électrique était en construction, la seule pour Cuba, et il y avait beaucoup de jeunes gens qui travaillaient au chantier. En plus c’était une ville qui comptait beaucoup d’ingénieurs nouvellement diplômés en Union Soviétique. Nous étions à fin des années 80, alors qu’il y avait tout ce processus de la Perestroïka.

Beaucoup d’ingénieurs cubains qui revenaient à Cuba à l’époque, après avoir été diplômés là-bas étaient considérés comme des gens ayant adopté ces idées de Perestroïka. Ce territoire était attrayant pour cela et parce qu’il y avait beaucoup de jeunes. Et moi, j’intéressais les Nord-Américains en tant que jeune leader d’une organisation culturelle, qui comptait un important secteur d’ingénieurs intéressés par les arts. Ils ont commencé par fréquenter les réunions auxquelles nous assistions. Ils ne se sont jamais identifiés ni comme ennemis, ni comme agents de la CIA.

Ils étaient plusieurs ou c’était toujours la même personne ?

Plusieurs, ne s’identifiant jamais ni comme agents de la CIA, ni comme des gens qui venaient pour faire du mal, ni rien.

Alors, qui étaient-ils supposés être ?

Ils se présentaient comme des gens qui venaient pour nous aider dans notre projet, et qui avaient des moyens pour le financer. Qui avaient la possibilité de le concrétiser. La proposition, comme cela, semblait alléchante parce que pour réaliser un projet dans le monde de la littérature, tu dois connaître un éditeur, avoir des relations dans le monde de l’édition. C’est un marché très complexe. Et ils venaient au nom d’éditeurs. Ce qui s’est produit, c’est que, pendant le déroulement du processus d’approche, ce qu’ils voulaient réellement est devenu tout à fait évident. Une fois que le contact avait été établi, une fois qu’ils ont commencé à fréquenter nos réunions, qu’ils ont commencé à promettre des financements,, sont venues, alors, les conditions pour les obtenir.

Qu’est-ce qu’ils exigeaient ?

Ils nous disaient : « Nous avons la possibilité de mettre le marché à votre disposition, de vous faire accéder au libre marche du livre ou des arts plastiques ou du ciné ou de quoi que ce soit, mais nous avons besoin de la vérité, parce que ce qui se vend sur le marché, c’est l’image de Cuba. L’image de Cuba doit être une image réaliste, des difficultés, de ce qui se passe dans le pays. Ils voulaient pervertir la réalité cubaine. Ce qu’ils te demandaient c’était que tu fasses la critique de la révolution, en te fondant sur les lignes de propagande contre Cuba, qu’eux imposaient.

A combien pouvaient s’élever les budgets de ces gens ?

Ils débarquaient avec une quantité d’argent infinie, et la source de cet argent ? Avec le temps, nous avons fini par savoir d’où il provenait. Par exemple, il y avait l’USAID, qui était le plus gros bailleur, la plus grande contractante de tous ces budgets, qui étaient canalisés à travers des ONG qui souvent étaient inventées pour Cuba. C’étaient des ONG qui n’existaient pas, elles étaient créées uniquement pour ce genre de travail à Cuba, ici nous parlons de mille et de milliers de dollars. Ils ne travaillaient pas avec des budgets minables. Pour te donner un exemple, à un moment donné, à moi, on m’a offert 10 mille dollars, rien que pour inclure des éléments de propagande contre Cuba, dans le roman auquel j’étais en train de travailler.

Cela se passe en quelle année ?

C’était en 1988, 89

Combien de gens sont susceptibles d’avoir été contactés ou recrutés ?

En réalité, leur succès n’a pas duré très longtemps, parce qu’à Cuba il y avait toute une culture pour affronter ce genre de choses, et les gens étaient très lucides quand au fait qu’il pouvait y avoir quelque chose de caché derrière cette prétention de vouloir nous aider. Ce n’était pas nouveau dans l’histoire du pays, et du coup, il leur était très difficile de parvenir où ils voulaient en venir. A un moment précis, en 92, nous avons tenu une réunion, tous les membres de l’organisation, et nous avons décidé de les expulser. De ne plus permettre qu’ils assistent à aucune de nos réunions. Ces gens nous étaient venus avec des propositions concrètes et conditionnées, en plus de l’aide économique qu’ils nous accordaient. Ce qui s’est passé, c’est qu’à ce moment nous avons décidé de les rejeter, nous les avons expulsés du siège de l’association. C’est alors qu’ils ont commencé à nous contacter individuellement. Ils ont commencé par me rendre visite à moi, et à quelques autres compagnons, des gens jeunes. Avec certains ils eurent du succès, et ils réussirent même à faire quitter le pays à certains d’entre eux.

