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Complicité financière française durant le génocide au Rwanda : BNP, Banque de France, CCR et Nicolas Sarkozy...

par Sam La Touch 6 Avril 2014, 22:17 Articles de Sam La Touch Financement du génocide France Rwanda Mitterrand Sarkozy BNP Trésor Public Banque de France

Complicité financière française durant le génocide au Rwanda : BNP, Banque de France, CCR et Nicolas Sarkozy...

Dans l'effort français pour soutenir le gouvernement intérimaire et ses extrémistes du Hutu Power durant le génocide en 1994, tous les principaux membres du gouvernement Mitterand-Ballladur furent mis à contribution. Si les responsabilités de la stratégie militaire et de la politique étrangère reviennent avant tout aux socialistes Mitterrand et au secrétaire général de l'Elyséede l'époque, Hubert Védrine, le gouvernement de cohabitation fut aussi impliqué à différents niveaux.

Nicolas Sarkozy qui fut ministre du Budget et porte-parole du gouvernement français en 1994 fut mis en cause pour le financement français de l'effort de guerre rwandais en plein génocide dans des montages financiers qui dépassaient sa seule responsabilité et impliquaient à une plus vaste échelle : la BNP, la Banque de France, la Caisse Centrale de Réassurance en lien avec la Banque Nationale Rwandaise.

Enquêtant sur le financement des armes du génocide, Pierre Galand, ancien directeur d’Oxfam-Belgique et ex-président des ONG européennes, a pu consulter le circuit des paiements initiés durant le génocide par la Banque nationale du Rwanda (BNR) – l’instrument financier du Gouvernement génocidaire. Au moins 33 millions de francs de financement du camp génocidaire sont passés par la place financière de Paris (voir le tableau ci-contre).

Une enquête de l'ONU avait déjà établi que "des armes achetées par le colonel Bagosora en plein génocide avait été réglées par la BNP " mais, le gouvernement français s'était abstenu de répondre aux questions des enquêteurs onusiens.

Brian Wood et Johan Peleman résument les résultats de l’enquête des Nations Unies :

Deux paiements séparés ont été effectués sur le compte de la Banque centrale des Seychelles à la Federal Reserve Bank de New York pour l’achat des armes. Deux montants de 179 965 $ et 149 982,50 $ ont été transférés sur le compte des Seychelles à partir d’un compte de l’Union Bancaire Privée à Genève. Dans un premier temps, les demandes d’information concernant le titulaire du compte adressées par l’UNICOI au Département fédéral du ministère des Affaires étrangères suisse n’ont donné aucun résultat. Le Département fédéral suisse a répondu à l’UNICOI que “les investigations rencontrent de multiples problèmes d’ordre juridique et pratique”. Cependant, en août 1997, le Procureur général de Suisse a envoyé une lettre à l’UNICOI lui notifiant qu’une enquête sur les transactions financières relatives à l’affaire avait été ouverte. Le gouvernement suisse a donné des détails qui attestent qu’Ehlers était en effet le titulaire d’un compte numéroté – 82-113 CHEATA – à l’agence de Lugano de l’Union Bancaire Privée en Suisse.

Le Procureur général suisse a confirmé que les deux paiements séparés de 179 965 $ et 149 982,50 $ ont été effectués respectivement les 15 et 17 juin 1994. Il a de plus affirmé que les 14 et 16 juin 1994, le compte d’Ehlers avait été crédité de 592 784$ et 734 099$. En d’autres termes, un million de dollars a été transféré sur le compte d’Ehlers en plus de ce qui a été payé sur le compte de la Banque centrale des Seychelles à New York.

Le Procureur général a dit à L’UNICOI que ces fonds importants arrivant sur le compte d’Ehlers provenaient d’un compte à la Banque nationale de Paris SA, à Paris, lui-même actionné au nom de “Banque nationale du Rwanda, Kigali”. Alors, d’où cet argent venait-il vraiment ?

