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Lorsque le Point assassine médiatiquement un innocent avocat africain, Mohamed Aref (Mondafrique)

par Mondafrique 8 Mars 2014, 19:37 Le Point Guéant Aref Journalisme

Lorsque le Point assassine médiatiquement un innocent avocat africain, Mohamed Aref (Mondafrique)
Lorsque le Point assassine médiatiquement un innocent avocat africain, Mohamed Aref
Par Jacques Marie Bourget

Mondafrique

Le magazine "Le Point" a accusé à tort Mohamed Aref, consultant à Djibouti, d'avoir financé en douce les tableaux vendus par Claude Guéant à un avocat malaisien. L'information est fausse, Mohamed Aref n'a jamais été entendu par la police en France où il se rend fréquemment. Et pourtant le Point n'a publié aucun démenti. Et tant pis pour la réputation d'Aref!.

Vive le journalisme pratiqué à l’explosif, celui qui fait sauter les murailles de la corruption et du mensonge. Les bombes médiatiques, celles qui explosent là où passe le chalut de l’enquête, nous font jubiler. De la maison Pasqua à l’affaire « Greenpeace » et aux pseudo rapports sur vendus par Bernard Kouchner aux potentats gabonais et congolais, nous avons nous-mêmes, de l'aventure de Bakchich à celle de Mondafrique, allumé notre compte de mèches. Des explosions qui, à nos yeux, sont les seules armes « humanitaires » valables et qui ouvrent une brèche vers un monde moins injuste, plus transparent.

Copé sous influence du Qatar

C’est dire que les derniers tirs au bazooka de nos confrères du Point contre l’UMP and Co, c'est-à-dire Jean-François Copé et ses amis dénoncés comme de bien étranges comptables, sont faits pour nous réjouir. Accusé par le patron de l’opposition de se livrer à une vendetta parfaitement injuste, Le Point se défend : l’inflexible loi d’un journalisme d’investigation dur comme le diamant, la qualité de l’enquête sont les seuls critères à retenir. Prévenu Copé, vous êtes accusé d’avoir, au bénéfice de deux de vos amis, surfacturé à la hauteur de 20% le coût des meetings de campagne du candidat Sarkozy lors de présidentielles de 2012. « Gardes, faites évacuer le prisonnier ! ».

Ce Point implacable, fidèle à la doctrine d’Albert Londres qui nous invite à « porter la plume dans la plaie », est aussi beau que le mètre-étalon du pavillon de Breteuil. La posture est si jolie qu’elle appelle pourtant quelques remarques. Notons que dans le monde politique, la pratique qui consiste à confier la logistique des réunions publiques à des amis -et à en surévaluer le coût- est une seconde nature. Le bruit des casseroles, aujourd’hui agitées par le Parti Socialiste, ne peut masquer un vacarme qui occupe encore nos oreilles, celui de « l’affaire Urba ». Où un bureau d’études bidon aidait à la culture de la rose. Le scandale, s’il devait prospérer dans l’affaire Copé, ne viendrait pas tant du prix de ces meetings, que de l’intimité développée par ces mêmes amis du maire de Meaux avec le business immobilier du Qatar. Ici nous entendons les millions voler.

Anne Méaux à la rescousse

Par ailleurs, dans sa volonté de d’établir le juste prix, de nous dire « combien coûte la propagande politique », on ne comprend pas qu’un journal aussi radical que Le Point ne soit pas allé s’informer auprès d’une formidable experte, Anne Méaux. Cette papesse de la « Com » connait le salaire de la sueur, celle que l’on exsude en temps de campagne. Interroger « Anne », aussi conseillère de Fillon et d’une kyrielle de présidents africains, dont autrefois le tunisien Ben Ali et aujourd'hui le nigérien Mahamadou Issoufou, n’était pas difficile. Pour François Pinault, le propriétaire du Point, la dame est quasiment une sœur… En même temps je comprends l’omission de mes confrères, s’ils n’ont pas questionné ce modèle, c’est que ses prestations sont si parfaites qu’elles n’ont pas de prix.

