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L'historien de la guerre d'Algérie Jean-Luc Einaudi est mort (AFP)

par AFP 23 Mars 2014, 17:16 Jean-Luc Einaudi Algérie 1961 Paris Papon Décès

L'historien de la guerre d'Algérie Jean-Luc Einaudi est mort (AFP)
L'historien de la guerre d'Algérie Jean-Luc Einaudi est mort
AFP / Libération

L’historien Jean-Luc Einaudi, auteur de nombreux ouvrages sur l’Algérie, dont «La Bataille de Paris, 17 octobre 1961», est décédé samedi à l’âge de 62 ans, a-t-on appris dimanche auprès de sa famille.

Jean-Luc Einaudi est mort d’un cancer fulgurant à la Maison Médicale Jeanne-Garnier, à Paris, a précisé sa fille, confirmant une information du Monde.fr.

Né le 14 septembre 1951, il avait notamment témoigné lors du procès de Maurice Papon, en 1997, devant la cour d’assises de Bordeaux, sur la répression sanglante de manifestants algériens en 1961 à Paris.

Attaqué en diffamation par l’ex-préfet de police de Paris en 1999, l’historien avait eu gain de cause.

Jean-Luc Einaudi avait salué en octobre 2012 la reconnaissance par le président François Hollande de «la sanglante» répression des manifestations d’Algériens de la région parisienne, le 17 octobre 1961 à Paris.

Son livre «La Bataille de Paris, 17 octobre 1961», édité au Seuil en 1991 et réédité en 2001, avait mis les événements sur la place publique.

AFP

L'historien de la guerre d'Algérie Jean-Luc Einaudi est mort (AFP)

commentaires

Le pédagogue 02/10/2015 18:43

Le pédagogue :


Un peu partout, dans Paris et sa région des hommes, des femmes et des enfants marchent.
Pour soutenir la résistance des Indigènes contre le colonialisme français.
Des basanés.
D'habitude, ils passent inaperçus.
Ils quittent rarement leurs réserves et les lieux où ils triment.
Et les voilà subitement en masse.
Comment est-ce possible ?
Comment osent-ils devenir visibles ?
Ils marchent.
Des hommes, des femmes, des enfants.
Depuis combien de temps ?
Quelle distance ont-ils parcouru ?
Pour eux, le temps ne compte pas et ils ne mesurent pas l'espace.
Un immense souffle est en eux.
Le but est dans leur coeur et rien de ce qui est éphémère ne les atteint.
Ce qui doit être sera.
Ils s'approchent de la Seine au rythme de battements tels ceux du coeur de la mère que tout enfant béni garde en lui.
Une marche pleine d’espoir.
On aurait dit l'aurore de la vie.
Un peu partout, des rangs noirs formés par des forces dites de l'ordre.
Par moments, de lourds nuages voilent la clarté du jour.
Mais pour ces êtres qui marchent, le ciel est d'un magnifique éclat et la Seine est radieuse.
Mohammad sourit à sa mère qui lui caresse les cheveux, et serre fort la main de son père.
Les rangs noirs explosent, des véhicules ternes vrombissent.
L'arsenal du maintien de l'ordre se répand en un déversement de haine.
Les marcheurs sont encerclés.
Dans Paris et sa région, plus de douze mille arrestations.
Des camps de détention et de torture.
Des blessés.
Des tués.
Des corps d'hommes, de femmes et d'enfants jetés dans la Seine.
Des moyens dits d'information ont informé :
Des semeurs de désordre, terroristes musulmans, ont été mis hors d’état de nuire.
La liberté.
Taratata.
L’égalité.
Taratata.
La fraternité.
Taratata.
Le ciel infini est bleu.
La Seine coule.
Depuis des années, Mohammad, maintenant grand-père, y vient assez régulièrement.
Il s'arrête, fixe le fleuve et sourit à ses parents, jetés dans la Seine le 17 octobre 1961 (selon le calendrier dit grégorien).

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