Quel profil recherchaient-ils ? Plus ou moins ? Est-ce possible de définir un profil ?

A cette époque, ils voulaient avant tout présenter Cuba comme un pays en plein chaos. Montrer que le socialisme à Cuba n’avait pas réussi à répondre aux besoins de la population, et que Cuba était un pays que le socialisme avait conduit à la pauvreté absolue, et qui n’était pas un modèle alléchant. C’était la clé du but qu’ils poursuivaient, en particulier à ce moment.

Tu as travaillé combien de temps comme agent de la CIA ?

Il y a eu une phase initiale jusqu’à l’année 94. En 94, je suis revenu à La Havane et ici, dans la capitale, j’ai commencé à travailler dans le Syndicat des Travailleurs de le Culture, un syndicat qui représente les travailleurs de la culture dans la capitale. Du coup, je suis devenu beaucoup plus intéressant pour eux, parce que j’étais passé de la direction d’une organisation de jeunes de 4000 membres, à celle d’une organisation syndicale avec 40 000 affiliés. Et ces 40 000 affiliés, c’est seulement pour la ville de La Havane. Je devenais beaucoup plus intéressant pour eux. Les contacts se sont poursuivis. A cette époque apparut une nouvelle professeure d’université qui venait avec la mission de donner une impulsion à la production de mon œuvre littéraire, de se convertir en ma représentante, d’organiser des événements.

Tu peux donner des noms ?

Non, pas vraiment, parce qu’ils utilisent des pseudonymes. Ils ne se servent jamais de leurs vrais noms.

Dans ce genre de travail, de faire ma promotion en tant qu’écrivain, ce qui les intéressait, c’était de me convertir en personnalité du monde littéraire. Me promouvoir et m’impliquer avec eux de manière directe. Depuis lors, en 2004 , arriva ici à La Havane une personne qui est bien connue au Venezuela, Kelly Keiderling. Kelly est arrivée à La Havane et a travaillé comme Directrice du Bureau de Presse et de la Culture. Préparant une réunion. Préparant un cocktail, et lors d’un de ces cocktails, j’ai rencontré 12 fonctionnaires nord-américains et européens. Il n’y avait pas seulement des nord-américains. Tous étaient des personnes expérimentées, certains avaient même eu de l’expérience en Union Soviétique, d’autres avaient participé à des entraînements et des préparations de personnes en Yougoslavie, dans les révolutions de couleurs, et ils étaient tous très intéressés à l’idée de faire ma connaissance. Kelly est devenue une personne très proche. Elle a commencé à me préparer, à faire mon instruction.

Avec elle, j’’ai commencé à bénéficier d’un entraînement consistant. Au sujet de la création de groupes alternatifs, de la création de groupes indépendants, de l’organisation et la formation de leaders de la jeunesse, en particulier à travers des projets culturels, mais toujours alternatifs, ne participant pas au travail des Institutions culturelles.

Cela c’était en 2004-2005. Kelly est sortie de la scène, en 2005-2006. Et j’ai commencé à travailler, elle m’avait mis en contact direct avec de agents de la CIA. De fait, je m’étais déjà impliqué dans leur histoire et j’étais prêt pour la mission suivante, ils me mirent alors en contact avec Renee Greenwald, un officier de la CIA qui se mit à travailler avec moi de manière directe. Jai aussi été mis en contact avec un Monsieur appelé Mark Waterhein, qui était alors le chef du Projet Cuba, de la Fondation Panaméricaine pour le Développement.

Ce monsieur, Mark, en plus de diriger le Projet Cuba, avait des liens directs avec Cuba dans le domaine des financements de projets contre la Révolution, en plus d’être engagé en même temps, à cette époque, dans des actions contre le Venezuela. Tout cela était étroitement lié. Parfois il était très difficile de savoir qui travaillait dans le secteur Cuba ou non, parce que la plupart étaient interchangeables. Par exemple, il y avait des Vénézuéliens qui venaient travailler avec moi et qui travaillaient à Washington, c’étaient des subordonnés de la fondation Panaméricaine et de la CIA et ils venaient également s’entretenir avec moi à Cuba, et ils amenaient des subsides. De la est née l’idée de créer une fondation, un projet qui s’appelait Génesis.

