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Le régime ukrainien lance une campagne de répression conduite par les fascistes (WSWS)

par Alex Lantier 26 Avril 2014, 06:00 Ukraine Fascistes Secteur droit Répression

Le régime ukrainien lance une campagne de répression conduite par les fascistes (WSWS)
Le régime ukrainien lance une campagne de répression conduite par les fascistes
Par Alex Lantier
WSWS

Le régime de Kiev, soutenu par l’Occident, et les milices fascistes qui lui sont alliées, ont lancé hier une répression sanglante contre les protestations pro-russes dans l’Est de l’Ukraine. Le Kremlin ayant massé des forces à la frontière russe avec l’Ukraine et menaçant d’intervenir pour défendre les Russes de souche, la situation est très prêt de déclencher une guerre entre la Russie et l’Ukraine et qui serait susceptible de se développer en un conflit direct entre la Russie et l’OTAN.

Des combats meurtriers ont éclaté dans la ville de Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, qui est tenue par des manifestants pro-russes. Des véhicules blindés de transport de troupes ukrainiens auraient attaqué plusieurs points de contrôle mis en place par des forces pro-russes mais les manifestants tiendraient toujours la ville. Cinq manifestants auraient été tués au vu d’une succession de rapports contradictoires. Plusieurs véhicules blindés ukrainiens auraient été incendiés durant les combats et, plus tard ans la journée, des manifestants ont reconstruit le poste de contrôle.

Trente nervis, armés de batte de baseball, issus de la milice fasciste Secteur droit, qui avait mené le coup d’Etat du 22 février mettant en place le régime actuel à Kiev, ont pris d’assaut des bâtiments occupés par les manifestants dans la ville portuaire voisine de Mariupol.

La responsabilité de ce carnage incombe avant tout aux Etats-Unis et à leurs alliés européens qui, dans la poursuite d'une politique destinée à provoquer Moscou, ont incité Kiev à lancer ces assauts. Il y a une semaine, une première tentative d’organiser une répression avec les troupes ukrainiennes régulières avait été faite après la visite à Kiev du directeur de la CIA, John Brennan. Elle avait toutefois rapidement échoué face à l’opposition populaire et au refus des troupes ukrainiennes de tirer sur la population.

Cette répression sanglante souligne l'hypocrisie écoeurante de l’intervention occidentale en Ukraine. Durant le coup d’Etat de février, les gouvernements et les médias occidentaux avaient dénoncé les tentatives du régime pro-russe de réprimer les groupes fascistes qui menaient les manifestations et dénoncé les décisions de mobiliser l’armée. Maintenant, après la visite à Kiev du vice-président Joe Biden, le régime fantoche d'extrême-droite non élu de Kiev est en train de déchaîner une nouvelle répression militaire, avec le soutien de l’Occident. Conscient du manque de soutien plus large de la part de l’armée, il compte directement sur les fascistes.

Les médias russes ont avancé des estimations du Kremlin selon lesquelles le régime de Kiev aurait mobilisé pour la répression 11.000 soldats, 160 chars, 230 véhicules de combat d’infanterie et 150 pièces d’artillerie.

Le dirigeant de Secteur droit, Dmitri Iaroch, a annoncé qu'il se rendait à la ville industrielle de Dnipropetrovsk dans l’Est ukrainien pour monter un escadron de combat « Donbass ». « J’ai transféré mon quartier général à Dnipropetrovsk, » a-t-il dit. « L'objectif est d’empêcher la propagation de l’infection du Kremlin. »

Iaroch s’est vanté de travailler directement avec le régime de Kiev. « Nous coordonnons toutes nos actions avec la direction du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien, le ministère des Affaires étrangères et les services de sécurité de l’Ukraine, » a-t-il précisé.

Dans une interview accordée à l’agence d’information russe Gazeta.ru, le dirigeant des forces pro-russes à Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev, a dit que la formation d’un bataillon mené par Secteur droit dans l’Est « pourrait conduire à une guerre fratricide. »

Le ministre de l’Intérieur du régime de Kiev, Arsen Avakov, a décidé d’attiser cette guerre civile en annonçant la création d’une force spéciale forte de 12.000 combattants volontaires pour écraser les manifestations pro-russes. Celle-ci comprendrait non seulement l’escadron « Donbass » d’Iaroch mais aussi un bataillon de combat « Dnepr », placé sous le contrôle de l’homme d’affaires oligarque Igor Kolomoisky.

Le régime de Kiev a également imposé aux travailleurs de l'Est de l'Ukraine une réduction spéciale des salaires pour soi-disant payer les réparations de la ville de Kiev suite au coup d’Etat de février. Quelque 2.000 mineurs de charbon travaillant dans les mines de Krasnodon pour l’homme le plus riche de l’Ukraine, l’oligarque Rinat Akhmetov, seraient en grève pour protester contre la baisse de salaire infligée par l’Etat.

