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Le point sur la situation en Ukraine (Oulala)

par Oulala 25 Mai 2014, 08:43 Ukraine Le point sur a situation Chaos Elections OTAN

Le point sur la situation en Ukraine (Oulala)
Le point sur la situation en Ukraine
Traduction: Dominique Muselet
Oulala

Je pense que tout le mondesera d'accord pour dire que c'est le chaos total en Ukraine.

Renat Akhmetov, l'oligarque voyou local, a annoncé que ses entreprises allaient entamer une « grève d'avertissement » de trois heures par jour pour protester contre la décision des autorités de la République Populaire de Donetsk (RPD) de prendre le contrôle des chemins de fer, ce qui occasionnerait un manque à gagner pour ses entreprises.

Un des officiels de la RPD a dit, en réponse aux menaces d'Akhmetov, que les autorités de la RPD avait commencé à nationaliser les entreprises situées sur le territoire de la RPD, en d'autres termes, les actifs d'Akhmetov.

Les forces militaires de la junte néo-nazie ont commencé à bombarder plusieurs ville de l'est de l'Ukraine et détruit plusieurs immeubles. Le commandant des forces de la RPD, Igor Strelkov, a lancé un vibrant appel pour une plus grande mobilisation des hommes, en particulier des officiers, dans les forces des volontaires qui défendent la RPD contre la junte militaire.

Les escadrons de mort ukrainiens ont à nouveau kidnappé une équipe de reporters russes, cette fois de la chaîne de TV LifeNews, au motif qu'ils seraient des « auxiliaires de renseignement » d'un mouvement terroriste.

Le gouvernement russe a indiqué que les forces militaires qui avaient effectué des manoeuvres étaient rentrées dans leurs bases. L'OTAN a affirmé le contraire.

L'armée russe a fini de construire un réseau de pipeline pour fournir la Crimée eneau potable.

Le leader des nazis ukrainiens, Iarosh, a déclaré que s'il était élu, il lancerait une guérilla en Crimée.

Alors que se passe-t-il vraiment ?

Je pense que, s'il est prématuré de se lancer dans des conclusions définitives, on peut tout de même se mettre d'accord sur un certain nombre de choses.

D'abord, il ne fait aucun doute pour moi que la junte de Kiev s'ingénie à provoquer Moscou de toutes les manières possibles. Si, on peut, à la rigueur, comprendre pourquoi les Ukrainiens se livrent à des frappes au hasard sur Slaviansk, Kramatorsk et d'autres villes, l'arrestation des reporters de LifeNews, n'a, par contre, aucun sens. Ils les ont fait mettre à genoux, face contre terre, et ont pris une vidéo qu'ils ont ensuite fait « fuiter » sur Youtube, comme si l'escadron de la mort voulait envoyer un message de défi au Kremlin : « Et maintenant, qu'est-ce que vous allez faire? »

Ensuite je crois que la nomination du fils de Biden au conseil d'administration de la principale compagnie ukrainienne d'énergie dont les concessions sont toutes dans l'est de l'Ukraine est une provocation supplémentaire contre le Kremlin.

Alors pourquoi la junte se comporte-t-elle de la sorte?

Premièrement il faut tenir pour acquis que les clowns de Kiev ne « décident » de rien du tout. Ils font ce que les Etats-Unis leur disent de faire. C'est apparu clairement pendant le récent voyage de Biden à Kiev lorsqu'il a « présidé » le meeting qu'il a eu avec le « gouvernement » de la junte (une provocation de plus).

Deuxièmement, les Etats-Unis savent que l'Ukraine orientale est perdue et ils ont raison. Même si nous croyons ce que dit Strelkov (j'en reparlerai plus loin), il n'y a aucun doute que la vaste majorité des habitants du Donbass détestent les fous néo-nazis de Kiev et ne veulent rien avoir de commun avec les Galiciens fanatiques d'Ukraine de l'ouest.

Donc, si le plan 'A' de l'entité US/OTAN était de se saisir de toute l'Ukraine (Crimée comprise) et d'y installer un régime néo-nazi pro-US russophone jusqu'à l'hystérie, le plan 'B' est plus simple : provoquer la Russie pour qu'elle intervienne militairement en Ukraine (La Russie n'aurait en effet aucune difficulté à prendre le contrôle de tout le Donbass et même de toutes les terres jusqu'à la Dniepr). Les bénéfices politiques que l'Empire en retirerait seraient immenses, cela permettrait de:

1) déclencher une nouvelle guerre froide avec la Russie qui justifierait l'existence de l'OTAN.