Le journal français Le Figaro a tenté de reconstituer ces transactions en avril 1998, mais la Banque nationale de Paris et l’Union Bancaire Privée en Suisse ont décliné tout commentaire sur l’affaire. Des représentants de la Federal Reserve Bank de New York ont renvoyé les journalistes du Figaro vers la banque suisse...


En 2007, le témoignage de Martin Marschner apporte plus de précisions sur le financement français du gouvernement intérimaire (GIR) durant le génocide et des connexions étranges entre BNP paris, Banque de France, Caisse Centrale de Réassurance, Trésor Public et Banque Nationale rwandaise. Martin Marschner s'est dit en mesure de prouver qu’une caisse noire, a été mise en place par l’Etat français à l'époque où Sarkozy était ministre du Budget pour servir les services secrets - caisse que Marschner aura contribué, malgré lui, à alimenter - Celle-ci aurait été presque exclusivement utilisée, entre mars et juillet 1994, pour financer le gouvernement intérimaire rwandais alors que ce dernier encadrait et supervisait le génocide de près d’un million de personnes. Selon Marschner, c'est le contribuable français sous la houlette du ministère des finances qui a contribué à financer le génocide au Rwanda : "Le 14 septembre 1994 survint un coup de théâtre : le trésor public français remboursa cet argent. « Une société étatique qui perd un milliard et, 15 jours plus tard, le contribuable qui renfloue la somme, sans aucun élément d'’explication, cela constitue un événement anormal. Le contribuable français a ainsi remboursé l'’argent détourné par ses dirigeants pour financer le génocide », a affirmé M. Marschner.


"Martin Marschner von Helmreich, partenaire de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), a indiqué que des sociétés de l'’Etat français ont financé l’'achat d’'armes utilisées par les forces génocidaires, par l’'entremise de la BNP-Paris.
De nationalité allemande, Martin Marschner est né le 4 août 1957 à Hambourg. Diplômé en sciences politiques à Bordeaux, section Economie et Finances, il est arrivé pour la première fois au Rwanda en 1987, afin de rencontrer l’Ambassadeur d’Allemagne à Kigali.
Martin Marschner, qui vit actuellement dans la principauté de Monaco, a été entendu hier, lundi, par la commission rwandaise qui enquête sur le rôle de la France dans le génocide. Il avait signé une convention de courtage financier avec la CCR et déposé jusqu’à 20 milliards des francs français, appartenants à ses clients, soit trois milliards d’euros, faisant de lui le principal partenaire, avec près de 80 % de dépôts.
La CCR a été fondée en 1945 par le général Charles de Gaulle, pour permettre à la France de se développer, en créant une compagne de réassurance auprès de laquelle toutes les autres sociétés pourraient transférer leurs risques. Elle n’a pas de statut juridique propre, elle dépend du trésor public, selon le témoin.
La Caisse Centrale de Réassurance couvre un certain nombre de risques, allant des calamités agricoles à ceux de l’armée française à l'’étranger, notamment les risques attenants à la présence de ses navires dans des zones à risque, ainsi que les retraites de l'’armée.
Le 29 août 1994, la CCR signalait au témoin qu'’elle avait perdu un milliard des francs français appartenant à Rochefort Finances, sa filiale. En tant qu'’expert des questions financières, Martin Marschner rétorqua qu’'il est impossible de perdre autant d'’argent sans fournir d’explication circonstanciée. «Il y a des procédures, des règlements. Vous devez me donner des explications. Qu’est-ce que je vais dire à mes clients ? », demanda-t-il à la direction de la CCR.
Le 14 septembre 1994 survint un coup de théâtre : le trésor public français remboursa cet argent. « Une société étatique qui perd un milliard et, 15 jours plus tard, le contribuable qui renfloue la somme, sans aucun élément d’explication, cela constitue un événement anormal. Le contribuable français a ainsi remboursé l’'argent détourné par ses dirigeants pour financer le génocide », a affirmé M. Marschner.
Considérant cette période, courant de janvier à août 1994, et se référant aux rapports de l'’ONU et de la société civile française, le témoin a conclu qu’'il ne subsiste aucun doute sur le fait que les fonds détournés ont servi à l'’achat d’armes utilisées par les forces génocidaires.
Martin Marschner a décrit lundi, devant la commission d’'enquête Mucyo, l'’implication financière occulte de la France dans le génocide, les mécanismes de détournement, et les fonds strictement occultes qui ont transité par la BNP en provenance des sociétés de l’'Etat français.
« Si vous trouvez à la BNR (Banque Nationale du Rwanda. Ndlr.) un document comptable sur la livraison d’armes au cours de cette période, sachez que c'’est l’argent de mes clients, détourné, qui a servi à cette opération », a encore déclaré Martin Marschner.
« Ce qui est intéressant, précise le témoin, c’'est de constater que moi, qui cherche où est parti l'’argent de mes clients, je tombe sur un numéro de compte à la BNP. Vous, qui cherchez d’'où est venu l’'argent qui a financé les livraisons d’'armes aux FAR, vous tombez sur le même compte ! ».
Marschner a émis le souhait de voir l'’Etat rwandais se constituer partie civile dans le procès qui l’'oppose, depuis 1994, à l’'Etat français, du fait que la Caisse Centrale de Réassurance, dépendant du t
résor public, a financé de manière occulte le génocide de 1994, dans lequel plus d’'un million de Tutsi ont péri."

