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Les médias américains amplifient leur offensive de propagande contre la Russie (WSWS)

par WSWS 5 Mars 2014, 15:24 Russie Ukraine USA Médias Propagande OTAN

Les médias américains amplifient leur offensive de propagande contre la Russie (WSWS)
Les médias américains amplifient leur offensive de propagande contre la Russie

Par Joseph Kishore et David North
5 mars 2014

Après le coup d’Etat de l’extrême droite, organisé par les Etats-Unis et les puissances européennes en Ukraine, les médias américains réagissent en déversant un déluge de propagande incendiaire à l’encontre de la Russie.

La diabolisation de la Russie est implacable aussi bien dans la presse écrite que par la voie des ondes. La couverture des événements suit un même et unique scénario simpliste. Les actions de la Russie sont représentées comme étant la quintessence du mal. Son président, Valdimir Poutine, est l’incarnation du diable.

Le contexte historique, les intérêts économiques, le contexte politique et les calculs géostratégiques qui sous-tendent les actions de la Russie sont ignorés. Aucun fait susceptible d’entraver le message programmé n’est admis. Aucun mensonge n’est par trop absurde ou ridicule. Le but de la campagne de propagande n’est pas de convaincre l’opinion publique, mais de l’intimider.

On ne trouve pas l'ombre d'une analyse dans l'éditorial principal (« L’agression de la Russie », « Russia’s Agression ») paru lundi dans le New York Times. Il renferme exclusivement des dénonciations, des bruits de sabre et une hypocrisie sans bornes.

Le Times commence par dénoncer l’« exploitation cynique et scandaleuse de la crise ukrainienne par Poutine dans le but de prendre le contrôle de la Crimée. » On marche sur la tête. En réalité, les Etats-Unis ont soutenu les forces fascistes d’extrême-droite en Ukraine afin de provoquer un changement de régime dans un pays voisin de la Russie. Ces opérations ont été révélées au monde entier par une conversation téléphonique divulguée le mois dernier et au cours de laquelle l’ambassadeur américain en Ukraine et la sous-secrétaire d’Etat américaine discutaient de la composition d’un nouveau gouvernement appuyé par Washington. Le Times, bien sûr, ne fait aucune référence à cet épisode.

Avec un cynisme à couper le souffle, le Times exige qu’Obama dise à Poutine que la Russie « a outrepassé les limites d’un comportement civilisé et [que] sur la scène internationale et dans les relations économiques ceci se paie au prix fort. »

Qui a dépassé les limites du « comportement civilisé ? » Les Etats-Unis sont intervenus dans un pays après l’autre, de Panama à Grenade, du Vietnam à l’Afghanistan, à l’Irak, à la Libye et à la Syrie. Leurs opérations militaires ont provoqué au cours du dernier quart de siècle la mort d’au moins un million de personnes.

Le Times a aussi publié une rubrique (« La guerre de Crimée de Poutine ») de Roger Cohen, qui se présente comme un intellectuel et un expert de la politique étrangère. Au fil des années, il a défendu toutes les formes d’agression militaire des Etats-Unis, allant des Balkans à la Syrie. Il passait pour avoir été un ami très proche de feu l’ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, qui a été tué au consulat américain de Benghazi après avoir contribué à organiser l’opération pour renverser le gouvernement de Mouammar Kadhafi.

La chronique du Times de Cohen consiste en une kyrielle d’insultes et de qualificatifs. Ianoukovitch, le dirigeant déchu de l’Ukraine, est décrit comme un « président godiche, sybarite et à la gâchette facile, et Poutine comme un « obsédé » de l’« empire » de la Russie.

Les actions de Poutine sont qualifiées d’incompréhensibles. Mais pourquoi devrait-il se sentir menacé par « l’expansion de l’OTAN aux pays baltes », par « l’adhésion à l’Union européenne d’Etats comme la Pologne et la Roumanie », par « le fait que l'OTAN rabaisse la Serbie », ou par « la manipulation manifeste par l’Occident d’un mandat des Nations unies pour arriver à ses fins en Libye ? » De toute évidence, Poutine est fou !

Dans une brève et répugnante incursion dans l’histoire, Cohen mentionne en passant les crimes commis par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale, mais il le fait de manière à suggérer qu’ils ne furent que la continuation des crimes de Staline. « Plus tard, les nazis [après Staline] ont fait pire encore, » écrit-il allègrement en précisant que « plusieurs millions sont morts. » Ici, Cohen rejoint une liste grandissante d’historiens de droite qui sont en train de relativiser les crimes des nazis dans le but de justifier la remilitarisation actuelle de l’Allemagne.