Génesis, c’est quelque chose comme la matrice, l’idée de beaucoup de choses qui se sont produites dans le monde actuel et Génesis est un projet dirigé par de jeunes universitaires cubains. Il y a quelque chose de similaire au Venezuela. Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? L’idée est de convertir les universités – des universités qui ont toujours été révolutionnaires, qui ont produit des révolutionnaires, celles dont sont sortis beaucoup de révolutionnaires des deux pays – de les convertir en fabriques de réactionnaires. Comment est-ce qu’on réalise cela ? En formant des leaders. Par quoi ont-ils commencé au Venezuela ? Par envoyer des étudiants en Yougoslavie, financés par l’Institut Républicain International (IRI), qui lui est financé par l’USAID et par l’Albert Einstein Institut. Ils les ont envoyés par groupe de dix, avec leur professeur.

Tu as les noms des Venezueliens ?

Non, ils en ont envoyé des centaines. J’ai parlé avec le professeur, et j’ai vu que les groupes se succédaient, l’un à l’autre. Parce qu’ils travaillent dans le long terme. C’est le même plan que contre Cuba. Génesis promeut à l’intérieur des universités un plan de bourses de formation de leaders pour les étudiants et les professeurs Cubains. Et les plans sont fort semblables. Ils ont même, en 2003, préparé un cours, ici, à La Havane dans la section Intérêts des États-Unis qui avait pour intitulé Renverser un leader, Renverser un dictateur, il s’est basé sur l’expérience d’OTPOR pour enlever le pouvoir à Milosevic.

A l’intérieur de l’université cubaine, ils travaillent dans le long terme, parce que tous ces projets nécessitent toujours beaucoup de temps avant d’obtenir des résultats. C’est pour cela qu’ils ont commencé très tôt au Venezuela. Je pense - mais je n’ai pas de preuves - qu’ils avaient déjà commencé à travailler avant le gouvernement de Chávez, parce que le plan de convertir les universités latino-américaines qui ont toujours été des sources des processus révolutionnaires en universités réactionnaires est plus ancien que le processus vénézuélien pour renverser la situation et créer une nouvelle droite.

La CIA travaille seulement à Caracas ?

Non, dans tout le Venezuela. A ce moment - nous parlons de l’année 2004-2005 - Génesis avait un plan de bourses pour former des leaders. On proposait aux étudiants une bourse pour étudier dans une des grandes universités étasuniennes ou dans une grande université européenne afin de se former comme leader, tous frais payés. Ils payent les dépenses, ils offrent de bourses complètes. Et les leaders à un moment reviennent de ces universités. Ils sont étudiants, ils vont terminer leur cursus. Et quand ils ont terminé leur cursus, ils vont occuper différentes charges, avec différents potentiels, en tant qu’ingénieurs, comme licenciés dans différents secteurs de la société cubaine, et il y en a en permanence d’autres qui vont être préparés à devenir des leaders au sein de l’université.

Une des missions les plus importantes de ces leaders au sein de l’université sera d’occuper la direction des principales organisations de la jeunesse étudiante. Dans le cas de Cuba, nous parlons de l’Union de la Jeunesse Communiste, et de la Fédération Etudiante Universitaire, etc... dès lors, il ne s’agit plus de créer des groupes en parallèle, mais bien de se convertir en leaders des organisations existantes à Cuba. Tout en formant un groupe de leaders spécialisés en stratégie d’organisation de coup d’état doux. Et d’entraîner des gens pour quand le moment sera venu. Le moment idéal pour pouvoir effectuer une de ces fameuses révolutions de couleur ou guerres non violentes, dont on sait bien qu’elles n’ont rien de non violent.

Quel est le profil recherché pour recruter un professeur ?

Les professeurs, c’est facile. Il faut identifier dans l’université des professeurs qui sont mécontents de l’institution, des gens frustrés parce qu’ils considèrent que l’institution ne les soutient pas ou qu’elle ne reconnaît pas leurs mérites. Plus vieux ils sont, meilleur c’est. Ils ne le disent pas. Ils choisissent des personnes plus âgées pour que tu en sélectionnes un. Tu lui envoies un projet de bourses, ou mieux, pour commencer, il reçoit une invitation afin de participer à un grand congrès international dans une branche déterminée, et il aura une éternelle reconnaissance, parce que tu es celui qui a découvert son talent qui n’avait jamais été reconnu par l’université.