2) couper la Russie du marché de l'UE (énergie comprise).

3) blâmer la Russie pour l'effondrement de l'économie de l'Ukraine.

4) justifier une augmentation importante de budget des armées US/UE pour « protéger l'Europe ».

5) isoler la Russie au plan international, spécialement à l'ONU.

6) qualifier Poutine de « nouvel Hitler » (quoi d'autre?) et budgéter des milliards pour un changement de régime en Russie.

7) d'utiliser la crise ukrainienne pour rappeler à l'UE qui est le « maître ».

8) imposer des sanctions type Iran à la Russie pour nuire à son économie.

9) justifier une intervention US/OTAN en Ukraine de l'ouest et la création d'une ligne de démarcation du style Corée le long de la Dniepr avec « l'Occident » libre et civilisé d'un côté et « les hordes impérialistes asiatiques russes qui haïssent la liberté » de l'autre.

10) rendre la « menace russe » responsable de l'effondrement de l'économie de l'UE.

Le plan 'B' est à mon sens presque meilleur pour l'Entité US/OTAN que le plan 'A'. D'une part le plan 'B' permet de blâmer la Russie pour tout ce qu'on veut. Nous avons déjà vu cette tactique à l'oeuvre dans les ridicules menaces de sanction contre la Russie si les élections présidentielles de dimanche échouaient. Je propose qu'on sanctionne aussi la Russie en cas de tremblement de terre à San Francisco où d'émeutes au Paraguay...

D'autre part, tandis que le plan 'A' est loin d'être appliqué, le plan 'B' marche déjà. La preuve : les médias russes.

Pour ceux qui ne peuvent pas suivre les médias russes, spécialement la TV russe, il est difficile d'imaginer la *rage* qu'ils expriment ouvertement face aux développements en Ukraine. Certaines personnes ont une propension naturelle à voir la « main de la CIA » partout et vont même jusqu'à prétendre que les médias « contrôlés par les Etats-Unis » ont reçu de Langley la mission de soulever l'opinion publique russe pour forcer Poutine à intervenir en Ukraine. Selon cette thèse, si Poutine n'envoie pas l'armée, il y aura une crise, la population sera furieuse et il perdra sa popularité. C'est une belle théorie. Mais elle est fausse (Dieu merci!). En fait la popularité de Poutine n'a fait que grimper pendant toute la crise ukrainienne comme on le voit dans la capture d'écran d'un reportage récent de la télévision : 60,6 % d'avis favorables en janvier 2014 et 85,9 % en mai 2014.

Il y a une grande différence culturelle entre les Russes et les Occidentaux, spécialement les anglo-saxons : les Russes sont *très* opposés à la guerre. Ils la feront et accepteront de mourir à la guerre, mais seulement si sa nécessité morale est absolument évidente comme pendant la seconde guerre Tchétchène, la guerre de Georgie du 08.08.08, ou l'intervention russe en Crimée. Dans ces trois cas, la première considération dans le soutien russe à l'intervention a été *morale*. Et tandis que, selon les sondages, l'opinion semble de plus en plus favorable à une intervention en Ukraine, l'armée russe et même le Kremlin refusent de tomber dans le piège que leur tend l'Empire.

Les émotions sont puissantes, mais les émotions ne doivent pas décider de la guerre et de la paix. Pendant la seconde guerre Tchétchène, la guerre de Georgie du 08.08.08, ou l'intervention russe en Crimée, l'émotion était grande en Russie mais la décision d'envoyer l'armée a été prise pour des raisons pragmatiques, rationnelles et mûrement réfléchies. Comme je l'ai déjà souvent dit, pour ne pas se laisser emporter par la colère la Russie se concentre. C'est ce qu'elle fait maintenant.

