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La stratégie de Hollande pour révéler à temps les secrets libyens de Sarkozy (Mondafrique)

par Jacques Marie Bourget 10 Avril 2014, 03:30 Libye Kadhafi Sarkozy François Hollande France Elections

La stratégie de Hollande pour révéler à temps les secrets libyens de Sarkozy (Mondafrique)
La stratégie de Hollande pour révéler à temps les secrets libyens de Sarkozy

Par Jacques Marie Bourget
Mondafrique


François Hollande attend-il que se rapproche un peu plus la seule échéance qui le motive à fond, l’élection présidentielle de 2017, pour tenter d’en savoir plus sur ce serpent de mer qui agite le petit monde politico judiciaire : le financement de la campagne électorale de Sarkozy par le colonel Kadhafi ? Sans doute. Les étranges relations de la France avec le "patron" islamiste de Tripoli, Abdelhakim Belhaj, semblent confirmer la stratégie d’attente de l’Elysée.

Un proche de l’Élysée nous a confirmé la détermination de François Hollande, il veut vraiment « flinguer Sarko ». La question est d’avoir les munitions pour ce faire puis de choisir le « bon » moment. Le même haut fonctionnaire précise : « les hommes du Président estiment que coincer Nicolas Sarkozy aujourd’hui serait lui donner le temps de rebondir, puisque telle est sa force… ».

Cette temporisation explique certainement pourquoi Paris refuse d’accorder un visa au citoyen libyen Abdelhakim Belhaj, ce moine soldat, versus jihad, qui est aujourd’hui le « patron de Tripoli ». Pas un politicien de la capitale libyenne, même élu, ne se risquerait à prendre une décision capable de contrarier l’ancien milicien devenu « Commandant du Conseil militaire » de Libye… Des membres de la famille Belhaj ont, eux, reçu un feu vert pour visiter la Tour Eiffel, mais c’est niet pour le grand soldat. Antoine Steven, l’ambassadeur de France en Libye a bien tenté de prêcher sa cause, mais en vain.

Trop tôt pour bien faire

C’est à ce point qu’on en revient à la question initiale : pourquoi Paris se prive-t-il de la visite et des bonnes grâces d’un homme qui détient tous les secrets, ou presque, de tous les financements accordés par Kadhafi à ses « amis » ? Car c’est lui, le nouveau généralissime qui, grillant la priorité aux agents de la DGSE, a raflé les petits papiers dans les placards blindés du Colonel…

L’explication qui nous a été donnée par notre informateur proche du sérail, la voici: «Il est trop tôt pour faire exploser une éventuelle bombe politique », serait donc l’explication au véto opposé au voyage de Belhaj. Lequel semble perdre ce calme qui lui va si bien et qui lui vient de ses campagnes jihadistes faites en Afghanistan, en Irak et ailleurs. L’attente dans le désert donne au guerrier le sens de l’éternité. Mais, cette fois, Abdelhakim semble vouloir bouder :« que les français se débrouillent entre eux pour démêler leurs turpitudes. Ce n’est pas à nous de jouer les juges. D’ailleurs, Paris à tous les éléments en main »…

Le Qatar dans l'ombre

Voilà un jihadiste, que ses amis présentent comme « repenti », qui agit en politicien de sang froid. Des amis qui, contre l’évidence, nient par ailleurs à toute force que l’excellent patron de Tripoli à « rompu tous ses liens avec le Qatar »… Si l’on devait croire ces braves gens, ce ne peut donc être l’émir Tamim qui a soufflé dans l’oreille de son poulain Abdelhakim de ne rien dire à la France qui puisse offenser Nicolas Sarkozy, ami numéro un de la dictature en or massif.

Au moment de la guerre contre Kadhafi, dont il fût fer de lance, l'ami Belhaj était, via la DGSE, un pion de la France, tout en étant l’affidé de Doha. Et il n'est pas exclu que notre Bolivar libyen a gardé, au sein des services français, des amis qui ne sont pas ceux de François Hollande.

C’est vraiment compliqué la géopolitique libyenne quand on lui demande de trier entre les candidats à la présidentielle française de 2017…

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