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Ukraine : rivalité Russie / Etats-Unis pour aides financières ... et marché du gaz européen ? (Blog Finance)

par Elisabeth Studer 6 Mars 2014, 14:48 Ukraine USA UE Russie Gaz Aide financière

Ukraine : rivalité Russie / Etats-Unis pour aides financières ... et marché du gaz européen ? (Blog Finance)
Ukraine : rivalité Russie / Etats-Unis pour aides financières … et marché du gaz européen ?

Blog Finance
par Elisabeth Studer

La crise ukrainienne : une aubaine pour les banques US ? Qui sait …
Si la Russie n’est pas dans la meilleure position pour prêter de l’argent au nouveau gouvernement ukrainien, les Etats-Unis se positionnent quant à eux en sauveur. Mine de rien, au final, les grandes puissances mondiales pourraient se battre pour « aider » Kiev, la domination politique et économique d’un pays hautement stratégique constituant un enjeu majeur du dossier.

Si l’Union européenne est en effet pied et poings liés à l’heure actuelle avec l’Ukraine, dépendant grandement du transit à travers le pays pour ses approvisionnements en gaz russe, la politique actuelle de Moscou est largement influencée par la présence d’une de ses bases militaires en Crimée, à Sébastopol, et par l’établissement de frontières maritimes dans le détroit de Kertch et mer d’Azov.

Les Etats-Unis quant à eux pourraient bénéficier des relations on ne peut plus tendus entre Russie, Ukraine et UE … pour offrir ses services – financiers – voire même profiter de l’occasion pour progresser sur le marché européen du gaz via la sulfureuse société Goldman Sachs. Un arrêté en date du 19 janvier 2010 autorisant notamment la société à exercer l’activité de fourniture de gaz sur le territoire français pour approvisionner les fournisseurs de gaz naturel.

La prise de participation de Goldman Sachs au sein du groupe énergétique espagnol Endesa pouvant également permettre à la « pieuvre » anglo-saxonne d’avancer ses pions. Un élément à surveiller de très, très près, alors que la péninsule ibérique constitue une passerelle entre le gaz algérien et les consommateurs du Vieux Continent … détournant à sa manière le client final de la suprématie russe en la matière …. avais-je indiqué ici-même sur leblogfinance.com en octobre 2012.

Fin janvier, c’est une part de Dong, l’entreprise publique d’énergie du Danemark qui a été cédée à la banque d’investissement américaine.

Au final, la situation pourrait rapidement placer le marché du gaz en Europe dans une position ubuesque voire inextricable, l’Union européenne étant largement dépendante de ses approvisionnements en gaz russe, lequel transite majoritairement via l’Ukraine. Difficile dans un tel contexte de fermer les robinets tant en amont que tout au long des différents points de passage … Les menaces de sanctions économiques pouvant très rapidement conduire au final à des ruptures de transit. Et donc à des pénuries de gaz, ressource indispensable pour faire marcher la « machine » européenne.

C’est donc en s’affichant quelque part comme représentant d’une puissance étrangère non directement impliquée dans l’affaire, que le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé mardi à Kiev. Promettant au nouveau gouvernement ukrainien une série de mesures d’aide économique et technique.

Selon un haut responsable américain accompagnant John Kerry, l’administration Obama et le Congrès devraient rapidement travailler à la mise en place de garanties de prêt d’un milliard de dollars.Objectif affiché : réduire l’impact des baisses de subventions sur l’énergie réclamées à l’Ukraine par ses créanciers en échange d’un plan d’aide international.

Dimanche, le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew avait assuré pour sa part que les Etats-Unis étaient prêts à travailler avec leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux pour « fournir à l’Ukraine autant de soutien que nécessaire pour restaurer la stabilité financière et le retour à la croissance économique », et ce, dans le cadre d’un programme du FMI, lequel devrait être accompagné de réformes.

Jacob Lew précisant par ailleurs qu’un programme du Fonds monétaire international (FMI) devrait être « le coeur » d’un éventuel plan d’aide international. « Les Etats-Unis sont prêts à compléter l’aide du FMI pour rendre la mise en oeuvre fructueuse des réformes plus probable et amortir l’impact des réformes sur les Ukrainiens vulnérables », avait-il également ajouté.