Pour en revenir aux médias, il se passe autre chose de très intéressant: des Juifs russes très connus sont clairement en train de prendre la tête du mouvement d'action (pas nécessairement militaire) contre la junte. Il s'agit de personnalités juives très en vue, comme Vladimir Soloviev, Alexander Gordon, Roman Ratner (le chef actuel du bataillon israélien composé d'immigrés juifs russes) et de beaucoup d'autres. Contrairement à certains qui les soupçonnent de vouloir avoir un pied dans chaque camp, je pense qu'elles détestent réellement les néo-nazis ukrainiens. Et j'ajoute que les nationalistes russes croient aussi en leur sincérité et les accueillent pour lutter contre cet ennemi commun. Cela annonce-t-il une longue « fête de l'amour » sans nuages entre les Russes et les patriotes juifs? Bien sûr que non. Ils ont beaucoup de divergences mais il s'agit d'un intéressant « cessez le feu temporaire » si l'on peut dire, une façon typiquement russe (et juive!) de s'attaquer aux priorités en formant une alliance tactique contre un ennemi commun.

De plus, il y a beaucoup de Juifs russes qui aiment sincèrement la Russie et le peuple russe (ne serait-ce que parce qu'ils sont issus de mariages mixtes) et qui sont heureux de ne pas avoir à choisir entre les deux camps et de pouvoir être tout à la fois des Juifs patriotiques et des Russes patriotiques. Je sais qu'en disant cela, je passe pour un naïf aux yeux de certaines personnes. Mais j'ai personnellement rencontré beaucoup de Juifs en Israël, Europe et Russie, qui avaient une double loyauté, qui « additionnaient » ouvertement deux loyautés sincères. Bien sûr, certains se sentaient plus Juifs que Russes et d'autres plus Russes que Juifs. Ces choses-là sont complexes et subtiles, ce n'est pas blanc ou noir comme certains antisémites voudraient nous le faire croire. Comme disent les Russes, « L'Est est un univers subtil » et les Russes comme les Juifs sont d'abord et avant tout des peuples de l'Est, pas de l'Ouest.

Pour en revenir au plan 'B' de l'Empire, on peut maintenant résumer la position russe ainsi : ne pas se laisser entraîner à intervenir, ou, si c'est inéluctable, que ce soit au moins le plus tard possible. Pourquoi? Pour quelques raisons simples:

1) Pour que les bases morales de l'intervention soient aussi établies que possible.

2) Pour donner le temps à l'opinion publique mondiale de se rendre compte que les médias occidentales mentent (cela semble être en train de se produire, même si c'est lent).

3) Pour obtenir le plus de soutien possible à une telle intervention en Ukraine de l'est.

4) Parce que le temps travaille en faveur des Russes en donnant le temps à la junte des fous de Kiev de faire d'autres erreurs.

5) Parce que les forces de la République Populaire de Donetsk(RPD) peuvent encore l'emporter.

Il faut, à ce stade, que je vous parle de l'équilibre des forces militaires présentes sur le terrain dans le Donbass.

Il y a une très large présence militaire ukrainienne dans l'est de l'Ukraine. Les force d'opposition composées de volontaires sont dérisoires en comparaison. Le conflit n'a pas été réglé en 24 heures pour deux raisons. D'abord la vaste majorité du personnel de l'armée ukrainienne ne veut pas se battre. Ensuite, la menace d'une intervention militaire russe est réelle et, j'ajouterais qu'elle n'a rien à voir avec les forces russes prétendument déployées à la frontière. Laissez-moi vous expliquer pourquoi puisque les médias dominants ne le font pas. Voilà un des scénarios possibles:

Supposons que quelques batteries de lance-roquettes multiples stationnées près de Slaviansk décident d'ouvrir les hostilités avec un barrage d'artillerie soutenu comme les Georgiens l'ont fait à Tskhinval au début de la guerre du 08.08.08. En réponse, la Russie n'aurait pas besoin d'envoyer une armée ni des troupes de l'autre côté de la frontière. Poutine pourrait ordonner des frappes aériennes qui détruiraient les unités d'artillerie de l'armée ukrainienne en quelques *minutes* (un seul missile Iskander équipé d'une tête à fragmentation ou d'explosifs gazeux suffirait!). A la différence des reporters occidentaux (le nom est impropre, « perroquets » serait plus approprié puisqu'ils répètent les mensonges de leurs gouvernements), l'armée ukrainienne sait très bien qu'elle est assez près de la Russie pour que cette dernière puisse tous les envoyer dans un monde meilleur. Seriez-vous prêts à bombarder Slaviansk pour obéir aux ordres en sachant pertinemment que votre position est dans la ligne de mire des opérateurs des missiles Iskander et que si les Russes tirent, vous ne le verrez même pas venir (pas même sur le radar)?