Après, cet homme, qui fait partie de ton université, que tu as envoyé étudier hors du pays, et qui a participé à un grand événement, la CIA publie son œuvre et lui construit un curriculum. Et quand le bonhomme revient à Cuba il a un super curriculum, il a participé à un événement scientifique du plus haut niveau, il a suivi des cours dans de grandes universités et son curriculum atteint les sommets et du coup son influence à l’université grandit, parce qu’il va être reconnu comme une figure de sa spécialité, quoique dans la pratique cet homme est un ignorant.

Et ils sont vraiment efficients et efficaces ces types de recrutement et de missions que la CIA vient accomplir là ?

Dans le cas de Cuba ils n’ont pas obtenu de grands résultats. Il y avait, avant tout, une raison essentielle pour cela qui était que celui qui dirigeait le projet, c’était moi. Et moi en réalité je n’étais pas un agent de la CIA, j’étais un agent de la Sécurité Cubaine, et tout le projet passait entre mes mains. J’étais chargé de le mettre en pratique et le plan dépendait toujours du travail que je faisais, et ce que nous faisons c’était de lui mettre un maximum de bâtons dans les roues, sachant d’avance ce qui était planifié.

Mais attention, le plan était calculé pour être activé au moment où disparaîtraient les grandes figures de la Révolution. C’était un plan calculé sur 5 ou 10 ans, le temps que Fidel disparaisse de la scène politique, ainsi que Raul et les autres leaders historiques du pays. C’est ce moment là qu’ils attendaient et quand cela se produirait il devrait surgir de l’université - avec tout l’appui des ONG et de l’USAID et de tous ces gens qui travaillent autour avec l’argent nord-américain, - une organisation qui se présenterait en plein jour comme une alternative à la révolution. C’est cela ce que prépare la Fondation Génésis pour la Liberté.

C’est quoi cette Fondation ?

La Fondation Génesis pour la Liberté tient un discours apparemment révolutionnaire, dans l’idée de semer la confusion chez les gens. L’idée est qu’ils se présentent comme révolutionnaires, et qu’ils désirent faire des changement dans le gouvernement mais quand tu regardes leur pratique, que tu considères l’essence du projet, quand tu te poses la question de ce qu’est réellement ce projet, tu constates que le discours et le projet sont exactement les mêmes que ceux de la droite traditionnelle, parce que les changements dont ils font la promotion sont ceux que, depuis toujours, la droite essaye d’introduire dans le pays.

Dans la pratique et selon leurs critères, ils ont eu une grande opportunité en 2006, quand fut annoncé à la télévision que Fidel pour des raisons de santé cesserait d’assumer ses responsabilités dans le gouvernement, ils ont toujours prétendu que la Révolution Cubaine s’écroulerait le jour de la mort de Fidel. Parce que la Révolution est Fidel, et que quand il ne serait plus là, qu’il meure ou abandonne le gouvernement, d’un jour à l’autre la Révolution s’écroulerait. Et ils ont fait des calculs qui prévoient des affrontements internes et que cela va provoquer du mécontentement, Calculs dont on ne sait trop d’où ils les sortent, mais eux y croient. Et à ce moment du retrait de Fidel, ils ont cru qu’était venu le moment pour eux de passer à l’action.

Nous parlons de 2006, quel était le plan ?

Ils m’ont appelé immédiatement. Nous nous sommes réunis avec le chef de la station de la CIA, ici, à La Havane, ont participé aussi des fonctionnaires de la diplomatie, et l’un d’eux me dit “Nous allons organiser une provocation. Nous allons organiser un soulèvement populaire dans un quartier central de La Havane ». Ils ont dit qu’ils avaient une personne qui était disposée à prendre la tête de l’histoire, "pour la démocratie", et nous allions former un groupe qui devrait exécuter une série de provocations en différents lieux, de telle manière que les forces de sécurité cubaines se voient obligées d’agir contre ces gens, et nous allions préparer une grande campagne de presse » et ils ont commencé à expliquer comment tout cela allait fonctionner. Ce qui est intéressant dans tout cela et qui retient fortement l’attention, c’est : comment est-il possible qu’un fonctionnaire de la Section Intérêts des États-Unis dispose du pouvoir de convoquer les principaux medias et que ces gens lui obéissent servilement ? C’est fort interpellant.

