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ANALYSE/ Centrafrique : Un pays hors contrôle ! (LNC)

par La Nouvelle Centrafrique 24 Avril 2014, 15:12 Centrafrique Séléka Anti-balakas Embrasement Sangaris

ANALYSE/ Centrafrique : Un pays hors contrôle ! (LNC)
ANALYSE/ Centrafrique : Un pays hors contrôle !
 
La Nouvelle Centrafrique

“Et pourtant des arme circulent” lançait une membre de Médecins Sans Frontières (MSF) à Bossangoa.
Car qui arme encore les rébellions en Centrafrique pourtant sous le coup d’un embargo sur les armes ?
Les ex Séléka majoritairement regroupés dans le centre Est et le Nord du pays refusent désormais de désarmer, ne faisant plus confiance aux forces internationales de Paix, Sangaris et MISCA. Les Anti-Balaka eux que beaucoup prirent au départ pour de folkloriques illuminés tout droit sortis du Moyen âge sont sur armés, et beaucoup d’entre eux combattent sous d’anciens uniformes des FACA, les forces armées centrafricaines.
Décidés à éradiquer les Séléka et les civils musulmans, rien ne paraît les contenir.

EMBRASEMENT

Boda sous la coupe des Anti Balaka, Bossangoa coupée en deux et où toute espèce de réconciliation entre les communautés semble impossible, Bria toujours sous la menace des Séléka, tandis qu’à Dékoa et Grimari, on y assiste aux assauts des Anti-Balaka, Kabo, encore récemment théâtre d’affrontements meurtriers. A Kembé les Séléka y mènent des razzias régulières, Batangafo de même en proie aux assauts des Séléka. La bordure frontière d’avec le Cameroun pullule d’Anti-Balaka à l’affût pour découper tout ce qui ressemble à un musulman….
Quelques exemple pour illustrer le total basculement de la Centrafrique dans ce qui prend des allures de guerre civile généralisée, qu’aucune des forces internationales dans le pays ne parvient à stopper.

LA REINE EST NUE

A Bangui où se cantonne la présidente de transition Mme Samba-Panza, n’osant mettre les pieds dans les provinces en feu, on ne fait que constater le délabrement du pays, sans possibilités ni moyens d’action.
Il n’y a plus d’Etat en province. Les populations sont livrées aux humeurs des groupes armées. MISCA et SANGARIS étant dépassées, la date du 15 septembre 2014 annoncée pour le déploiement des casques bleus semble bien lointaine.
Et d’ailleurs qui en fera partie ? La question du financement et des forces devant la constituer n’a toujours pas été abordé.
Le fait reste pour le moment un simple effet d’annonce.

L’impuissance du pouvoir à Bangui est très inquiétante.
D’autant plus qu’il ne peut armer l’embryon d’armée, qu’en temps pouvait se reconstituer. Les Anti-Balaka ayant ruiné spectaculairement le processus le jour de la cérémonie de réinstallation par un meurtre devant les caméras du monde, le dossier paraît pour le moment clos.
Même la capitale n’est pas stabilisée, les violences se poursuivent toujours dans les 3ème et 5ème arrondissements.

RUINE ECONOMIQUE ET SOCIALE

L’ivoirienne Marie-Thérèse Keita Bocoum, experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme achève à BANGUI son deuxième séjour, entamé le 10 dernier et achevé le 18 avril 2014.
Elle était à Bangassou, et dans un communiqué, ne voulait relever que le positif, estimant que des communautés jusque là rivales recommençaient à travailler pour la réconciliation.

Néanmoins, ce dont le pays a urgemment besoin ne sont pas des visites d’experts de tous bords venus pour seulement prendre le pouls d’un malade en coma avancé, mais d’actions concrètes et surtout de moyens.
L’ONU désespérément encore il y a 48 heures demandait une aide financière urgente d’au moins 270 millions de $ pour la RCA.
Mais les soutiens financiers se font attendre. A part des promesses, pour le moment, pratiquement rien n’arrive.

L’ampleur de la crise en RCA est telle que la vie sociale y est suspendue.
Et quelle vie sociale ? L’argent est rare et l’insécurité galopante.

Et encore une nouvelle année blanche scolairement parlant qui pointe à l’horizon pour la deuxième année consécutive.
Ajouté à cela des enseignants venant de se remettre en grève à Bangui.

L’économie déjà en temps normal très fragile s’est effondrée.
Les marchandises se font de plus en plus rares sur les marchés, et le peu existant se négocie à des tarifs prohibitifs.
Comme le disait une banguissoise dans une sorte d’humour noire :

‘Trouver à manger maintenant est devenu un travail à plein temps.

A quand la sortie de crise ?
Pour le moment une question utopique pas à l’ordre du jour !
Il faudra du temps, et le temps n’est pas du côté de ceux qui souffrent.

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