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Production de bio carburant au Sénégal: 850 milles hectares de terre « accaparés » (Sud Quotidien)

par Par Jean Michel DIATTA 19 Mars 2014, 09:32 Sénégal Accaparement des terres

Production de bio carburant au Sénégal: 850 milles hectares de terre « accaparés » (Sud Quotidien)
Production de bio carburant au Sénégal: 850 milles hectares de terre « accaparés »

Sud Quotidien
Par Jean Michel DIATTA


A travers le slogan «Touche pas à ma terre», l’Ong Actionaid a tenu à rappeler aux pouvoirs publics, à l'occasion d'une table ronde organisée hier, lundi 17 mars, dans le cadre de la Fiara, le rôle majeur que jouent les femmes rurales dans la sécurité alimentaire et leur implication totale dans le processus de la réforme foncière en cours. L'accaparement de 850 milles hectares des terres sénégalaises par des sociétés d’investissement étrangères et la production de bio carburant a été dénoncé.

Pour fustiger la prospection de sociétés d’investissement étrangères et la production de bio carburant qui occupent 850 milles hectares des terres du Sénégal, l’Ong Actionaid mène une campagne autour du slogan : «Touche pas à ma terre». Elle a saisi l'occasion de la table ronde organisée hier, lundi 17 mars au Cices, pour rappeler au gouvernement le rôle majeur que jouent les femmes rurales dans la sécurité alimentaire et la nécessité de les impliquer totalement dans le processus de la réforme foncière en cours.

Selon Dellaphine Rauch Houekpon, Directrice Pays de Actionaid Sénégal, la constitution du Sénégal garantit l’accès à la terre aux femmes, contrairement à certains pays. Cependant, a-t-elle estimé, les femmes ont du mal à accéder aux ressources.

Dans ce contexte, a-t-elle souligné, «le phénomène de l’accaparement des terres va davantage frapper de plein fouet les exploitations familiales au profit des multinationales». Une menace qu’elle a jugée «dangereuse» pour l’avenir de l’agriculture sénégalaise, ainsi que l’accès à la terre pour les générations futures. Dans la même lancée, Fatou Ngom, Chargée de la communication, a déclaré que les nouvelles orientations agricoles œuvrent à promouvoir l’agrobusiness, avec des contrats allant de 50 à 90 ans. Une situation qui, selon elle, est à la base des conflits sociaux et des problèmes environnementaux.

Au vu de cette situation jugée « alarmante », Dellaphine Rauch Houekpon a lancé le slogan «Touche pas à ma terre», qu’elle compte répéter à «toutes les autorités, aux ambassades, aux agro business, aux entreprises étrangères, qui viennent au Sénégal». Dans la même dynamique, elle a affirmé que l’accès à la terre aux femmes est une priorité et qu’Actionaid reste déterminée à accompagner les femmes dans la réclamation de leurs droits humains. C’est dans cette optique que s’inscrit la table ronde organisée, dans le cadre de la Fiara 2014, pour «une réflexion, des échanges, des partages d’expériences et de propositions», a-t-elle informé.

Lui emboitant le pas, Fatou Ngom a estimé que les femmes rurales jouent un rôle majeur dans la sécurité alimentaire ainsi que dans le développement et la stabilité du monde rural. Cependant, «leur statut ne leur permet souvent pas de jouir de droits fonciers ou d’accéder à des services vitaux comme le crédit, les intrants, la formation et l’éducation», a-t-elle jugé. Elle a aussi convoqué les études du Pam qui stipulent que «garantir un accès des femmes agricultrices aux ressources au même titre que les hommes permettraient de réduire de 100 à 150 millions le nombre de personnes qui ont faim dans le monde». Selon elle, les femmes investissent ce qu’elles ont gagné dans l’éducation des enfants et dans la santé de leur famille. Assez pour interpeller les autorités «en posant la nécessité de donner aux producteurs et productrices des moyens et opportunités de se développer». Dans le contexte de réforme du foncier, Fatou Ngom a estimé qu’il faut «veiller à ce que les besoins et perspectives des femmes soient pris en considération en vue de promouvoir leur autonomisation».

Actionaid reste convaincue que l’atteinte de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle passe nécessairement par l’appui des Organisations Paysannes. Ses responsables indiquent que seules les exploitations familiales sont à même de nourrir la population sénégalaise qui ne cesse de croitre. D’où l’importance de la table ronde qui a pour but d’informer les femmes rurales sur les enjeux de l’accès des femmes à la terre face à la réforme, mais également de donner la parole aux femmes rurales. Ceci, en mettant en valeur leur potentiel, mais également le rôle important qu’elles jouent dans le développement de la chaine de valeur agricole (production, transformation, commercialisation).

Jean Michel DIATTA

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