Je lui ai dit que cet homme dont il faisait mention qui s’appelle Alci Ferrer - le jeune homme qu’ils avaient choisi était un jeune agent, médecin, il l’avait choisi pour prendre la tête du soulèvement, je lui dis que ce gars n’allait faire bouger personne. Que personne n’allait se lever et venir au Centre de La Havane. La date qu’ils avaient choisie, était rien de moins que celle de l’anniversaire de Fidel. Quand il me fit part de la date, je lui dis : « Ecoute un peu, mon gars, si cet homme, ce jour-là, cela le prend de commencer à lancer des tracts, ou de monter quelque chose dans le Centre de La Havane, les gens font réagir violemment, et il est même possible que ton bonhomme se fasse tuer ». Parce que dans les quartiers humbles les habitants n’aiment pas ce genre de choses. Et il me répondit textuellement : "Le mieux qu’il puisse nous arriver est qu’ils tuent cet homme, qu’ils le tuent, ce serait parfait » et il m’expliqua que c’est ce qui devait se produire, il fallait seulement que leur homme les provoque. "Qu’ils sortent dans la rue et qu’il y ait un affrontement. Si cela se produit, la presse se chargera de construire le reste, nous allons monter une grande campagne médiatique pour démontrer qu’à Cuba, c’est le chaos, et que Cuba est ingouvernable, et qu’à Cuba Raul est incapable de tenir les rênes du gouvernement, qu’il est occupé à assassiner la population civile, qu’il réprime les étudiants dans la rue et que la police commet des crimes". Toute ressemblance avec le Venezuela n’est pas purement fortuite. C’est comme ça.

Qu’est ce qui devait se passer dans ces conditions ?

Une fois que toutes la matrices d’opinion auraient été crées et que les matrices médiatiques auraient construit cette image, quand le monde entier aurait une vision de Cuba courant vers un grand désastre, et du gouvernement tuant des gens, quand tout cela serait accomplit, alors mon Organisation devait accomplir la tâche finale.

Quelle était la tâche finale ?

Je devais convoquer la presse internationale en tant que professeur d’université, en usant de mon statut d’écrivain, et de leader de cette organisation, je devais me montrer en public et demander au gouvernement des USA qu’il intervienne à Cuba pour garantir la vie des civils et pour ramener la tranquillité et la paix au peuple cubain. Parler du pays au nom du peuple cubain !Tu imagines ?

Ce plan a échoué. Il n’a pas donné de résultat, mais après tu constates, que c’est la manière dont s’est montée la guerre en Libye, c’est la manière dont elle s’est construite. Plus de 80% de l’information qui fut diffusée était fabriquée de toutes pièces. La même chose s’est produite en Syrie, et ils ont fait la même chose en Ukraine. J’ai eu l’occasion d’en parler avec de nombreux Ukrainiens, de ceux qui étaient à la base du mouvement. Des gens qui étaient en faveur d’une union avec l’Europe. J’ai essayé de parler avec eux ces jours-ci. Je voulais savoir quels avaient été les processus. Ils ont été stupéfiés par les images transmissent dans le monde et ici, à Miami. Eux-mêmes le disent : « Nous étions en train de protester là-bas, mais ces gens que l’on voit à la télévision, cela c’est un groupe spécifique, il y avait des secteurs, des endroits où se trouvaient des groupes de droite, de très extrême-droite, où il y eu des incidents de ce genre, où des incendies ont été provoqués, mais la plus grande partie de manifestations, n’avaient pas ces caractéristiques ». Serait-ce encore une fois la répétition de ce schéma qui utilise tous les moyens de communication ?

Les relations entre les Ambassades des pays respectifs et la CIA sont directes alors ?

Absolument, dans chaque ambassade étasunienne en Amérique Latine, il y a un bureau de la CIA, qui travaille à l’intérieur utilisant une façade de fonctionnaires diplomatiques.

De ce que tu sais où y a-t-il la plus grande présence de la CIA dans la région ?