Ces provocations surviennent dans le contexte d'un renforcement militaire de grande envergure partout en Europe de l’Est de la part des Etats-Unis et des puissances de l’OTAN. Des parachutistes américains ont atterri aujourd’hui en Pologne et ils font partie d’un renforcement plus général qui a vu l’envoi de forces américaines dans les Etats baltes, en Roumanie et en Mer noire.

Le président américain Barack Obama, s’exprimant du Japon lors de sa tournée en Asie, a indiqué que de nouvelles sanctions économiques étaient « prêtes » et qui pourraient être rapidement imposées à la Russie.

Après une réunion du conseil militaire de Russie, le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, a annoncé des exercices militaires russes de grande envergure, apparemment pour préparer une intervention en Ukraine orientale. Des vidéos mises en ligne sur YouTube montrent des chars russes et des véhicules blindés de transport de troupes massés autour de Novoshakhtinsk et de villes alentours situées le long de la frontière entre la Russie et l’Ukraine.

Shoigu a aussi fustigé le déploiement de troupes américaines partout en Europe de l’Est et la décision du régime ukrainien de lancer la répression.

« Le départ a déjà été donné pour l’utilisation d’armes contre leurs propres civils, » a-t-il dit. « Si aujourd’hui, on n'arrête pas cette machine militaire, cela fera un grand nombre de morts et de blessés… Des civils sont attaqués par des unités des gardes nationales ainsi que des bataillons d’extrémistes de Secteur droit. »

L'impasse militaire entre Moscou et le régime de Kiev et ses partisans de l’OTAN, qui a conduit au risque de guerre le plus grave entre grandes puissances depuis la Deuxième Guerre mondiale, est la conséquence de la décision téméraire de Washington et de Berlin de soutenir en février le coup d’Etat fasciste. Après avoir déchaîné ces forces et encouragé une vaste opposition populaire dans les zones plus pro-russes de l’Est de l’Ukraine, les puissances impérialistes sont actuellement en train d’intensifier l’effusion de sang, cherchant apparemment à harceler Moscou pour qu'il intervienne, ce qui risque d'avoir des conséquences désastreuses.

La dénonciation de Moscou par le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, hier soir, est une fraude politique. Il a accusé Moscou de ne pas respecter les termes de l’accord sur l'Ukraine trouvé le 17 avril à Genève et qui exige que toutes les milices armées cessent leurs activités. Accusant la Russie de « diversion, tromperie et déstabilisation, » il a dit : « Pas un seul fonctionnaire russe ne s’est présenté à la télévision en Ukraine pour demander aux séparatistes… de rendre les armes et de quitter les bâtiments ukrainiens. »

En fait, les Etats-Unis et leurs alliés européens ont négocié cet accord de mauvaise foi. Non seulement ils n'ont pas demandé à leurs alliés fascistes de déposer les armes, mais ils sont en train de mettre en place des milices fascistes afin d'organiser une violente répression contre la population dans les zones du pays qui sont plus étroitement attachées à la Russie.

Les responsables russes ont, à maintes reprises, fait des déclarations indiquant que la politique des puissances occidentales mettait en danger les intérêts vitaux de la sécurité nationale russe, ce qui pourrait justifier une intervention militaire.

« Si le régime de Kiev entamait une action militaire contre la population du pays, ce serait sans aucun doute un crime très grave, » a dit le président russe, Vladimir Poutine, lors d'un forum médiatique.

Poutine a dit que la répression en Ukraine orientale justifiait un soutien de la Russie aux manifestants pro-russes de Crimée qui ont proclamé leur indépendance du régime de Kiev

pour finalement rejoindre la Russie. « Nous aurions vu là-bas les mêmes choses que ce qui se passe actuellement dans l’Est de l’Ukraine, voire pire encore. C’est une preuve de plus que nous avons tout fait correctement et à temps, » a dit Poutine.

Dans une déclaration, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a conclu que les démarches agressives entreprises par les puissances occidentales en Ukraine faisaient partie d’une campagne plus vaste visant à isoler la Russie et à déstabiliser sa sécurité nationale.

« Peu de gens doutent que nous parlions uniquement du sort de l’Ukraine, » a dit Lavrov. Ils tentent d’utiliser l’Ukraine comme un pion dans un jeu géopolitique. Nos partenaires occidentaux, et en tout premier lieu les Etats-Unis, ont tenté de se comporter comme les vainqueurs de la Guerre froide et de prétendre que l'on pouvait ignorer la Russie dans les affaires européennes et entreprendre des activités mettant directement en péril les intérêts sécuritaires de la Russie. »

(Article original paru le 25 avril 2014)

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