Dans leurs conclusions, les ONG françaises constituées en Commission d’Enquête Citoyenne (CEC), affirment que la Banque Nationale du Rwanda, dépositaire du trésor de guerre des organisateurs du génocide, a pu tirer des sommes considérables sur la Banque de France et la BNP Paris : FF 2 737 119,65, en six prélèvements, du 30 juin au 1er août, pour la Banque de France, et FF 30 488 140,35, en sept prélèvements, du 14 au 23 juin 1994, pour la BNP.

La CEC se demande également comment la Banque de France a pu procurer des moyens financiers (dont 1 500 000 FF, le 1er août 1994, alors que le gouvernement responsable du génocide, et sa banque, avaient quitté le Rwanda depuis un mois) aux auteurs d’'un génocide commencé le 7 avril.
La Commission se demande pourquoi la France et la BNP n’ont pas davantage coopéré avec la commission d'’enquête des Nations Unies, à propos de la double livraison d’'armes aux FAR, évoquée plus haut, en provenance des Seychelles, à la mi-juin 1994, impliquant l’'intermédiaire sud-africain Ehlers et le colonel Bagosora, et dont le paiement est venu de la BNP Paris.
Martin Marschner a fait savoir que toutes ces transactions occultes se sont effectuées alors que l’'actuel Chef de l’'Etat français, Nicolas Sarkozy, était ministre du budget. Alexis Ruset et Terraillon étaient respectivement président et directeur de la CCR.

Dès qu’'il eut la preuve que les 40 millions de francs français, détournés par la filière Rochefort Finances, ont été utilisés dans l’achat d’'armes et qu’'il eut identifié le numéro de compte à la BNP, Martin Marschner a soulevé, en 1994 déjà, la question des livraisons d'’armes vers l’Afrique. Il le fit notamment lors d’un entretien avec Paul Dijoud, alors Ministre d’Etat de Monaco. Paul Dijoud qui fut, avant d’'être nommé à ce poste, Directeur Afrique au Quai d’Orsay, ne s’est pas inquiété outre mesure.
Paul Dijoud, probablement doué de capacités prophétiques, est également connu pour avoir dit sèchement à Paul Kagame, alors chef de la branche armée du FPR, et à sa délégation, en 1992, « si vous n’arrêtez pas la guerre, vous trouverez tous vos frères déjà exterminés à votre arrivée à Kigali ». Paul Kagame, l’'actuel président du Rwanda, avait été invité en 1992 à Paris par la France, désireuse de trouver une solution au problème du Rwanda en guerre.
« Tous savaient, ils ont agi en connaissance d
e cause », a accusé Martin Marschner, avant de conclure à une implication financière directe de la France dans le génocide. "

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