Bon, à un moment donné il y avait une forte présence en Equateur, une grande concentration, et bien sûr au Venezuela, par exemple, en 2012 quand j’ai participé à la Foire du Livre à Caracas, tous ces gens avec qui j’avais travaillé à Cuba, tous ces officiers de la CIA, et même Kelly Leiderling, étaient à Caracas à ce moment-là. J’ai participé à un programme de Venezolana de Television où nous avons évoqué ce thème, en faisant fort attention, parce que nous parlions de 2 pays en relation diplomatiques. Ce n’est pas la même chose pour Cuba, Cuba n’a pas de relation avec les États-Unis qui sont un ennemi déclaré. Mais là nous étions en train de parler de fonctionnaires entretenant des relations diplomatiques, et c’est fort malvenu de le faire sans avoir de preuves concrètes que tu puisses présenter, cependant l’entrevue a eu lieu et la dénonciation de ce qui se passait a eu lieu. Kelly Keiderling est une experte de ce genre de guerre. Moi, je n’ai pas le moindre doute. Pas avec son parcours ! Pas avec les pays où elle est allée et les moments où elle y a séjourné qui coïncident avec ce type de conflits...

Elle a parcouru de nombreux pays à travers le monde, dans lesquels il y avait des situations similaires à celle qu’elle tente de concrétiser au Venezuela. Et quand tu analyses ce qui ce passe au Venezuela ces jours derniers, la manière dont les événements se sont déroulés, je pense que la caractéristique est que la presse s’est montrée terriblement agressive dans la manipulation de l’information. Terriblement agressive. Jusqu’au point où tu te dis qu’il y a une maladresse parce qu’il y a des images dont il est tout à fait évident qu’elles montrent des faits qui ne se sont pas produits au Venezuela. Il y a une image où apparaît un soldat avec un journaliste et sa caméra, les deux sont coréens. Ce sont des asiatiques, ils ne ressemblent en rien à des Vénézuéliens. De même pour les uniformes qu’ils utilisent. Ils ont été très agressifs dans les images qu’ils ont projetées dans le monde de ce qui se passe au Venezuela. Ils contrôlent les media. La plus grande partie de gens dans le monde, voient les images qu’ils veulent transmettre, ce qu’elles essayent de dire.

Ils contrôlent les medias, est-ce qu’il t’est arrivé de rencontrer dans des camps d’entraînemente certains journalistes, connus ou pas ?

Non

CNN par exemple ?

Non, il y avait un type, Antony Golden, de Reuters, qui avait pas mal de liens avec moi à un moment, il servait de liaison pour entrer en contact avec un officier de la CIA, mais c’était un élément indépendant de Reuter. CNN a toujours été très liée à toutes ces choses, CNN depuis ses débuts, mais par-dessus tout ces derniers temps, et en particulier CNN en espagnol, a toujours incontestablement été un outil de travail utilisé par la CIA Mais le problème, c’est qu’il y a une chose à avoir en tête pour comprendre ce qui se passe, il n’existe aucune sorte de chaîne de télévision qui agit par soi-même.

Ce sont des conglomérats. Et qui dirigent les conglomérats des communications ? Par exemple Time, Warner et Aol, et toutes ces grandes compagnies des communications de la télévision par cable, de la télévision de ciné, de la télévision en général, qui les dirigent à la fin ? Qui en est propriétaire ? Par là, il y a Westinghouse, et ici il y a General Electric. Les mêmes qui te fabriquent un avion de combat, les mêmes qui te fabriquent la bonne petite galette sucrée que tu vas croquer dans ton lit la nuit et dont la publicité est présentée par un artiste. Ce sont les mêmes qui dirigent les journaux du monde entier... et devant qui ont à répondre ces gens ?

Comment vois-tu ce qui se passe au Venezuela si tu le compares avec ce qui était planifié à Cuba ? Quelles conclusions peut-on en tirer ?

C’est une nouvelle stratégie, qui s’est développée à partir de l’expérience qu’ils ont eue dans le monde entier, mais qui, j’en suis convaincu ne donne de résultats que dans les lieux ou il n’y a pas un peuple qui soutient la révolution. Cela a marché avec Milosevic, parce que Milosevic en Yougoslavie était un leader qui avait lui-même mis son image en déroute En Ukraine pareil, Yanoukovitch est un homme qui avait fort peu d’appui populaire, et cela a produit des résultats aussi en d’autres lieux, grâce au peu d’appui populaire dont disposaient les gouvernements. Là où il y a des gouvernements légitimes, des gouvernements solides et des gens disposés à défendre la révolution, leur plan échoue.