Tous les rapports disent que, à la différence des escadrons de la mort ukrainiens ((la « Garde Nationale », les bataillons du Dniepr et du Dniester, les diverses milices des oligarques etc.) qui sont très hostiles et tirent même sur des civils pour s'amuser, les miliaires ukrainiens sont très modérés et se montrent même amicaux avec les locaux. Voilà ce qui arrive en réalité:

Les escadrons de la mort s'occupent bien plus de l'armée ukrainienne que des forces du Donbass. D'abord c'est plus facile et moins dangereux (comme dans tous escadrons de la mort, il y a là surtout des fous, des pervers et des lâches) : pourquoi risquer sa vie en s'attaquant à de vrais résistants quand on peut forcer des commandants de l'armée régulière à se battre à sa place? Quand aux soldats Ukrainiens, il ne peuvent pas s'opposer ouvertement aux ordres mais ils peuvent les exécuter à minima.

Qui plus est, les escadrons de la mort reçoivent tout l'appui nécessaire tandis que les soldats sont sous-payés ou pas payés du tout, sous-équipés, n'ont pas assez de nourriture ni d'assistance médicale et quasiment pas de moyens logistiques.

En fait, Igor Strelkov, dans son discours, s'inquiète de ce que, du fait de l'escalade graduelle, la petite force de volontaires pro-autonomie soit obligée de déployer des efforts surhumains pendant que des centaines de milliers d'hommes, y compris des soldats entraînés, restent à la maison à siroter des bières. A-t-il raison de le craindre?

Je crois que oui et voilà pourquoi:

D'abord une entière génération d'Ukrainiens a été élevée dans une abjecte passivité. « Travaillez, taisez-vous et occupez-vous de vos affaires pendant que nous vous tondons, » était l'injonction des régimes successifs contrôlés par des oligarques de « l'Ukraine indépendante ».

Deuxièmement, il n'y a pas qu'un ou deux mais TROIS pouvoirs locaux dans le Donbass à l'heure actuelle: les milices, la junte de Kiev et la résistance locale. Cela engendre une grande confusion, les gens ont peur et ne veulent pas être brûlés vifs.

Troisièmement, la plupart des gens espèrent clairement que la Russie va résoudre le problème à leur place; ils se disent : « On va voter pour l'autonomie et les Russes viendront nous libérer tôt ou tard ». Et il ne faut pas oublier que les escadrons de la mort opèrent dans toute l'Ukraine en ce moment. Le but de massacres comme celui d'Odessa ou de Marioupol est de terrifier la population locale en lui montrant de quoi ces escadrons sont capables, et cela marche (les escadrons de la mort font partie des traditions les plus respectées de l'Empire!). Cela ne me coûte rien, à moi qui vis sous le soleil de Floride, de souhaiter que les habitants du Donbass prennent les armes. Ni ma femme, ni ma famille ne sont en danger, ma maison ne sera (sans doute) pas attaquée la nuit pur une bande d'hommes en noir et il y a peu de chances qu'on me fasse disparaître et ou que je sois torturé ou assassiné. Et c'est pareil pour la plupart des lecteurs de ce blog.

Strelkov voit bien ce qui se passe (l'escalade) et il a peur que la petite résistance actuelle ne parvienne pas à résister à l'escalade régulière de la junte: ça a commencé avec des bats de baseball, puis on est passé aux cocktails Molotov, puis aux pistolets, aux fusils d'assaut et aux mitrailleuses. Ils ont déjà utilisé des mortiers et des tirs d'artillerie. Selon des rapports dignes de foi, des missiles ont été lancés d'hélicoptères et ce matin on m'a rapporté une attaque par un avion de chasse Sukhoi. Si on ajoute à cela les escadrons de la mort payés par les oligarques, il faut reconnaître que la passivité des locaux a quelque chose de révoltant.