Enfin, porter le fer de la plume Mont-Blanc dans la plaie implique, parfois, le risque de se tromper. Et les enquêtes du Point ne peuvent être totalement crédibles qu’accompagnées de l’escorte de la « bonne foi ». Celle qui exige de s’excuser en cas d’erreur. Puisque l’usage de la presse est comme celui des drones, il provoque parfois des bavures.

Ni appel, ni rectificatif

Ainsi, Mohamed Aref, un estimable avocat de Djibouti s’est un jour trouvé crucifié dans les pages du Point. Sans même avoir été, préalablement, questionné par mail ou téléphone, Aref était présenté comme le mystérieux acheteur de deux tableaux vendus par Claude Guéant le ministre de l’Intérieur de Sarkozy. Pris la main dans le sac d’un argent trop liquide, et donc soumis à une enquête judiciaire, Guéant était sommé d’expliquer la source de sa bonne fortune. Benoîtement cet homme triste affirmait aux juges : la somme que vous trouvez là provient de la vente, à un avocat étranger, de deux marines d’un peintre hollandais. Et les infaillibles investigateurs du Point ont assez vite mis la main sur l’amateur de vieilles croûtes : Mohamed Aref.

Éberlué, choqué par la méprise, ce dernier prend langue avec Le Point afin de démentir. Cause toujours. Quand le journal de Pinault et de BHL écrit noir, c’est que c’est noir. L’avocat est même contraint de ravaler son « droit de réponse » : pas une ligne de rectificatif n’est publiée dans l’hebdo qui pourfend. Rendu grincheux, le citoyen de Djibouti engage un procès, dont la date d'audience vient d'être fixée, fin février, pour décembre 2014. Et là, surprise, aucune « offre de preuve » n’est fournie par les investigateurs du Point.

Moralité, le mal est fait, l'avocat calomnié, et les journalistes du "Point" honorés, forcément, comme de grands investigateurs!

L'entretien avec Mohamed Aref par Mondafrique

"Mondafrique": Quel rôle avez vous joué dans l'achat des toiles hollandaises par un avocat malais, Sivajothi Muthiah Rajendram, dont l'Express a révélé le nom?

Mohamed Aref: Aucun et je ne comprends pas que les journalistes du Point et d'autres médias n'aient même pas pris la peine de me joindre. La police française ne m'a jamais interrogé, mes comptes n'ont pas été saisis. Je viens cette semaine à Paris pour le sommet des chefs d'Etat africain sans aucune crainte. On a voulu mettre la presse et la justice sur un leurre. Je porte plainte contre ces journaux qui m'ont nui considérablement dans mon rôle de consultant d'organisations internationales.

"Mondafrique": Est ce que votre proximité avec l'homme d'affaires Alexandre Djhouri, proche à la fois de Claude Guéant et de Dominique de Villepin, a pu induire la presse en erreur?

Mohamed Aref: Je connais en effet Alexandre Djhouri, mais à l'époque où les tableaux ont été achetés, j'étais dans les plus mauvais termes avec Nicolas Sarkozy et avec Claude Guéant qui voulaient chasser le président Gbagbo de Cote D'Ivoire. Or j'ai toujours soutenu ce chef d'Etat, accusé à tort des pires turpitudes.

"Mondafrique": Connaissez vous l'avocat malais qui est l'acheteur officiel des deux tableaux?

Mohamed Aref: Je connais bien la Malaisie, dont j'accueille parfois les représentants à Djibouti. L'avocat dont vous parlez y possède un magnifique cabinet. Il est en relation avec des hommes d'affaires asiatiques et je l'ai croisé en effe, j'ai vu les toiles de Claude Guéantt. L'opération de désinformation à mon encontre était bien menée. Ma présence à Paris prouve, en tout cas, que je n'ai rien à me reprocher"

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