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Tunisie, les sécuritaires anti Ennhadha soutenus par les Américains (Mondafrique)

par Nicolas Beau 24 Avril 2014, 09:19 Tunisie USA Enhada Ridha Sfar Algérie Qatar

Tunisie, les sécuritaires anti Ennhadha soutenus par les Américains (Mondafrique)
Tunisie, les sécuritaires anti Ennhadha soutenus par les Américains
Par Nicolas Beau
Mondafrique

Le ministre délégué à la sécurité, Ridha Sfar, qui vient d'accompagner aux Etats-Unis le Premier ministre tunisien, Mehdi Jomâa, est désormais ouvertement soutenu par les Américains. Un revers pour le ministre de l'intérieur en titre, Lotfi Ben Jeddou, resté proche des islamistes du mouvement Ennhadha qui ont gouverné la Tunisie jusqu'en janvier dernier.

Au sein du nouveau gouvernement tunisien, nommé le 10 janvier 2014 et formé de technocrates indépendants, la cohabitation reste rude au ministère de l'Intérieur entre le ministre en titre et le ministre délégué. Le premier, Lofti Ben Jeddou, est resté en fonctions dans la nouvelle équipe, à la demande des islamistes du mouvement Ennahdha, qui l'avaient nommé dans ces fonctions dans le précédent gouvernement qu'ils dirigeaient encore. Le second des responsables de l'Intérieur, Ridha Sfar, un haut cadre formé à l'école du bourguibisme et resté en fonctions sous Ben Ali, est chargé dansla nouvelle phase de la transition tunisienne d'épurer les forces de police des nombreux cadres nommés par les islamistes pendant les deux années où ils dirigèrent le pays.

"Le voyage effectué à Washington par le nouveau Premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, a donné un sérieux coup de pouce aux sécuritaires hostiles à Ennhadha", explique un haut cadre du ministère tunisien de l'Intérieur. Tout d'abord, Lotfi Ben Jeddou n'avait pas été convié à ces agapes avec l'administration américaine. Surtout, le ministre délégué, Ridha Safar, présent aux cotés du Premier ministre, a été encouragé par Washington à remettre de l'ordre au sein des forces sécuritaires tunisiennes. "Sfar parle désormais à égalité avec Ben Jeddou", poursuit notre haut cadre.

Retraite au Qatar

En septembre 2012, l'attaque de l'ambassade américaine par des groupes violents, sans que n'intervienne la police tunisienne dirigée alors par les islamsites d'Ennhada, avait marqué le début d'une crise de confiance. De nombreux indices montrent que le virage diplomatique de l'administration Obama se confirme face au mouvement islamiste de Rachid Ghannouchi. Ainsi il a fallu le voyage du nouveau Premier ministre, Mehdi Jomaa, pour que disparaissent du site du département d'Etat les mises en garde dissuadant les touristes de se rendre en Tunisie.

Il y a à peine un mois, le conseiller politique de l'ambassade américaine à Tunis s'était rendu en personne au domicile d'une des personnalités politiques menacées régulièrement par les groupes salafistes. "Attention à vous, ils veulent vous assassiner". Et de préciser: "Ces menaces sont à prendre très au sérieux, car désormais la mouvance djihadiste a les moyens d'envoyer sur le territoire tunisien des mercenaires appointés venus de l'étranger". Enfin le diplomate devait confier à son interlocuteur: "Je préfère, cette fois, me déplacer personnellement chez vous pour vous prévenir des risques d'assassinat. Lorsque nous avions alerté le gouvernement islamiste du risque que courait le dirigeant politique de gauche, Mohamed Brahimi, en juillet 2013, personne n'avait bougé". Cette démarche insolite de ce diplomate américain démontre le peu de confiance que les Américains font aux islamistes tunisiens pour gérer les dossiers sécuritaires.

Est ce un hasard si le ministre Ben Jeddou est parti au Qatar, où il a trouvé sans doute un peu de réconfort auprès du Premier ministre de l'Emirat?

Alger, allié privilégié

Cette ligne anti Frère Musulmans est nouvelle à Washington. En revanche, les Algériens, dont les conseils sont pris très au sérieux aux États Unis, refusent depuis longtemps de collaborer le mouvement Ennhadha au pouvoir ainsi qu'avec Ben Jeddou, trop proche des forces islamistes. A leurs yeux, le seul interlocuteur valable reste le ministre délégué, dont un proche confirme les relations confiantes qui existent désormais entre Ridha Sfar et l'Algérie. "Alger craint que la Tunisie ne devienne une base arrière pour les djihadistes qui interviennent dans l'Est algérien, ils sont surs qu'avec Sfar, leurs informations ne seront pas communiquées aux groupes salafistes".

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