Il ne faut toutefois pas oublier que même si l'appel de Strelkov n'est pas entendu et que même si des villes-clés sont reprises, le Donbass est déjà perdu. En fait, selon les derniers rapports de Kiev, la Rada de l'état-croupion a adopté une directive qui dit que « les troupes ukrainiennes déployées dans l'est du pays doivent rentrer immédiatement dans leurs bases ». Je ne compte pas beaucoup là-dessus (Oncle Sam ne le permettrait pas) mais qui sait ce qui peut arriver (imaginez que les Allemands interviennent). Je crois que personne ne peut savoir comment ça va tourner.

Il y a tout simplement trop de variables pour pouvoir prédire l'avenir. On n'est même pas sûr de ce qui est déjà arrivé! La situation est profondément chaotique et tout peut arriver (par ex, Moscou pourrait acheter un oligarque ou les Etats-Unis une figure de la résistance). Le fait est que, à part quelques vrais partisans (des 2 côtés), la plupart des Ukrainiens en sont encore à se demander ce qui est le plus avantageux pour eux, comme les Russes en 1917, 1991 ou 1993. Cette passivité n'a rien à voir avec un « manque de culture démocratique de sociétés à peine sorties du féodalisme » et toutes les sornettes dont nous abreuve l'occident raciste et suprématiste, elle est la conséquence directe de la perte de confiance du peuple envers les élites et du fossé qui s'est creusé entre eux. Ces gens-là ont vu Ianoukovitch transférer ses pouvoirs aux néo-nazis avant de se sauver à l'étranger! Ils en ont vu de toutes les couleurs. Et surtout, il n'y a pas de Poutine ukrainien pour montrer la voie.

Quand Poutine est arrivé au pouvoir en Russie, il a fallu moins d'un mois pour que les forces armées comprennent qu'on « pouvait lui tourner le dos sans crainte ». le reste de la population a mis un peu plus de temps à le comprendre mais désormais la grande majorité des Russes fait confiance à Poutine. A qui doivent-ils faire confiance dans le Donbass? A des personnes qui sont sorties de l'anonymat il y a peu et que personne ne connaît vraiment, ou a des gens dont ils savent depuis des décennies que ce sont des escrocs, des voleurs et de menteurs pathologiques?

A qui feriez-vous confiance si vous habitiez à Donetsk ou Lugansk?

Risqueriez-vous votre vie et celle de votre famille sur un tel choix?

On est bien d'accord.

Aussi, bien que je comprenne la frustration de Strelkov (et de la plupart d'entre nous!) en voyant qu'un territoire peuplé de millions de gens, n'est défendu que par quelques centaines d'hommes courageux et bien que les nouvelles en provenance d'Ukraine me mettent en colère et que je rêve que d'affables homme armés en vert annihilent les escadrons de la mort ukrainiens, je comprends aussi pourquoi tout cela est un processus qui est et qui sera lent : la situation est tout simplement trop fluide et trop évolutive pour faire l'objet de décisions hâtives et brutales.

L'Empire US/OTAN tente désespérément de provoquer une intervention russeet il y arrivera sans doute, mais les bonnes nouvelles sont que le temps passe vite, très vite, que la crise économique commence à se faire dangereusement sentir et que les troubles vont se répandre bien au-delà du Donbass.

Quant aux élections présidentielles de dimanche prochain, elles seront une méga-farce dont le seul intérêt sera peut-être de donner à l'OTAN une justification pour faire entrer des forces armées en Ukraine à la « demande » du nouveau président. L'Ouest reconnaîtra-t-il ces élections? Plutôt deux fois qu'une! Comme l'a dit Vladimir Soloviev dimanche : »Même s'il n'y a qu'un candidat et qu'une seul électeur, l'Ouest dira que les élections ont été libres et honnêtes ». Mais pour le peuple ukrainien, néo-nazis compris. il s'agira d'une farce évidente qui ne fera qu'augmenter son hostilité. En fait, Youlia Timoshenko (qui, soit dit en passant semble être devenue carrément folle) a même déclaré que si l'oligarque milliardaire Poroshenko est élu (comme les sondages semblent l'annoncer) elle lancera une autre révolution avec le Maidan et tout.

Suivant l'exemple de l'Ukraine, c'est maintenant le « Banderastan » qui se suicide et le château de carte tout entier va bientôt s'écrouler (à moins que l'Allemagne ne parvienne à retarder l'échéance ou à l'empêcher mais je ne me fais pas trop d'illusions). Il faut juste un peu de patience.

Désolé pour la longueur de cette mise au point mais il y avait beaucoup à dire.

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