Dans quelle phase le plan a-t-il échoué ?

Ils vont continuer, ce qui va se passer maintenant, c’est qu’ils vont continuer à perfectionner la méthode. Nous sommes l’ennemi. Que ce soit le Venezuela ou Cuba, et toutes les alternatives qui se construisent en Amérique Latine. Nous sommes les dissidents du monde. Nous vivons dans un monde dominé par le capitalisme. Un monde dans lequel domine une nouvelle manière d’être du capitalisme, qui ne peut déjà plus être qualifiée d’impérialisme, c’est quelque chose de nouveau qui va beaucoup plus loin que ce qu’on envisagé de l’histoire les théories du marxisme, il y a longtemps. C’est quelque chose de nouveau, d’inédit. C’est un pouvoir, pratiquement global des grandes transnationales, de ces mega structures qu’ils ont crées. Dès lors, nous, sommes l’ennemi. Nous qui présentons un projet alternatif. La solution que nous proposons au monde est différente. Nous savons comment faire, et Cuba, et le Venezuela et les pays de l’Alba ont démontré que c’était possible. La révolution cubaine a 55 ans d’existence,, elle est validée par ses 55 ans d’existence. Avec une volonté politique elle a réussi des choses que le gouvernement nord américain même avec tout l’argent du monde, n’a pas réussi à obtenir. Et du coup, elle est un mauvais exemple.

Je dis à mes étudiants : Prenez les Indignés en Espagne, et les milliers et les millions d’ouvriers en Espagne qui n’ont pas de travail, les Grecs, vous croyez que tous ces gens dans le monde savent ce que nous faisons ? Tu t’imagines que les gens savent qui est Chávez ? Qui est Fidel ? Ou toutes ces choses que nous faisons ici ? Toutes ces choses que nous faisons avec si peu de ressources, avec seulement la volonté de faire la révolution et de répartir la richesse ?

Qu’est-ce qui va se passer avec le capitalisme ? Combien de temps va durer un capitalisme qui doit chaque jour dépenser des milliards de dollars pour entretenir son image et tromper les gens ? Que se passerait-il si les gens savaient qui nous sommes réellement ? Ce qu’est réellement la révolution Cubaine et ce qu’est réellement la révolution vénézuélienne ? Si tu discutes avec un espagnol et que tu lui parles de Chávez, il te donnera une vison négative de Chávez parce que c’est comme cela qu’on l’a construit dans son esprit, tu vas rencontrer un sans-emploi qui va te dire que Chávez était un type horrible parce que les medias l’en ont persuadé, mais ... si les gens savaient ce que les choses sont réellement. Ils ne pourraient pas se permettre d’avoir des ennemis aussi formidables que nous qui sommes ici, à leur porte.

Du point de vue de la souveraineté nationale de nos peuples comment peut-on arrêter le travail de la CIA ? Nous avons déjà parlé de la conscience du peuple qui est fondamentale dans ce genre d’action mais concrètement comment prévenir le travail de la CIA ? Que pouvons-nous faire ? Qu’est-ce que tu nous recommande de faire ?

Je pense qu’il y a une chose que Chávez a dite et que Fidel dit toujours, la clé pour dérouter l’empire, c’est l’unité. Ce n’est pas une consigne, c’est une réalité. C’est l’unique manière que tu as de mettre en déroute un projet comme celui-là. Un projet qui émane des Services Spéciaux, et qui émane du capitalisme. Tu n’y parviendras que par l’unité des gens.

Sommes-nous en train de parler d’unité civico-militaire ?

Oui, l’unité en tous les sens. L’unité fondée dans la diversité, dans les peuples, l’unité comme nation, l’unité comme projet. Là où les gens se divisent il y a une autre réalité.

Sur quoi faut-il se concentrer ? Dans quel domaine faut-il concentrer ses forces, pour nous défendre de ce genre d’action, de ce style d’attaques ?

L’armée qui met cela en déroute, c’est le peuple. Je pense que l’expérience cubaine l’a très bien démontré. Il y a des expériences dans le monde qui le démontrent très clairement. Qu’est-ce qui s’est passé dans le monde quand le peuple n’a pas été le protagoniste de la défense de la révolution ? Et quand le peuple en a été protagoniste ? Comme c’est le cas à Cuba. Nous avons réussi à mettre la CIA et l’empire en déroute des millions de fois, parce que le peuple était protagoniste de la Révolution.

