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Mis en cause pour "complicité de génocide" en Casamance (Sénégal), le secrétaire général de l'OIF déclare que "la France a évité un génocide en Centrafrique"

par Sam La Touch 23 Mars 2014, 10:35 Articles de Sam La Touch Abdou Diouf Casamance Sénégal OIF Francophonie Centrafrique Génocide Crimes contre l'humanité

Mis en cause pour "complicité de génocide" en Casamance (Sénégal), le secrétaire général de l'OIF déclare que "la France a évité un génocide en Centrafrique"

Pour les peuples africains parlant la langue française, la Francophonie en Afrique est un espace trouble, inquiétant gangréné par la pauvreté, la barbarie, les guerres, les coups d'état, la corruption, les dictatures et l'impérialisme économique en ce qui concerne la zone du Franc CFA. Epuisé par le règne prédateur et de terreur françafricain, cet espace en majorité antidémocratique où des potentats ont été mis en place par la France dans son pré-carré colonial [1], est devenu exsangue. Nous ne rappellerons jamais assez que les pays d'Afrique francophone sont les pays d'Afrique où les coups d'état sont les plus nombreux [2].

Le nervis de la francophonie, Abdou Diouf, accusé de "crimes contre l'humanité et de génocide" en Casamance[3-5], vient de déclarer au Journal du Dimanche que "la France avait évité un génocide en Centrafrique"[6]. Or, l'action française est particulièrement suspecte en Centrafrique, si l'on suit le déroulement de l'action du "chef de guerre" Hollande guidé par son état-major". En effet, l'Etat français a soutenu les Séléka qui sont parvenus au pouvoir en mars 2013 [7-8] en dépit d'accord de coopération entre la France et la RCA. Sans le soutien et l'aval français, jamais les Séléka n'auraient pu chasser le dictateur françafricain Bozizé par un coup d'état de par le fait qu'en RCA, il est impossible de parvenir au pouvoir sans avoir le soutien des militaires français [9-10]. D'ailleurs, le président François Hollande avait refusé toute intervention contre les Séléka en mars 2013 aboutissant de facto au renversement de Bozizé [11]. Mais plus encore, la décision initiale de désarmer de manière exclusive les Séléka lors de l'opération Sangaris, débutée en décembre 2013, aura achevé de semer le chaos en Centrafrique laissant un boulevard aux anti-balaka pour effectuer de terribles représailles sur la population musulmane avec l'organisation de véritables nettoyages ethniques à défaut de génocide [12]. De fait, la France plutôt que de favoriser les accords de transition de Libreville au début de l'année 2013 et d'appuyer la voie politique aura préféré la solution militaire en soutenant plus que tacitement les Séléka armés par le Tchad (grande dictature francophone amie de la France) [13] puis en les désarmant. Cela aura eu pour effet d'entraîner à deux reprises une rupture des équilibres des forces en présence en RCA et un déferlement d'une violence inouïe sur le porte-avions français comme il est de coutume de nommer le Centrafrique où la France fait la pluie et le beau temps depuis près d'un siècle [10].


Alors, dans ce contexte, où certains se sont posés la question de la complicité de la France dans les massacres (voir d'actes de génocide) commis en Centrafrique [14], il est de bon ton d'envoyer la marionnette Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 12 ans, pour reprendre les éléments de langage édicté par le gouvernement français. Il sait sans doute mieux que quiconque ce dont il s'agit puisque lui-même fut accusé de "complicité de génocide" au Sénégal en Casamance [3-5] suite au rapport d'Amnesty International[3].

"ses dix-neuf ans de pouvoir ont été marqués par une répression sanglante de la rébellion en Casamance, région indépendantiste du sud du pays. Pendant cette période, à coup d'exactions, la gendarmerie et l'armée sénégalaises, auxquelles Abdou Diouf avait « lâché la bride », ont entrepris d'éradiquer la rébellion et de se venger sur la population. Les civils ont connu la terreur et les massacres quotidiens. Oxfam, une ONG présente sur le terrain, dénonce les faits dès 1990 et estime que le nombre de victimes se situe entre 5 000 et 7 000 morts. À quoi Jean-Claude Marut, professeur à Paris-VIII et auteur de plusieurs livres sur la question, ajoute une partie des 6 000 victimes du conflit de 1998-1999 en Guinée-Bissau, directement lié à la situation en Casamance. Le village martyr de Djifangor, dont les habitants ont été torturés et exterminés le 2 novembre 1998, n'est qu'un exemple parmi d'autres. La répression de Diouf a cessé en 2000 avec l'élection de Wade. Après avoir été occultée pendant de longues années, elle revient à l'ordre du jour."[15]

Références:
1. Blog SLT La malédiction de la francophonie en Afrique (2): l'OIF un repaire pour dictateurs et criminels
2. 2. Connection Ivoirienne.net 22 octobre 2013 La malédiction de la francophonie en Afrique : en 20 ans sur 37 coups d'Etat, près de 70% ont eu lieu dans les pays francophones
3. Amnesty International Sénégal. Mettre fin à l'impunité : une occasion unique à ne pas manquer.
4. Walfadjri Accusé de génocide en Casamance : Plainte contre Abdou Diouf devant la Cpi

5. Bakchich 18 octobre 2010 Plainte contre Abdou Diouf, l'ami de Sarkozy, ce lundi

6. JDD 23 mars 2014 Abdou Diouf : "La France a évité un génocide en Centrafrique"

7.Blog SLT Exclusif : comment la France a soutenu la Séléka en Centrafrique
8. Blog SLT La France pompier pyromane en Centrafrique
9. Blog SLT Comment la France a fait et défait les dictatures en Centrafrique : de Bokassa à Djotodia en passant par Bozizé

10. Blog SLT Chaos en Centrafrique et nouvelle rébellion. Le résultat de la politique africaine de Paris depuis 50 ans

10 bis. Blog SLT Centrafrique. Comment La France a défait Djotodia

11. Blog SLT Centrafrique : "La France n'interviendra pas" F. Hollande
12. Survie Centrafrique : ni génocide, ni conflit religieux !
13. L'Humanité Roland Marchal : « Idriss Déby a officieusement aidé les rebelles de la Seleka »

14. Blog SLT, Extrait vidéo du reportage de Spécial Investigation sur CanalPlus intitulé : Centrafrique : au coeur du chaos (Vidéo)
15. Bakchich 17 octobre 2010 Abdou Diouf à la baguette francophone.

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