Ensuite, sans donner d’explication, Cohen fait référence au « ravin rempli de cadavres à Babi Yar. » Les lecteurs qui ne sont pas familiers de l’histoire pourraient penser que Cohen se réfère aux atrocités staliniennes. Il ne signale pas à ses lecteurs que le ravin de Babi Yar, dans la capitale ukrainienne de Kiev, est le site du terrible massacre de 33.000 Juifs commis les 29 et 30 septembre 1941 par les nazis.

Cet événement s’était produit trois mois à peine après le début de la « guerre d’extermination » menée par les nazis [Vernichtungskrieg] contre l’Union soviétique. Les opérations de l’impérialisme allemand comprennent le meurtre de six millions de Juifs européens. Quelque 27 millions de soldats et de civils soviétiques sont morts pour mettre en échec l’assaut du régime fasciste allemand.

Il est significatif de noter que Cohen fait référence à Babi Yar sans indiquer le pedigree politique des forces avec lesquelles les Etats-Unis et l’Allemagne sont en train de collaborer en Ukraine. L’opposition est dominée par de virulents antisémites.

Le parti Svoboda représente la principale force politique au sein des protestations qui ont fait tomber Ianoukovitch. Il a été formé en 2004 dans le cadre d’un vaste effort entrepris par son prédécesseur, le Parti social-national d’Ukraine (SNPU). Ce parti, dont les membres arborent des insignes utilisés par les Waffen SS, avait été contraint de changer de nom parce que sa forte connotation avec le fascisme avait compliqué les efforts des Etats-Unis de l’intégrer dans la « Révolution orange » et qui avait finalement été réalisée en 2005.

Oleg Tiagnibok est le dirigeant de longue date de Svoboda et il a participé aux réunions avec les responsables des Etats-Unis et de l’Union européenne qui ont planifié le changement de régime survenu le mois dernier. En 2004, Tiagnibok avait tenu un discours au Mont Yavoryna dans lequel il rendait hommage à l’Armée insurrectionnelle ukrainienne de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale. L’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) « a combattu contre les Russkoffs, contre les Allemands, contre les Youpins [les Juifs] et autres ordures qui voulaient nous prendre notre Etat d’Ukraine, » avait-il dit. Tiagnibok a fait l’éloge de son audience comme étant la force la plus redoutée de « la mafia judéo-russe qui contrôle l’Ukraine. » En 2005, Tiagnibok avait signé une pétition exigeant l’interdiction des organisations juives en Ukraine.

Roger Cohen esquive soigneusement toute référence aux forces fascistes et antisémites avec lesquelles les Etats-Unis sont étroitement liés en Ukraine. Il n’est, cependant, pas le seul dans ce cas. Le sujet est quasi tabou dans la presse américaine.

La ligne suivie par le New York Times et identique à celle du Wall Street Journal (qui thématise que « l’agression flagrante [de la Russie] apporte, pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, la menace de guerre au cœur de l’Europe »), du Washington Post (qui insiste pour que le gouvernement Obama « précise clairement les conséquences d’une invasion russe en Ukraine ») et du magazine The Nation (dont le principal commentateur en politique étrangère et ancien partisan de LaRouch, Robert Dreyfuss, écrit que « Vladimir Poutine doit se retirer. »)

Le caractère coordonné de la réaction des médias américains montre clairement qu'il ne s'agit pas d'écrits personnels, mais qu'il s'agit plutôt d'un plan délibéré qui vise à endoctriner l’opinion publique pour qu'elle accepte des actions jugées impensables naguère.

D’influents experts en politique réclament une action militaire. Andrew Kuchins, du Centre des études stratégiques internationales, a écrit qu’une intervention militaire russe allant au-delà de la Crimée « est une ligne rouge qui signifiera, si elle est franchie, une guerre avec les forces ukrainiennes et de l’OTAN. » Il a ajouté, « Les force américaines et de l’OTAN doivent être déployées dans la Mer noire à proximité immédiate de la côte ukrainienne. »

Une telle guerre aurait des conséquences catastrophiques. La lutte contre la guerre requiert un combat incessant pour révéler au grand jour les mensonges des médias. Nous exhortons nos lecteurs à intensifier auprès des travailleurs et des jeunes l'influence du World Socialist Web Site. Il faut faire lire et diffuser nos articles. Dans le monde entier les gens doivent être alertés sur le grave danger qui existe.

(Article original paru le 4 mars 2014)

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