Est-ce que la CIA utilise la base de données des réseaux sociaux et ce type de chose pour définir ses plans ?

Ils en sont les propriétaires. Bon, il y a les dénonciations de Snowden et tout ce qui a été publié sur Wikileaks, et toutes ces choses qui n’étaient un secret pour personne, parce qu’on les suspectait, mais maintenant cela a été démontré. Et cela montre que les serveurs Internet leur appartiennent. Tous les serveurs du monde en final sont nord-américains. Ils sont la mère d’Internet et ils contrôlent tous les réseaux, tous les services. Ils ont accès à toute l’information. Et ils ne se gênent pas au moment de l’enregistrer. Facebook est une extraordinaire base de données. Les gens mettent tout sur Facebook. Qui sont leurs amis, quels sont leurs goûts, ce qu’ils vont voir au ciné, ce qu’ils consomment. C’est une source d’information de première main.

Tu as été en contact avec Kelly Keiderling, après ce qui s’est produit au Venezuela ? (elle a été expulsée)

Non je n’ai pas eu de contact avec elle. Je ne sais quel était sa destination finale après ce qui s’est passé (elle a été expulsée du Venezuela pour réunion avec - et financement de terroristes)

Avec l’expérience qu’elle a, jusqu’où a–t-elle pu pénétrer au Venezuela ? Dans les universités vénézuéliennes ?

Je suis certain qu’elle aura été très loin. C’est une agente très intelligente, très bien préparée, très capable, très convaincue de la justesse de ce qu’elle fait. La Kelly est une personne convaincue du bien fondé du travail qu’elle réalise. Convaincue de la justesse de son point de vue. Parce qu’elle est une représentante inconditionnelle du capitalisme. Parce qu’elle est issue de l’élite du capitalisme. C’est partie intégrante de l’action qu’elle mène. Elle n’a aucune sorte de contradictions. Et en me fondant sur l’expérience de son travail et de ses capacités, je suis certain qu’elle aura réussi à aller très loin et qu’elle a poursuivi un travail ancien qui remonte à très loin, un travail qui est en cours depuis bien longtemps pour renverser le processus des université vénézuéliennes. Ce qui importe c’est de savoir jusqu’à quel point ils peuvent y arriver, dans la durée ; c’est un défi pour le processus bolivarien dans la mesure où les gens ont conscience de ce qui pourrait se produire, si cette droite fasciste devient incontrôlable, elle réussira à s’emparer du pouvoir, encore une fois.

N’importe qu’elle personne qui a des contacts, qui sait comment toucher le peuple, comment être activiste dans un mouvement est-elle susceptible d’être recrutée par la CIA ?

Ils vont la rencontrer, ils vont essayer de la recruter. Une personne jeune, un leader, ils vont essayer de le recruter, de le mettre au service de leurs intérêts. Nous ne pouvons laisser cela à la spontanéité, nous ne pouvons laisser cela à l’ennemi. Si nous le laissons à l’ennemi, cela devient des espaces occupés par l’ennemi. Les projets alternatifs auquel nous ne prêtons pas attention, les projets alternatifs desquels nous ne nous rendons pas compte qu’il est nécessaire de nous rapprocher, ceux-là sont des projets que l’ennemi va tenter, par tous les moyens, de faire sien. Usant de l’énorme quantité d’argent dont il dispose à cette fin, sans limite aux quantités de ressources qu’ils peuvent utiliser, parce qu’il joue son avenir et qu’il sait que les jeunes en sont la clé.

Ce qui est bien, c’est que les jeunes sont le présent de l’Amérique Latine. La Révolution Latino-américaine qui est par là, qui est de tous les côtés est celle des jeunes. Sinon, et bien, elle n’aura jamais de résultats et s’ils parviennent à ce que ces jeunes pensent différemment et parviennent à ce que ces jeunes pensent que le capitalisme sauvage est la solution de tous leurs problèmes, alors, il n’aura pas de révolution en Amérique Latine. Clairemement.

Traduction Anne Wolff

Source en espagnol : Ex-agente Raúl Capote : Los planes de la CIA avanzaron mucho en Venezuela

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