Le secrétaire américain au Trésor avait par ailleurs souligné que le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, lui avait assuré que son gouvernement était « prêt à prendre les mesures nécessaires pour construire une base solide pour l’économie, y compris des réformes de marché urgemment nécessaires ».

Mardi, la Maison blanche a annoncé dans un communiqué que les Etats-Unis et leurs partenaires feraient en sorte que l’Ukraine dispose de fonds suffisants pour retrouver la stabilité et renouer avec la croissance. Promettant parallèlement l’envoi de conseillers et une aide pour former les observateurs qui seront chargés de superviser les prochaines élections. Une odeur de déjà vu qui ne présage rien de bon …

Alors que le gouvernement ukrainien a demandé au Fonds Monétaire International une aide d’au moins 15 milliards de dollars en vue d’éviter la faillite, une assistance financière pourrait être mis en place en concertation avec les partenaires de Washington via un plan du Fonds monétaire International. Une de ses équipes d’experts est d’ores et déjà arrivée ce week-end dans la capitale ukrainienne.

Pour ne pas demeurer en reste, et maintenir sa pression financière sur l’Ukraine, Vladimir Poutine a indiqué quant à lui que la Russie avait l’intention de contribuer aux mesures que proposerait le FMI. Le président russe a par ailleurs indiqué mardi que son pays était prêt à accorder de nouvelles tranches d’aide financière à l’Ukraine, mais que le Fonds Monétaire international l’avait exhorté à ne pas agir de la sorte. Invitant au contraire Moscou à engager un travail conjoint afin d’inciter le gouvernement ukrainien à effectuer les réformes nécessaires pour assainir l’économie du pays.

Vladimir Poutine a tenu par ailleurs à rappeler qu’en décembre dernier, son pays avait promis en une aide de 15 milliards de dollars à l’Ukraine. Promesse qui faisait alors suite au revirement de Viktor Ianoukovitch, lequel avait refusé de ratifier un partenariat avec l’Union européenne. Rappelons que Moscou avait déjà débloqué trois milliards de dollars et s’apprêtait à verser la deuxième tranche de deux milliards avant que l’Ukraine ne sombre dans le chaos.

La Russie pourrait apporter une aide financière à l’Ukraine tant sur une base bilatérale que dans le cadre du FMI a estimé pour sa part mardi Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).

« Membre du Fonds monétaire international, la Russie pourrait participer à des négociations collectives visant à octroyer une aide financière à l’Ukraine à des conditions bien déterminées », a ainsi déclaré Mme Matvienko sur la chaîne de télévision Lifenews.

Moscou est également prêt à poursuivre les négociations avec Kiev en vue d’aider l’Ukraine sur une base bilatérale, car les économies russe et ukrainienne sont tellement liées qu’une « chute économique en Ukraine se répercuterait nécessairement sur l’économie russe », a par ailleurs affirmé la présidente de la chambre haute.

Néanmoins, la Russie pose comme condition préalable à l’octroi de cette aide, que l’Ukraine élise un président légitime. « Nous ne pouvons pas octroyer des milliards de crédit au détriment de notre peuple, sans savoir si les soi-disant nouvelles autorités ukrainiennes pourront nous garantir une coopération civilisée », a ainsi indiqué Mme Matvienko.

Le vice-président du Conseil de la Fédération Evgueni Bouchmine a pour sa part annoncé mardi que le gouvernement russe pourrait apporter à la Crimée une aide de 6 milliards de dollars, dont 1 milliard à titre de prêt financier et 5 milliards sous la forme d’investissements.

Quant à l’Union européenne, elle tente de réunir des fonds autant que faire se peut, ce qui n’est pas des plus faciles dans le contexte de crise économique actuelle … La Commission européenne pourrait au final débloquer 1,5 milliards d’euros d’aide d’urgence pour stabiliser la situation économique de l’Ukraine. Le Parlement européen a d’ores et déjà insisté pour que Bruxelles s’engage financièrement dans la bataille. L’enjeu ? Ne pas laisser Moscou et Washington seules à rivaliser sur ce dossier clé pour l’Europe et ses approvisionnements en gaz ….

Sources : France Inter, Ria Novosti, AFP

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com - 4 mars 2014

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